LuYS, Maladies mentales, 117, 206, la note
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subi un arrêt de développement qui a laissé ses éléments histologiques dans l'état où ils étaient lorsque révolution a été interrompue ^ .
IP Atrophie de certaines régions du cerveau a
LA SUITE DE LA PERTE DE LA FONCTION. — C'est UUe
loi physiologique que l'abolition d'une fonction détermine l'atrophie de l'organe qui préside à cette fonction. Puisqu'il existe des centres moteurs à la surface corticale des hémisphères, on est fondé à supposer que la perte d'un membre ou de son usage, pendant un temps suffisamment long, amènera l'atrophie de la portion du cerveau occupée par le centre moteur qui innerve ce membre :
Premier cas : Atroplile du lobule paracentral ô la eulte de la perte de l'u»age du côté gauche -,
Un enfant qui mourut à l'âge de quinze ans avait été frappé, dans le cours de sa troisième année, de paralysie spinale. Cette affection avait atteint plus ou moins tous Jes membres, surtout ceux du côté gauche. A l'autopsie, un examen minutieux du cerveau fit voir que les deux circonvolutions ascendantes sur la face externe étaient beaucoup plus courtes que dans l'état normal. Le lobule paracentral était tout à faitrudimentaire, et contrastait sous ce rapport avec toutes les
1. Gavoy, Atlas du cerveau et des localisations cérébrales^ page 48.
2. Ce cas et les suivantg sont empruntés à l'ouvrage de M. Gavoy; les sources et les autorités y sont indiquées avec le plus grand soin... Tous les cas cités sont d'une exactitude et d'une authenticité absolues.
mitres Piivonvoliitions qui avaient acquis un dévoloppcMuent parlait. Enfin les lésions étaient plus prononcées dans r hémisphère droit que dans le gauche, ce qui est en rapport avec cette circonstance, que les lésions spinales étaient plus accusées à gauche qu'à droite. M. Sander, à qui l'on doit cette observation, émet l'opinion que, dans ce cas, les membres ayant été de bonne heure complètement paralysés par suite d'une lésion spinale profonde, les centres psycho-moteurs, frappés d'inertie à une époque où ils sont en voie d'évolution ont été, en conséquence, frappés d'arrêt de développement.
Deuxième cas : Atrophie de circonvolutions à la suite de la perte du membre inférieur droit.
A l'âge de neuf ans et demi, une femme avait, à la ^uite d'une chute, perdu l'usage du membre inférieur droit : sa jambe s'était ployée à angle droit sur la cuisse. Cette femme resta dans cet état jusqu'à sa mort qui eut lieu à l'hospice d'Ivry, en juillet 1876; elle était âgée de 76 ans. A l'autopsie, on constata l'atrophie des circonvolutions qui sont en relation avec la jambe droite.
Troisième cas : Atrophie de la circonvolution pariétale ascendante, d'une partie du hulbe et de la protubérance, à la suite de la perte de l'Usage de la Jambe droite.
Un homme mort âgé de quarante-cinq ans, dans le service de M. Hardy avait perdu à l'âge d'un an et
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demi, à la suite d'une blessure, l'usage de la jambe droite. A l'autopsie, on constata que l'hémisphère gauche pesait moins que l'hémisphère droit ; il y avait une atrophie de la circonvolution pariétale ascendante, une atj^ophie de la protubérance et du bulbe du même côté. Frappés d'inertie à une époque où ils étaient en évolution, les centres moteurs avaient subi un arrêt de développement.
Quatrième cas : Atropliîe du lobule puracentral et de lei circonvolution pariétale ascendante à la suite de la perte d'un bras.
Un soldat de Reischoffen amputé du bras mourut cinq ans après d'une fièvre typhoïde, dans le service de M. Duguet (hôpital temporaire). A l'autopsie on constata, du côté droit, une atrophie de la circonvotion pariétale et du lobule paracentral.
Cinquième cas : Atrophie d'une partie de la circonvolution frontale ascendante à la suite de la perte d'une jambe.
Une femme morte à la Salpétrière en 1875, âgée de 75 ans, avait été amputée de la jambe depuis plus de trente-cinq ans. A l'autopsie, on constata une atrophie du tiers supérieur de la circonvolution frontale ascendante.
