‹ L'ame et l'évolution de la littérature des origines à nos joursChapitre 29 sur 54 · IV. 2.3; VII · texte numérisé non relu

IV. 2.3; VII

larmes ne pouvait périr (1). Augustin ne peut songer sans trembler à ce qui serait advenu d'elle, s'il était mort sans demander le baptême ; son âme même peutêtre n'aurait pas guéri de cette blessure (2). Comme il se savait aimé 1 Et quelle insistance dans cet amour ! Aussi, quand elle le voit arrivé où elle voulait, tout embrasé deTaffection du ciel, elle n'a plus rien à faire en ce monde et toute tombe lui est bonne en attendant l'immortel revoir.

C'est la même qualité et la même intensité d'amour qui a passé de la mère dans, les veines du fils. Avec une puissance d'émotion plus diverse et d'abord plus dispersée, c'est le même emportement de volonté et le même appétit de dilection insatiable. Longtemps il a la fureur des jeux, des spectacles, la passion du théâtre, de la tragédie (3). Il a la passion de l'amour, nous le savons, bien que ce soit sur ce point qu'il soit le plus discret, et il ne concevait pas qu'un homme pût vivre sans embrassements. S'il n'a, sur la concubine dont on le sépare, que quelques mots, ils sont le cri d'un arrachement qui le laisse tout déchiré et tout saignant (4). Il s'exalte dans une sorte d'adoration idéale pour la beauté, il est enthousiaste des hommes qu'il considère comme l'ayant atteinte par la pensée ou par l'éloquence (3). Penché sur le génie de son fils, il est saisi de vertige comme sur un abîme où il verrait une merveille de Dieu (6). Un de ses amis les plus chers étant

:i) III. 12.

Ci) V, 9.

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