PHOTOGRAPHIE D'UNE EXTÉRIORISATION
« Ute là mes essai? avec un appareil photographique, essais que je vais raconter d'après mou registre d'expériences.
* 30 juillet 1892. — J'ai photographié M"^*^ Lux d'abord éveillée, puis endormie sans être extériorisée, ensuite endormie et extériorisée, en ayant soin de me servir, dans ce dernier cas, d'une
plaque que j'avais eu soin de faire séjourner quelques instants contre son corps, dans son châssis, avant de la porter dans son appareil.
< J'ai constaté qu'en piquant avec une épingle la première plaque, M°'^ Lux ne sentait rien ; avec la seconde, elle sentait un peu, avec la troisième, elle ressentait vivement, lout cela quelques instants après l'opération.
« 2 août 1802. — M"^ Lux était présente, j'essayai la sensibilité des plaques qui avaient été impressionnées le 30 juillet et qui avaient été développées. La première ne donna rien, la deuxième fort peu de chose, la troisième était aussi sensible que le premier jour. Voulant voir jusqu'où irait la sensibilité de cette troisième plaque, je donnai deux forts coups d'épingle sur l'image de la main, de manière à déchirer la couche de gélatino-bromure.
K< M"" Lux, qui était à deux mètres de moi et ne pouvait pas voir la partie que je piquais, tomba aussitôt en contracture en poussant des cris de douleur. J'eus assez de peine à la lairé revenir à son état normal; elle souffrait de la main, et, quelques secondes après, je vis apparaître sur la main droite, celle dont j'avais piqué l'image, deux petits traits rouges dont l'emplacement correspondait aux piqûres. Le D"" P..., qui assistait à l'expérience, constata que l'épiderme n'était pas entamé et que les rougeurs étalent dans la peau. Je constatai, en outre, que la couche de gélatino-bromure (qui était beaucoup plus sensible que la plaque qui la supportait) émettait des radiations avec des maxima et des minima comme le sujet lui-môme î
LRS BKCBERCHES DE MH. DB ROCHAS ET D' LUYS 241
ces radiations ne se présentaient presque pas de l'antre côté de la plaque. >
Arrêtons ici notre citation, elle nous permet de constater qu'il y a une relation établie d'une manière continue entre M"' Lux et sa photographie extériorisée. Du 30 juillet au 2 août, malgré l'éloignement prolongé du sujet, le lien ne s'est pas rompu, et toute aetinn produite sur la photographie se transporte sur le coi'ps, de manière à laisser des traces visibles. H est donc légitime de supposer que la liaison est encore plus intime loi-sque c'est le périsprit, lui-même, qui est tout à fait extériorisé, quelle que soit la distance qui le sépare du corps physique.
Les expériences de M. de Rochas ont été vérifiées parleD'Luys à laCharité(l) et par le D'^ Paul Joire, qui avait signalé déjà cette extériorisation dans son traité d'hynoiogie publié en 189;;. Tout dernièrement (2) il a pu constater que l'extériorisation de la sensibilité est un phénomène réel qui ne dépend nullement de la suggestion orale, comme avait voulu l'insinuer Je D' Mavroukakis, pas plus que d'une suggestion mentale, car si l'opérateur est séparé du sujet par quatre ou cinq personnes quisetiennent.il y a retard régulier et progressif dans la sensation éprouvée par l'hypnotisé, ce qui n'aurait évidemment pas lieu si Cette sensation était produiteparune suggestion mentale de l'opérateur.
{l)D''DuDOUv, Sc'finres occultes et Plufsiotogia psychique, pS^>. Sciences psychiques. D' Paul Joire, De t'ex)É- 'isibUité. numéi'o do iiovcnibre-dûcoinbrc 1897,
s 42 DÉMONSTRATION CXPËRINBNTALE DE t*niIM0RT4LlTÉ