‹ L'âme élevée à Dieu par les réflexions et les sentiments pour chaque jour du mois [microforme]Chapitre 9 sur 112 · PUS · texte numérisé non relu

PUS

un jour se présenter devant Dieu, et croyant avoir amassé

vois des trésors de mérites, paraîtront à ses yeux les mains

art € vides! O que mon sort est bien différent! dans la foi a ri animée par la charité, pas un moment qui ne soit compté A la pour le Ciel, pas une action qui ne soit écrite au livre de D elle? vie, pas le moindre talent qui ne produise au centuple | battr pour l'éternité. Voici un nouvel avantage aussi précieux. parti 2° Je suis dans le sein de Ja foi, et la foi est pour moi la unis règle invariable qui fixe tous mes doutes. Et en combien tout : d'occasionsn’ai-je pas besoin de recourir à elle pour fixer D me te et calmer mes agitations en fait de créance! Tantôt la rai- Grâc Son, loujours curieuse et inquiète, veut sonder les mys- mes tères de la religion à la vue des obscurités, des nuages à me qui se présentent, elle se voit arrêtée à chaque pas ; elle 3° sedemande pourquoi ceci ? comment cela ? ces mystères la so impénétrables semblent accabler sous leur poids. Si je l’avo n'ai que les lumières de cette faible raison, où en suis-je pour réduit? Mais si j'ai recours à la foi, je suis rassuré, le 1 à! pourquoi et le comment disparaissent : Pourquoi ceci ? com] :. Parce que Dieu l’a dit: Comment cela ? comme l'Eglise si fu l'enseigne. Tout est dit dans ces deux mots ; tout est ren- suffi fermé dans ces deux oracles. doul Tantôt des esprits inquiets et indociles, comme il s’en pele: trouve si souvent dans le monde, viendront me faire vani des questions sans nombre, élever des difficultés sur des M perf matières épineuses et relevées; tant que je serai réduit à @ cœu moi-même, peut-être ne pourrai-je pleinement les satis- phil faire. Mais, dans mon insuffisance, je les rappelle à la foi ; max et dans deux mots je réponds à tout : Que dit l'Église? Æ lho qu’enseigne Ja foi? voilà ce que je crois et à quoi je m'en WW mir tiens; à Dieu ne plaise que je veuille en savoir davantage, con Encore ne sont-ce là que des doutes propres et per- elle sonnels; car si dans le sein de l'Église même il s'élève l'ai, des contestations qui divisent les esprits et qui forment reu des partis différents; si dans ce temps de ténèbres je ne vie

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vois que par mes faibles lumières, que deviendrai-je? De part et d’autre on voit des personnes éclairées, on apporte des raisons, on oppose des difficultés : à quoi s’en tenir? À la foi, j'en conviens ; mais cette foi véritable, où estelle? Chacun se flatte de l'avoir de son côté, et de combattre pour elle. Voilà le moment décisif, je “prends mon parti sans retour, l'Église: l'Église, le corps des pasteurs unis à leur chef, voilà la règle, voilà l’oracle. En vain tout autre, ou parti, ou secte, ou cabale, viendront-ils me tenter ; s'ils ne sont pas à l'Eglise, ils ne me sont rien. Grâces immortelles en soient rendues à la foi; elle a calmé mes agitations ; elle a dissipé mes alarmes, elle continue à me favoriser de ses dons.

3° Je suis dans le sein de la foi ; et la foi est pour moi la solide consolation que j'ai dans mes peines ; car il faut l'avouer, il y a des moments dans la vie où la raison pourrait peut-être nous soutenir: mais il y en a certains où l'on a besoin de toute sa religion pour ne pas succomber. Îl est des accidents si terribles, des événements si funestes, que les consolations ordinaires ne sauraient suffire. En vain, dansl’amertume et l’accablement decette douleur, une raison toute naturelle viendra-t-elle me rappeler l'instabilité des choses humaines, me dépeindre la vanité des biens de ce monde; tout cela effleure la su— perficie de mon âme ; mais tout cela ne va point jusqu’au cœur. En vain une fermeté stoïque et une sagesse de philosophe viendront-elles me débiter leurs pompeuses maximes, me dire que le sage n’est ébranlé de rien, que l’homme n'est fait que pour se posséder lui-même et dominer les événements de la vie: ah! retirez-vous, fades consolateurs, laissez-moi dévorer en secret ma douleur : elle m'accable, mais elle me plaît; loin de l'adoucir, vous l’aigrissez en y ajoutant le poids d'une consolation onéreuse, Eu vain des amis fideles, touchés de mon sort, viendront-ils me consoler, en m’assurant qu’ils prennent

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part à mes maux, qu’ils sont sensibles à mon affliclion ; je les écoute extérieurement avec déférence, mais j'écoute encore plus ma douleur: je ne sais comment, dans toutes leurs paroles, je ne trouve que vide et que sécheresse; rien ne me touche, et tout me laisse plongé dans l’abime de cette douleur.

