‹ L'ame et l'évolution de la littérature des origines à nos joursChapitre 2 sur 54 · PRÉFACE VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE VII

Considérez, par exemple, deux moments d'une littérature ou d'un art, la tragédie française sous Corneille et sous Voltaire... »

En somme, il y a deux causes primordiales, la race et le milieu ; en réagissant l'une sur l'autre, elles produisent un moment qui n'est que l'effet de leur réaction . Cet effet ne peut être considéré à son tour comme une force ou [comme une cause que par rapport au moment suivant : quand la race et le milieu viendront marquer une nouvelle empreinte sur la « table », sur les couches déjà stratifiées, elles y rencontreront l'empreinte précédente ; et la nouvelle empreinte ne sera faite que de lamalgame de la seconde empreinte avec la première. Dans aucun cas, l'empreinte ou le moment n'a la moindre initiative ; la série des empreintes, des moments, procède tout entière des deux premières forces, la race et le milieu, qui les ont frappés un à un, l'un sur l'autre, et à qui seules appartient en propre l'action.

Le milieu est divers : il y a le climat en tant qu'il n'est pas l'œuvre de l'homme et qu'il « enveloppe » l'homme, la race. Il y a les circonstances politiques et il y a aussi les conditions sociales ; ces deux dernières formes du milieu semblent bien avoir leur « source » dans l'homme, être faites par lui, être son œuvre ; et ainsi une part primordiale d'action est, comme nous venons de le dire,

VIII l'évolution de la littérature

réservée à Thomme, à la race... Illusion; et ces trois sources ou forces ou causes que nous avons vues tout à rheurese réduire à deux vont maintenant se réduire' à une.

En effet, la race est à son tour une empreinte frappée par un milieu physique. Si différentes qu'apparaissent les variétés d'une race, « les grands traits de la forme originelle, dit Taine, ont subsisté, et Ton retrouve les deux ou trois linéaments principaux de l'empreinte primitive sous les empreintes secondaires que le temps a posées par-dessus. Rien d'étonnant dans cette ténacité extraordinaire. Quoique l'immensité de la distance ne nous laisse entrevoir qu'à demi et sous un jour douteux l'origine des espèces (renvoi à Darwin : De Forigine des espèces^ et à Prosper Lucas : De l'hérédité)^ les événements de l'histoire éclairentassez les événements antérieurs à l'histoire, pour expliquer la solidité presque inébranlable des caractères primordiaux. Au moment où nous les rencontrons, quinze, vingt, trente siècles avant notre ère, chez un Aryen, un Egyptien, un Chinois, ils représentent l'œuvre d'un nombre de siècles beaucoup plus grand, peut-être l'œuvre de plusieurs myriades de siècles. Car dès qu'un animal vit, il faut qu'il s'accommode à son milieu ; il respire autrement, il se renouvelle autrement, il est ébranlé autrement, 3elon que l'air, les alinaents, la température sopt

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