‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 40 sur 112 · OT PIRE APE · texte numérisé non relu

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sang précieux : un des deux devait être sacrifié à la justice divine, ou les âmes perdues, ou sonsang versé, ou les âmes précipitées dans l’enfer, ou son sang ‘inondant la terre; et dans la concurrence, il a préféré le salut et la rédemption de notre âme à la conservation de son sang et de sa vie. Que Dieu est grand dans ses vues ! mais que notre âme est précieuse à ses yeux !

Ame destinée au bonheur d’un Dieu. À considérerl’âme dans l’état de misère et de suuffrance où elle est en ce monde, ensevelie dans la matière, enfermée dans la prison de son corps, gémissant dans un lieu d’exil ; à s’en tenir là, on serait tout surpris de son sort ; on dirait : Où esl la dignité de cette âme ? où est la providence de Dieu ? comment un être si noble en lui-même est-il réduit, est-il placé, est-il avili d’une manière si peu digne de lui et de son auteur ? Mais quand, éclairé des lumières de la foi, on vient à penser que si cette âme est dans cet état, ce n'est que pour un temps ; que Dieu l’a placée en ce monde comme dans un lieu d’exil, pour mériter la céleste patrie; qu’un jour son exil finira, ses liens seront romnpus ; que, sortie du sein de Dieu, elle doit y rentrer un jour pour y vivre à jamais ; qu elle vit un espace de temps dans les combats pour mériter une éternité de triomphes; qu'après ce court espace, les nuages du temps étant dissipés, l’aurore du grand jour de l'éternité se lèvera sur elle ; et alors, entrée dans la région des vivants, elle y régnera, elle y jouira du bonheur de Dieu. même.

À cette vue, el dans cette grande destination de notre âme, e ne suis plus surpris de tout ce que Dieu a fait pour elle, de ce qu'un Dieu rédempteur est descendu sur la

terre pour la sauver ; je ne suis plus surpris de ce que les missionnaires, ces nouveaux apôtres, se transportent au delà des mers, aux extrémités du monde pour la conquête de ces âmes ; que les ministres de la religion se donnent tant de soins, se livrent à tant de travaux pour les arracher au péché; que. l'Église, elle-même empressée, soit dans une vigilance et une sollicitnde continuelle sur leur salut ; qu'elle leur procure tani dc secours et de moyens dans ses trésors. Non, ce qui me surprend, c’est que tant de Chrétiens éclairés de la foi sur la grandeur de leur âme et de sa destinée, en fassent si peu de cas, ou, s’ils lui donnent leur estime, qu'ils lui refusent leurs soins. Ah ! ils l'avaient connu, le prix de leur âme, ces saints solilaires qui, pour lasauver, disaient un éternel adieu au monde et s'ensevelissaient dans le fond des déserts. Ils l'avaient connu, ces saints pénitents qui se livraient à toutes les rigueurs et les austérités de la pénitence. Ils l'avaient connu, ces généreux martyrs qui montaient sur les échafauds, et qui expiraient avec joie au milieu des brasiers. Mais ceux-là connaissent-ils la dignité sublime et la noble deslinée de celle âme, qui ne sont occupés que d'une chair périssable, et négligent un esprit tout céleste; quisemblent n'avoir qu’un corps à satisfaire, et point d’âme à sauver ; qui donnent tout à la terre qui les ensevelira, et refusent tout au ciel qui les appelle ? Sont-ils chrétiens 1 ?ilsen ont le nom gravé sur le front, mais les sentiments chrétiens vivent-ils dans le cœur ?

Un grand prince, ayant demandé à saint Grégoire une chose injuste : Prince, lui répondit le Saint, si j'avais deux âmes, je pourrais peul- être en sacrifier une pour vous plaire : mais je n'ai qu'une âme, et je veux la sauver. Grand sentiment! prenons-le dans toutes les occasions où le salut de notre âme pourrait être en danger. Disons-nous sans cesse : Je n’ai qu’une âme, et je veux la sauver.

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MÉDITATION

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