Cl. Bernahd, Système 7ierveux, I
i08 L'AME EST LA FONCTION DU CERVEAU
Toutefois il y a une limite de température où le sang perd pour toujours ses propriétés physiologiques.
A 45° chez les mammifères, les globules sanguins ne perdent pas leurs qualités vitales, tandis que les muscles, au contraire, les perdent d'une manière définitive; ce qui autorise à conclure que l'animal ne meurt pas par une altération du sang ou au moins par une altération des globules sanguins.
L'agent calorifique, quel que soit d'ailleurs son mode d'application, tue le système musculaire de la vie végétative d'une manière complète, définitive; il produit ainsi la mort de l'organisme par l'arrêt de la circulation et de la respiration.
En second lieu, l'élévation de la température ne produit dans le sang, chez un animal tué par la chaleur, aucune altération du même genre, mais seulement une suractivité de ses fonctions vitales, qui a pour effet de lui faire consommer avec une très grande rapidité l'oxygène qu'il contient et de lui donner la coloration noirâtre caractéristique du sang veineux.
V Effets de la chaleur sur les nerfs moteurs ET les nerfs sensitifs. — Les nerfs moteurs ne sont pas altérés au moment où la destruction du système musculaire est effectuée et amène la mort de l'animal. Le nerf moteur résiste plus à la chaleur que les muscles; le nerf sensitif résiste moins que le nerf moteur.
Par la chaleur, comme par le froid, comme par beaucoup d'agents toxiques, on peut distinguer Tau-
t.onoinie des propriétés physiologiques des muscles, des nerfs sensitifs et des nerfs moteurs ^
VI° Effets de la chaleur sur le foie. — Si on soumet un animal à sang chaud à une température un peu supérieure à la température normale du sang, les fonctions du foie paraissent exaltées et en particulier la formation de la bile; celle du sucre ne semble pas augmentée. Mais cette surexcitation a des limites; car si on élève la température de l'étuve de 10 à 15 degrés, l'excitation générale fait place à un effet opposé; le sucre disparait, et l'animal meurt au bout d'une heure à une heure et demie sans présenter la moindre trace de sucre dans le tissu hépatique. Il faut noter encore que sous l'influence de la chaleur les respirations sont accélérées, tandis que le contraire a lieu avec le froid : et cependant, avec ces deux états opposés de la respiration, le sucre disparaît dans le foie ^.
yiP Effets de la cualeur fébrile. — Nous avons vu que la chaleur portée à un certain degré peut amener la mort de l'animal. Il n'est pas douteux aujourd'hui que la chaleur de la fièvre puisse produire le même résultat fatal : il suffit, pour s'en convaincre à priori^ de considérer jusqu'à quel degré peut s'élever la température dans certaines maladies. Dans les rhumatismes, par exemple, on a observé des températures de 42°, 7 et même de 44°. L'expérience clinique nous apprend que dans les maladies aiguës, la progression continue de la température indique une issue fatale.