L’ATTESTE
Si l’aquilon se lève , enfant du noir orage ,
Elle attend le zéphyr et l’astre toujours pur; Et, glissant mollement sur un fleuve d’azur, Sa barque abordera doucement au rivage.
Février 18*29.
Tout lui parler la touche, et fait naître fton chaut.
'• ,* •* - ' f M"* Amahle Tastu , là Poésie.
• • D\g<tized by Goqgle
- 0 lyre! quelle est ta patrie? ,
Quel écho le premier répéta tes accords? ' .
Quel zéphyr frémissant dispersa sur ses bords • . Les flots de ta douce harmonie ?
Partout est un murmure où résonne un concert :
Le vent , le ruisseau ; le feuillage,,. >:
On dirait que, jaloux de ton brillant hommage,
Ils gémissent dans le désert’
Ils gémissent.... pourtant ils étaient dans le monde
A l’aurore des jours.... Ils gémissaient ençor .
Quand le premier.printemps, daqs son premier e$§or ,
Répandait les parfums de son .orné féconde. - '
La tp/re n’est point ton berceau , . ; ' ‘ •* V <■
0 lyre ! À la voûte sacrée , ‘ •*
Le doigt divin , frappé de ce plaisir nouveau Frémit sous ta corde inspirée. ;
"Le chœur des immortels suspendit dans les çieux Un cantique éternel d’éternelles louanges, ■ : T Et les chérubins et les anges * .•
En silence écoutaient tes sons mélodieux. .
fc.
. Qiii, dans le sein profond de l’exil où nous sommes. De l’autel du Très-Haut a dérobé lèieu?
... > • /•.. :Yv < ••
Digihzed;!
LA LTRB.
Qui le premier redit à l’oreille des hommes Le langage de Dieu ?
Quand le vent siffle et quand l’onde murmure , Quand à l’éclair succède un bruit soudain ,
Est-ce l’âme de la nature Qu’émeut encor l’accent divin?
Qu’entends-je?... Une voix de l’abîme S’élève, et maudissant un instrument de maux , L’empoisonne à son souffle, et la main qu’elle anime Cherche à raccorder ses lambeaux.
Mais c’est bien vainement ! la lyre se refuse A produire un son enchanteur ;
On la presse, on l’excite, et sa froideur accuse La contrainte d’un ravisseur.
Il n’en est pas ainsi de la flamme de vie Qui, présage du jour de l’immortalité.
Comme un rapide éclair frappe l’âme éblouie D’un rayon de l’éternité.
Lt LYRE.
Dans le cours d’une nuit perfide Elève-toi comme un- flambeau ;
Sois toujours un céleste guide Au voyageur du tombeau !
Connais ta superbe origine ;
Et , comme au désert d’Israël ,
Si la nue ici-bas t’incline ,
Remonte aussitôt vers le ciel.
Etincelle au bruit du tonnerre Qui fait pâlir les humains;
Comme au pied du Sina , brise dans la poussière Tous les simulacres vains.
Que le visage du prophète S’illumine de ta clarté ;
Qu’un fils de Jochabed lève encore sa tête Rayonnant de ta majesté.
Alors au-dessus des nuages Assemblés par les aquilons,