IIP Relations du cœur et du cerveau. — « A mesure, dit Claude Bernard, que l'organisation animale s'élève, le cœur devient un réactif de plus en plus délicat pour trahir les impressions sensitives qui se passent dans le corps, et il est naturel de penser que
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riiomme doit (Hro au premier rang sous ce rapport. Chez lui le cœur n'est pas seulement Torgane central de la circulation du sang, mais il est devenu en outre un centre où viennent retentir toutes les actions nerveuses sensitives. Ses influences nerveuses qui réagissent sur le cœur arrivent :
1° Soit de la périphérie (monde extérieur) par le système céréhro-spinal;
2° Soit des organes intérieurs par le grand sympathique ; 3° Soit du centre cérébral lui-même.
Car, au point de vue physiologique, il faut considérer le cerveau comme la surface nerveuse la plus délicate de toutes : d'où il résulte que les actions sensitives qui proviennent de cette source sont celles qui exercent sur le cœur les influences les plus énergiques.
Gomment est-il possible de concevoir le mécanisme physiologique à l'aide duquel le cœur se lie aux manifestations de nos sentiments? Rappelons-nous que le cœur ne cesse jamais d'être une pompe foulante, c'està-dire un moteur qui distribue le liquide vital à tous les organes de notre corps. S'il s'arrête, il y a nécessairement suspension ou diminution dans l'arrivée du liquide vital aux organes, et par suite suspension ou diminution de leurs fonctions. Si au contraire l'arrêt léger du cœur est suivi d'une intensité plus grande dans son action, il y a distribution d'une plus grande quantité du liquide vital dans les organes, et par suite surexcitation de leurs fonctions.
Cependant tous les organes du corps et tous les ] tissus organiques ne sont pas également sensibles à ces variations de la circulation artérielle qui peuvent diminuer ou augmenter brusquement la quantité du liquide nourricier qu'ils reçoivent. Les organes nerveux et surtout le cerveau, qui constituent l'appareil dont la texture est la plus délicate et la plus élevée dans l'ordre physiologique, reçoivent les premiers les atteintes de ces troubles circulatoires.
Les sentiments que nous éprouvons sont toujours accompagnés par des actions réflexes du cœur; c'est du cœur que viennent les conditions de manifestation des sentiments, quoique le cerveau en soit le siège exclusif. Dans les organismes élevés, la vie n'est qu'un échange continuel entre le système sanguin et le système nerveux. L'expression de nos sentiments se fait par un échange entre le cœur et le cerveau, les deux rouages les plus parfaits de la machine vivante. Cet échange se réalise par des relations anatomiques très connues, par les nerfs pneumo-gastriques, qui portent les influences nerveuses au cœur, et par les artères carotides et vertébrales, qui apportent le sang au cerveau.
La science physiologique nous apprend que d'une part, le cœur reçoit réellement l'impression de tous nos sentiments; et que d'autre part, le cœur réagit pour renvoyer au cerveau les conditions nécessaires de la manifestation de ces sentiments.
A. Impressions douloureuses . — Quelquefois un mot, un souvenir, la vue d'un événement, éveillent en nous
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une douleur profonde ; ce mot, ce souvenir ne saiwaient être douloureux par eux-mêmes^ maL^ seulement par les phénomènes qu'ils provoquent en nous. Quand on dit que le cœur est brisé par la douleur^ il y a des phénomènes réels dans le cœur. Le cœur a été arrêté, si l'impression douloureuse a été trop soudaine; le sang n'arrivant plus au cerveau, la syncope ou des crises nerveuses en sont la conséquence. On a donc bien raison, quand il s'agit d'apprendre à quelqu'un une de ces nouvelles terribles qui bouleversent notre âme, de ne la lui faire connaître qu'avec ménagement.
Quand on dit qu'on a le cœur gj'os, après avoir été longtemps dans l'angoisse et après avoir éprouvé des émotions pénibles, cela répond encore à des conditions physiologiques particulières du cœur. Les impressions douloureuses prolongées, devenues incapables d'arrêter le cœur, le fatiguent et le lassent, retardent ses battements, prolongent la diastole, et font éprouver dans la région précordiale un sentiment de plénitude et de resserrement.
B. Impressions agréables, • — Les impressions agréables répondent aussi à des états déterminés du cœur. Quand une femme est surprise par une douce émotion, les paroles qui ont pu la faire naître ont traversé l'esprit comme un éclair, sans s'y arrêter; le cœur a été atteint immédiatement et avant tout raisonnement et toute réflexion. Le sentiment commence à se manifester après un léger arrêt du cœur, imperceptible pour tout le monde, excepté pour le physiologiste; le cœur, aiguillonné par l'impression nerveuse, réagit
par des palpitations qui le font bondir et battre plus fortement dans la poitrine, en même temps qu'il envoie plus de sang au cerveau, d'où résultent la rougeur du visage et une expression particulière des traits correspondant au sentiment du bien être éprouvé. Ainsi, dire que lamour fait palpiter le cœur n'est pas seulement une forme poétique, c'est aussi une réalité physiologique.
