‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 51 sur 112 · OU SENTIMENTS DE CONFIANCE EN DIEU · texte numérisé non relu

OU SENTIMENTS DE CONFIANCE EN DIEU

J'espère en vous, à mon Dieu ! à Dieu saint, Dieu bon, Dieu puissant ! et c’est en vous seul que j'espère ; hors de vous, en qui pourrai-je mettre ma confiance ? Non, je n'espère pas en mes mérites. Hélas! que suis-je à vos yeux que misère, que péché ? Et ma vie, loin de me rassurer, que peut-elle me présenter, que des sujets de crainte et de défiance ? |

Je ne met pas mon appui dans le monde ; je n'ai que trop éprouvé combien il est trompeur et perfide, combien d'âmes ont compté sur lui, et en ont été les victimes. Le monde, loin de faire des heureux et des saints, que peutil former que des infortunés et des réprouvés ?

Je n’établirai pas ma confiance dans les secours des hommes. Ah ! malheur à qui s'appuie sur des bras de chair ! faibles mortels, ils ne peuvent rien pour eux-mêmes, que pourront-ils pour le bonheur des autres ? Ils sont aujourd'hui, et demain ils ne seront plus ; quels secours peut-on attendre de ce qui n’est que cendre et que poussière ?

Ce n’est donc qu’en vous seul que je puis et que je dois espérer, à mon Dieu ! et dans vous je trouve les motifs solides, les fondements inébranlables de ma confiance.

J'espère en votre miséricorde infinie. J'en ai abusé, je le sais; mais je sais que ses trésors sont inépuisables. Tant de pécheurs, comme moi, en ont abusé, et n’en ont pas été rejetés quand ils sont venus se jeter entre ses bras ; un David homicide, une Magdeleine pécheresse, un Manassès coupable, un Augustin pénitent, seront desmonuments éternels de cette miséricorde sans bornes. Hélas ! si elle n'était pas infinie, ne serions-nous pas tous perdus sans ressource ? Dieu de bonté, failes-moi ressentir les ÂME ÉLEV. 9

effets de cette Iniséricorde ineffable; ce n’est qu’en ce monde que vous pouvez l'exercer ; après notre mort, ce sera le règne de votre seule juslice : ayez donc pitié de mon âme tandis que je respire sur la terre : votre justice aura toute l'éternité pour punir ; pardonnez tandis qu’il est temps, et montrez en pardonnant que vous êtes grand en bonté, comme vous montrez, en punissant à jamais, que vous êles juste et redoutable dans vos vengeances.

J'espère encore, et j'espère tout des mérites de Jésus- Christ. C’est là le fondement assuré de ma confiance. Adorable Sauveur ! quand je pense à tout ce que vous avez fait et souffert pour moi, comment pourrais-je ne pas espérer en vous ?

Quand je vois que vous êtes descendu du ciel sur la terre pour sauver les pécheurs ; |

Quand je considère que vous n'avez vécu en ce monde que pour les attirer tous à vous ;

Quand j'entre dans le sein de votresaint temple, et que, portant les regards dela foi sur vos autels, je vous y trouve, en qualité de victime, offert chaque jour en sacrifice pour nous ;

Quand surtout je monte en esprit sur le Calvaire, et que je vois votre sang précieux couler à grands flots sur les pécheurs pour obtenir leur pardon, votre cœur adorable percé et ouvert pour les recevoir, votre dernier soupir élevé vers le ciel pour leur attirer la grâce de la réconciliation avec celle de la pénitence ; comment tant de voix, et.des voix si touchantes n'animeraient-elles pas ma confiance, ne me présenteraient-elles pas un asile contre mes craintes et mes alarmes ? Dieu de bonté, sauvez des âmes qui vous ont coûté si cher, et ne perdez pas le fruit de vos souffrances, de votre sang et de votre mort.

Je sais, à mon Dieu ! que, pour que mon espérance ne soit pas vaine et présomplueuse, je dois l’animer par mes œuvres, et la soutenir par ma correspondance à vos grâces.

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Vous m'avez créé sans moi, vous ne me sauverez pas sans moi ; aussi suis-je bien résolu de travailler au salut de mon âme. Animé, par ma confiance en votre bonté, je respeclerai votre sainte loi, j’observerai vos commandements, je détesterai mes péchés, je tâcherai de les expier par mes larmes, je veillerai sur moi-même, je réprimerai mes passions, je combattrai les funestes penchants de mon cœur, je serai à l'égard de mon prochain ce que je désire . qu'il soit envers moi.

