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que je les pénètre, pour me détacher à jamais.du monde À qui m'éloigne de vous. j:
PREMIER POINT
Qu'on est aveugle de s'attacher au monde ! Que trouvet-on, que peut-on trouver dans le monde, que vide, qu'’er- #
reur, que néant ? qu'a-t-il qui puisse nous attirer ? Tout Ma
ce qu'il a ne devrait-il pas nous en détacher ? Ses promesses sont-elles sincères ? ses amiliés sont-elles solides ? È ses faveurs mêmes sont-elles pour nous sans danger ÎS et sans crainte ? Est-il possible que tout ce qu'on voit, qu'on sait, qu’on connaît dans le monde, n’en fasse pas connaître la vanité? Est-il possible que l'exemple de tant d’autres ne nous ait pas instruits, que notre propre expérience n'ait encore pu nous détromper ? On sait que le monde n'offre que des biens apparents et des maux réels ; et on s’y attache, et on s’y livre, et on s’en rend esclave. Il faut que le prestige du monde soit bien grand, et les nuages qu’il répand bien épais, pour aveugler à ce point les mondains, après tout ce qu'ils ont si souvent éprouvé de son inconstance et de ses revers.
Ame immortelle, êtes-vous donc faite pour courir ainsi après ce fantôme, et donner dans l’illusion‘de tant de mensonges ? À quel terme pourront-ils enfin vous conduire ? Considérez tous les biens .de ce monde ; ils promettent beaucoup, et que donnent-ils ! Les richesses disent qu’elles rendent heureux ; et au milieu des trésors on ne trouve qu'un fonds d'indigence. Les honneurs disent qu’ils rendent heureux ; et quand on y est élevé, on voit que ce n’est qu’une vaine fumée (1). Les plaisirs disent qu'ils font des heureux ; et les plaisirs, loin de satisfaire, se changent souvent en dégoût el en amertume. Et comment les biens bornés et périssables du
(1) S. Augustin.
ais du monde !
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| Que trouve. 4
ses suites; car, une fois ainsi aveuglé, à quels excès n'esl-
Hfants de ténèbres. C’est le monde qui vous les enlève ; fai-
ide contenteraient-ils jamais un cœur fait pour Dieu ? ‘el est cependant, à mon Dieu, l'aveuglement dans qnél on vit, et dont on ne saurait revenir. L'illusion hi a séduit les siècles passés dure encore, ct aveuglera : s siècles suivants, parce que les siècles passent, les vicos ibsistent.
Aveuglement le plus étonnant; puisque c'est fermer s yeux à toutes les lumières de la raison, de la religion, à tous les témoignages de l’expérience et du sentient.
Aveuglement le plus déplorable, puisque c’est s’aveuler volontairement soi-même, et courir à l'abime, quand
Aveuglement le plus funeste, et dans lui-même et dans
pn pas capable de se porter ? Dieu des lumières, éclairez ant d’aveugles qui gémissent dans les ombres de la mort ; e permettez pas que vos enfanis ne soient que des en-
tes qu’ils le connaissent, ils en seront bientôt détrompés. Combien d’années ai-je vécu dans ce triste et déplorable aveuglement! Insensé! je courais après un fantôme qui me séduisait, et sans m'en apercevoir, je courais à ma perte et à mon malheur ! .
SECOND POINT
Qu’on est malheureux de s'attacher au monde! Espère-t-on d'y trouver un bonheur solide, une félicité véritable ? Où sont les heureux que le monde a formés ?
jours? S'ils pouvaient faire entendre leurs voix etleurs plaintes, de quels soupirs, de quels gémissements ne feraient-ils pas retentir l'univers! Au milieu du bonheur qu'on s'était flatté de trouver dans le monde, qu’y a-t-on
18 L'AME ÉLEVÉE A DIRU.
souvent éprouvé, que chagrins, qu'inquiétudes, qu'afflictions d'esprit et de cœur ? Combien de personnes se sont dévouées, épuisées, immolées au service du monde, lui ont sacrifié leurs intérêts, leur repos, leur liberté, leur santé, leur conscience ! Quelles récompenses en ont-elles reçues, que l’ingratitude et l'indifférence ! Quels fruits en ont-elles retirés, que des fruits d'amertume ? Allez donc, victimes infortunées de votre attachement, allez encore vous exposer sur celte mer orageuse, au hasard d’y faire
un triste naufrage; allez vous jeter dans cette funeste ré- ;
giou de ténèbres pour y respirer un air contagieux et empoisonné; allez, marchez en aveugles sur le bord de ces affreux précipices, pour tomber dans l'horreur des abimes : quand vous y aurez malheureusement péri, le monde sera-t-il sensible à votre perte ? aura-t-il de quoi vous consoler dans votre malheur ? Vous n'avez pas voulu profiter du triste exemple de tant d’autres, vous irez vous-mêmes en servir à la postérité.
Malheur d'autant plus grand, que nous ne l’aurons que trop justement mérité, et que nous ne pourrons l'attribuer qu'à nous-mêmes ; malheur d’autant plus affreux qu’il deviendra peut-être pour nous la source d’un malheur éternel. Voilà le monde, et le sort ordinaire de ses tristes victimes.
Grand Dieu, que vous vous vengez bien terriblement de ceux qui vous abanonnent pour suivre le monde ! Hélas ! que n’avez-vous pas fait pour leur faire connaître leur aveuglement et les en retirer ! Que de vives lumières, que d'onctions touchantes, que de remords salutaires, que de moments heureux, où, s'ils avaient voulu écouter votre voix, et se rendre dociles aux impressions de la grâce, ils auraient ouvert leurs veux aux dangers, et leur cœur au retour !, Leur regret cût été sclutaire, leurs larmes eussent élé consolantes : ils auraient encore trouvé en vous le meilleur des maîtres, le pins tendre des pères.
Ah!s joug CC lieu qu que de désesp rente, heurs.
Qu’ troisiè un ab crime rabler manq Quel cœur
On
ses A!