LE SANG OXYGÉNÉ ET L'ACTIVITÉ VITALE
i'' — IL n'y a pas de vie possible sans oxygène
CHEZ les animaux A SANG CHAUD
Il est absolument nécessaire :
1° Que l'oxygène du sang soit renouvelé au fur et à mesure qu'ont lieu les oxydations dans les tissus organiques ;
2" Que l'acide carbonique, produit de ces oxydations, soit éliminé ^
« L'expérience démontre que chez tous les animaux les centres nerveux et les muscles perdent toute leur excitabilité du moment où ils cessent de recevoir le sang artériel. Si, à l'exemple de Sténon, on interrompt la circulation dans le train postérieur et dans la partie postérieure de la moelle épinière, en liant l'aorte en avant des artères rénales, l'animal se tient d'abord dans une attitude normale; il marche en se servant des quatre membres. Mais bientôt le train postérieur est complètement paralysé du mouvement et du sentiment; l'animal marche avec les deux membres postérieurs inertes; l'irritation de la queue et des extrémités digitales ne provoque plus ni douleur, ni mouvements réflexes. Dans la région où elle a cessé de recevoir du sang artériel, la substance grise de la
. 1. Cl. Bernard, la Chaleur n7iimale, Irçon vii°.
CONDITIONS VITALES DU CERVEAn 03
moelle a donc perdu son excitabilité. Il suftit alors d'enlever la ligature de l'aorte pour rendre, en quelques minutes, aux nerfs et aux muscles des membres postérieurs leur excitabilité et leur motilité volontaire. La substance grise de la moelle recouvre donc toutes ses propriétés du moment où Tafflux du sang artériel recommence.
« M. Brown-Séquard a expérimenté sur le train postérieur d'un mammifère complètement séparé du train antérieur. Il a attendu que l'excitabilité de la moelle épinière eût complètement disparu ; puis il a injecté dans l'aorte du sang oxygéné et défibriné. Sous l'influence de cette irritation sanguine suffisamment prolongée, la substance grise de la moelle reprend toutes ses propriétés ; l'irritation de la peau provoque des mouvements réflexes dans les membres postérieurs ^ . »
II" — LORSQUE l'oxygène CONTENU DANS LE SANG DÉPASSE UNE CERTAINE QUANTITÉ MAXIMUM, IL AGIT GOMME UN POISON VIOLENT.
Si la vie n'est pas possible sans une certaine quantité d'oxygène dans le sang, en revanche la vie est détruite lorsque le sang contient une quantité d'oxygène supérieure à un certain maximum; dans cette condition l'oxygène agit comme un poison des plus violents.
« On sait que le sang artériel contient en moyenne
l. Gavarret, les Phénomènes physiques d'j ia vie, 229.
'j4 l'amk est la fonction du cerveau
:20 centimètres cubes de gaz oxygène pour 100 centimètres cubes de sang. Or, lorsqu'on arrive à porter cette dose à 30 centimètres cubes environ, les accidents toxiques se manifestent avec énergie, et la mort survient lorsque la quantité de ce gaz atteint 35 centimètres cubes; c'est-à-dire que la dose mortelle n'est pas même le double de celle qui existe nécessairement dans le sang,
« Pour atteindre ces proportions d'oxygène, la respiration du gaz pur est loin de suffire. Elle ne peut guère, en effet, augmenter que de 3 à 4 centièmes la quantité d'oxygène contenue dans le sang. 1,1 faut soumettre les animaux àl'influence de l'air ou de l'ox}'gène comprimés.
« L'action toxique de l'oxygène s'exerce également sur les végétaux. La germination ne se fait plus dans l'air comprimé à 10 atmosphères; et les grains qui ont été soumis à cette pression sont complètement morts ^ »
On voit par ces faits que les conditions de la vie, sous le rapport de Foxygène, oscillent entre deux limites, un minimum et un maximum*
110 jj; TRAVAIL DE L'OHGANK ET LA l>U0DUCT10iN DE CHALEUR
Tous les organes, quels que soient les tissiis qui leâ constituent, dégagent du calorique au moment où ils travaillent, c'est-à-dire où leurs fonctions s'accomplis-