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LA SCIENCE ; IL DOIT PRENDRE SON HYPOTHÈSE DANS LA RÉALITÉ

Pour que l'expérimentation soit utile, deux conditions s'imposent :

1° L expérimentateur doit être au courant de la science. — Il est clair que si les expériences sont faites, soit sur des points déjà acquis à la science, soit avec des procédés usés ou inférieurs à ceux que l'épreuve a consacrés comme étant les meilleurs, ces expériences ne peuvent aboutir qu'à des résultats nuls ou même nuisibles, puisqu'elles tendraient à obscurcir les vérités démontrées. Il est donc nécessaire que l'expérimentateur soit au courant de la science. Ce n'est que par cette instruction préalable qu'il guidera sûrement ses recherches vers les problèmes dont la solution pourra être féconde pour les progrès de la science. « Plus on est instruit, plus on possède de connaissances antérieures, mieux on aura l'esprit disposé pour faire des découvertes grandes et fécondes ^ »

2° Vidée expérimentale ne doit pas être arbit7mre ni purement imaginaire; elle doit toujours avoir un point d'appui dans La réalité observée, c'est- à dire dans la nature. — En un mot, l'hypothèse expérimentale doit toujours être fondée sur une observation antérieure.

Une autre condition essentielle de l'hypothèse est qu'elle soit vérifiable expérimentalement. En faisant

i. Introduction, 37, 67.

une hypothèse que Texpérience ne peut pas vérifier, on sortirait par cela même de la méthode expérimentale *.

1V° — LE POINT DE DÉPART DES RECHERCHES EXPÉRIMEN- TALES DOIT ETRE, SOIT UNE OBSERVATION, SOIT UNE HYPOTHÈSE OU UNE THÉORIE.

Toutes les variétés d'investigations scientifiques se ramènent à deux cas principaux ;

lo Une recherche expérimentale a pour point de départ une observation ;

2° Une recherche expérimentale a pour point de départ une hypothèse ou une théorie.

A. Exemple d'une recherche expérimentale ayant POUR POINT de départ UNE OBSERVATION. — « On apporta un jour dans mon laborat^oire, dit Claude Bernard, des lapins venant du marché. On les plaça sur une table où ils urinèrent, et j'observai par hasard que leur urine était claire et acide. Ce fait me frappa parce que les lapins, en leur qualité d'herbivores, ont l'urine trouble et alcaline, tandis que les carnivores au contraire ont les urines claires et acides. Cette observation de l'acidité de l'urine chez les lapins me fit venir la pensée que ces animaux devaient être dans la condition alimentaire des carnivores. Je supposai qu'ils n'avalent probablement pas mangé depuis longtemps et qu'ils se trouvaient ainsi transformés par l'abstinence en véritables animaux carnivores vivant de

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