Dans ces saintes dispositions que votre grâce m'inspire, j'espère en vous, mon Dieu ! Vous êtes mon créateur, mon sauveur et mon père ; j’espère que vous m’accorderez le pardon de mes péchés, quelque grands qu'ils soient ; la grandeur même de mes offenses que je déteste, loin de lé branler, sera un nouveau motif de m’affermir dans mon espérance. Je vous dirai avec le Prophète pénitent : Vous aurez pitié de moi, Dieu saint, parce que mes péchés son grands, Propitiaberis peccato meo, multum est enim : parce que, plus ils son grands à vos yeux, plus ilsferont éclater votrebonté et triompher votre grâce. :

J'espère que vous me soutiendrez dans les misères et les épreuves de cette vie pour en supporter les peines,

| pour en essuyer les revers, pour me soumettre avec rési-

gnalion à toutes les dispositions de votre providence,

| quelles qu’elles puissent être sur moi: tout ce qui me q

viendra de votre main paternelle sera reçu avec un cœur résigné. -

J'espère surtout que vous viendrez à mon aide au moment de ma mort, que vous ne me délaisserez pas dans les angoisses de ce passage du temps à l’élernité. Ce sera surtout alors que j'aurai besoin de votre assistance, que je réclamerai votre secours pour finir ma course dans les sentiers de la sainteté et de la justice.

J'espère enfin que vous m accorderez votre grâce en ce monde, et votre gloire en l’autre.

Tels sont les motifs, le fonds et les objets de ma confiance, à mon Dieu! Daignez lui donner les caractères qui doivent la rendre agréable à vos yeux.

Faites que mon espérance soit intime et gravée dans le fond de mon cœur ; que non-seulement ma bouche, mais tous mes sentiments vous disent : J'espère en vous, In te, Domine, speravi.

Faites que mon espérance soit ferme, que rien ne soit capable de l’ébranler. Non, ni les hommes, ni le monde, ni toutes les puissances de l'enfer conjurées contre moi, ne pourront altérer les sentiments d’une confiance que j'aurai établie dans le Dieu de mon cœur : Non confundar in æternum.

Faites que mon espérance soit constante, qu’elle m’accompagne jusqu'au dernier moment, qu’elle me suive jusqu’au tombeau ; et lors même que vous me frapperez du coup de la mort, que ma confiance vous consacre mes derniers soupirs. Tels sont les sentiments dans lesquels je désire de vivre, et avec lesquels j’espère mourir.

O mon Dieu ! comment, dans cette douce et ferme espérance, ne supporterai-je pas toutes les peines de cette vie mortelle à la vue de la vie immortelle qui m’esl préparée ?

Comment, ‘dans l'attente des biens suprêmes du ciel, ne me détacherai-je pas des biens périssables du monde?

Comment, à la vue de la céleste patrie, ne me regarderai-je pas sur la terre comme dans un lieu d’exil ?

Comment ne me ferai-je pas une sainte violence durant quelques jours pour avoir part aux délices d’une éternité bienheureuse ? Beau ciel, terme de mes désirs, soyez l’unique objet de mes vœux, l'unique désir de mon cœur, l’unique occupation de ma vie et de tous les moments qui me restent à gémir et à soupirer après mon bonheur.

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10 Je mettrai toute ma confiance en Dieu seul, et jamais elle ne sera confondue.

20 Dans les peines, les chagrins, les revers, les événements les plus tristes et les plus désolants, je redoublerai ma confiance, et j’espérerai, s’il le faut, contre toute espérance.

30 Mes fautes mêmes et mes A chés, dès que je les déplore, m'humilieront, m'affligeront, mais ne me décourageront point : je craindrai le Seigneur, mais j’espérerai en lui ; l’espérance n’ôte point la crainte ; la

. crainte n’altère point l'espérance ; l’une et l’autre contribuent de con-

cert au grand ouvrage de notre salut.

4, Je soutiendrai ma confiance par la pratique solide des bonnes œuvres. Je dois tout espérer de Dieu pour mon salut, mais je ne dois rien négliger moi-même pour me sauver.

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