Mais la foi vient-elle à mon secours, et me fait-elle entrevoir que mon affliction peut contribuer à ma félicité; que cette affliction entre dans l'économie de mon salut ; que la source de mes larmes peut devenir la source de mon bonheur: la foi me dit-elle que par mes afflictions je puis expier mes péchés, apaiser la colère de Dieu, mériter une place parmi les élus; cette foi vientelle me présenter un Dieu élevé sur la croix pour modèle, ouvrir le ciel à mes yeux pour récompense de mes travaux, me montrer une éternité bienheureuse pour terme de mes malheurs: ah! dès lors mon cœur commence à s'ouvrir à la patience, mon esprit se prête aux réflexions salutaires, ma douleur ne me paraît plus amère: peu s’en faut quelle ne me devienne précieuse. 0 foi puissante et divine! il n'appartient qu’à vous d’opérer ces prodiges : vous me présentez un Dieu mourant, je l'adore; vous m'offrez la croix, je l’embrasse; vous me montrez une éternité, je l'espère. Il ne fallait rien moins que vous pour calmer les flots agités de cet océan de douleurs; mais, à votre vue,ilme paraît changé en torrent de délices.

4° Achevez donc votre ouvrage, foi salutaire ; et après avoir été ma consolation dans mes peines durant celte vie, soyez encore la solide pensée qui me rassurera au moment de ia mort. Elle le fera, et c'est même surtout alors qu’elle nous feragoüter ses précieux avantages.

Je meurs dans la foi, se dira une âne fidèle ; j’expire dans le sein de l'Eglise; mes derniers moments lui seront consacrés, et mes derniers soupirs seront rendus entre

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D'cher le cœur de Dieu, que, dans les prières qu’elle lui

toujours conservé la foi. Trinité adorable! Père, Fils, | Esprit-Saint, elle a toujours confessé votre saint nom :

® d'être nés dans le sein de la foi; mais ce n'est pas assez

Îses mains. Recevez, foi divine, l'hommage que je vous

Dieu. Que cet aveu d’un mourant vous est glorieux ! ais en même temps qu'il est doux pour moi!

L'Église elle-même croit cette pensée si consolante pour l’homme à sa dernière heure, et si capable de tou-

adresse pour le mourant, elle rappelle la foi dont il a Efait profession dans sa vie. Dieu des miséricordes, lui Idit-elle dans les sentiments de sa confiance, voilà une jâme qui va paraître devant vous : elle a bien des sujets ide redouter ce terrible passage ; mais enfin, souvenezvous que, dans le fort même de ses égarements, elle a

c’est cette foi qu’elle vous présente avec sesregrets; soyez touchée, et recevez-la dans le sein de votre miséricorde. Sortez donc, âme chrétienne, ajoute l'Eglise, comme rassurée : allez, vos péchés vous accuseront, mais votre foi parlera pour vous et sollicitera en votre faveur : c’est le dernier et le plus précieux gage qu’elle puisse vous donner de sa tendresse. Elle nous le donnera un jour, si durant notre vie nous lui sommes fidèjes, si nous en conservons les sentiments, et si nous nous conduisons selon ses saintes maximes. |

MÉDITATION

SUR LE MÈME SUJET

C'est un bonheur ineffable pour nous, à mon Dieu!

de conn:ître et de goûter ce bonheur ; nous avons contracté avec elle des engagements. Ils consistent en quatre

différents hommages qu’elle exige de nous: hommage NL soumission qui nous la fasse écouter avec docilité : homh den mage d'affection qui nous la fasse aimer avec tendresse À 1 | Mais hommage de zèle pour en défendre les intérêts avec ar. k Let de deur'; hommage d'action qui nous la fasse honorer “ suffi nos œuvres. 1} des Dieu saint, auteur et consommateur de la foi, qui aval A droit daigné m'éclairer de ses divines lumières, accordez-mo. à AU€ la grâce de bien connaître mes engagements envers elle tache et plus encorelafidélité avec laquelle jedois inviolablemen Bts les remplir. se1g 1° Hommage de soumission, Et quels doivent en étreg M0" les sacrés caractères ? Soumission humble et docile; c’est ic le partage des véritables enfants de l'Église : la foi l'exigeW "°°° d’une manière si indispensable et si absolue, que si quel-B Ps qu'un vient à la lui refuser et à s’en départir, elle le mé-i ns connaît, elle le condamne, et s’arme contre lui de tou He

ses anathèmes. Dès lors ce n’est plus pour elle qu’une À brebis indocile; malheur à elle, si, ainsi égarée, elle tombe sous la dent du loup ravisseur : dès lors ce n’est plus h qu’une pierre d’achoppement et de scandale qui ne peutf# trouver place dans l'édifice de la céleste Jérusalem : dès Mt ci lors ce n'est plus que comme un membre pourri qu'il ci faut retrancher, de peur qu'il ne communique sa conta- ds gion. D dan 2° Soumission ferme et inébranlable, jusqu'au point de tout sacrifier, de tout souffrir, de tout perdre, plutôt de que de perdre la foi, plutôt même que de s’exposer à la A perdre : biens, honneurs, santé, liberté, vie même, tout du: cela est précieux ; mais si tout cela se trouve en compromis avec la foi, tout cela doit céder à la foi, et s’il le fant, sur di les débris de tant cela doit s’élever la foi triomphante. Æ de

3° Soumission surtout intérieure et de cœur : c'estsur : cet autel que nous devons offrir cet hommage à la foi. P Quand elle crmmande elle a droit aux secrètes pensées Æ

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