‹ L'âme est la fonction du cerveauChapitre 151 sur 170 · VuLPiA · texte numérisé non relu

VuLPiA

L'UNITÉ DiJ MOI EST UNE RÉSULTANTE ?.G3

naissances héritées crautrui ne sont pas essentielles; telles ne sont qu'une addition au fond naturel. Sur les iriOO millions d'hommes dont se compose Tespèce humaine, il y en a au moins 1430 millions qui sont à peu près dénués de connaissances. Et cependant on ne dira pas que ces 1450 millions d'hommes n'ont |ias de moi.

B. Quant aux connaissances acquises par soi-même, elles sont, en fait, subordonnées aux aptitudes naturelles de l'organisme, à sa structure, à sa manière de -•Mitir.

I 111° Groupe des faits moraux. — On agit selon la

ndécision prise ; on veut selon la manière dont on a jugé les choses ; or, on juge les choses selon la manière de sentir. Les actes ne sont que la traduction extérieure et tangible de la manière dont on a jugé.

' « La volonté n'agit jamais primitivement, dit Vulpian ; elle n'agit que secondairement. Pour bien le comprendre, il faut envisager les faits de volonté les plus élémentaires et les plus indépendants en apparence. Je veux toucher cette table, je la touche ; il semble au premier abord que dans cet acte si simple la volition a été le phénomène initial. Eh bien, en y réfléchissant, vous verrez que la volition n'a été, n'a pu être que secondaire. Au moment même où j'énonçais la proposition à démontrer, à savoir, que la volonté n'agit pas primitivement, l'idée d'un exemple à donner nais-

I sait par entraînement d'habitude ; la vue de la table amenait le choix de l'exemple et pa^ conséquent l'idée

• suggestive de l'action.

Je veux faire telle ou telle chose. L'idée plus ou moins nette de la chose à faire et de l'action nécessaire pour la faire, précède nécessairement l'action elle-même. Les phénomènes s'enchaînent si naturellement, leur succession est si rapide, ou plutôt ils sont tellement simultanés en apparence, que l'on s'y trompe facilement. Mais, en fait, la simultanéité n'est pas réelle, et si l'on y prête une certaine attention, on arrive à se convaincre que les phénomènes se passent hien ainsi que je vous le dis.

Les volitions ne sont donc jamais primitives ; elles ne peuvent engendrer une action qu'à la condition d'être précédées par une idée qui les fait naître et les soutient. Pour mieux me faire comprendre, permettez-moi d'employer une expression vulgaire : on ne peut pas vouloir à blanc K »

Page 1