Quand on dit à quelqu'un quon l'aime de tout son cœur, cela signifie physiologiquement que sa présence ou son souvenir éveille en nous une impression nerveuse, qui transmise au cœur par les nerfs pneumogastriques, fait réagir notre cœur de la manière la plus convenable pour provoquer dans notre cerveau un sentiment ou une émotion affective. Je suppose ici, bien entendu, que l'aveu est sincère; sans cela, le cœur n'éprouverait rien, et le sentiment ne serait que sur les lèvres. Chez l'homme, le cerveau doit, pour exprimer ses sentiments, avoir le cœur à son service. Deux cœurs unis sont des cœurs qui battent à l'unisson sous l'influence des mêmes impressions nerveuses, d'où résulte l'expression harmonique de sentiments semblables.
Les philosophes disent qu'on peut maîtriser son cœur et faire taire ses passions. Ce sont encore des expressions que la physiologie peut interpréter. On sait que par sa volonté l'homme peut arriver à dominer beaucoup d'actions réflexes dues à des sensations produites par des causes physiques. La raison parvient sans doute à exercer le même empire sur les sentiments
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moraux, L'homme peut arriver par la raison à empêcher les actions réflexes sur son cœur ; mais plus la raison tendrait à triompher, pjus le sentiment tendrait à s'éteindre (prouvé par Texemple des stoïciens).
La puissance nerveuse capable d'arrêter les actions réflexes est en général moindre chez la femme que chez l'homme : c'est ce qui lui donne la suprématie dans le domaine de la sensibilité physique et morale, c'est ce qui a fait dire qu'elle a le cœur plus tendre que rhomme.
E\\ résumé, chez l'homme, le cœur est le plus sensible des organes de la vie végétative; il reçoit le premier de tous l'influence nerveuse cérébrale. Le cerveau est le plus sensible des organes de la vie animale, il reçoit le premier de tous l'influence de la circulation du sang. De là résulte que ces deux organes culminants de la machine vivante sont dans des rapports incessants d'action et de réaction *. »
« Les excitations morales, dit encore Claude Bernard, sont au point de vue physiologique des phénomènes de sensibilité. Elles réagissent sur l'organisme de la même manière que les stimulations de la douleur ou des sensations spéciales. Le sentiment de la peur agit comme une impression douloureuse; la colère, comme la honte, a pour première conséquence une action sur la pupille, sur les vaisseaux, sur le cœur.
La réaction du moral sur le physique, longtemps considérée commeinexplicable,n'estqu'un phénomène
1. ex. Bernard, Science expérimentale, 'Jo2 et suivantes. 1. 9
physiologique ordinaire et dont Fintelligence ne présente pas plus de difficultés que tous ceux auxquels nous avons appliqué notre recherche. La douleur psychique retentit sur Féconomie comme l'excitation mécanique douloureuse d'un nerf : comme celle-ci, elle a toujours le sympathique pour instrument de son action, et elle peut entraîner par un même mécanisme, des troubles de la nulrition, des lésions organiques, et les maladies les plus varices *. »
1V° Perturbatiot^s du cerveau causées par les influences MORALES. — « C'est le sang, dit M. Luys, qui apporte le vie aux cellules cérébrales en leur apportant à tout instant les matériaux de leur activité propre. C'est lui qui avec ses canaux ramifiés à l'infini dans la trame nerveuse suscite, suivant qu'il arrose tel ou tel territoire des cellules, ici les forces motrices dans les régions psychomotrices, là les manifestations émotives dans les régions du sensoriitm, là les réactions de l'intellect dans les départements de l'intelligence proprement dite. En un mot, il donne à chaque région sa vie propre et tient sous sa dépendance l'énergie fonctionnelle de tout l'ensemble. Aussi sufflt-il de quelques modifications, soit en plus, soit en moins, survenues dans l'irrigation sanguine des réseaux du sensoi'ium, pour que les manifestations fonctionnelles changent de face, du tout au tout, et passent successivement des phases de la dépression extrême aux phases extrêmes de Texcitation la plus franche. Toute