A ALPHONSE DE LAMARTINE
Reviens saluer nos rivages ,
Cygne majestueux des mers ; Reploie aux bords des flols amers Tou aile livrée aux orages.
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Tels aux jours de printemps ces oiseaux voyageurs Retournent rajeunis des clartés de l’aurore ;
Tel tu viens rapporter de ces climats meilleurs Ton plumage plus riche et plus brillant encore!
Pourquoi l’œil inquiet, te suivant dans ton cours. Allait-il si souvent interroger l’étoile,
Demander à la nuit sa brise pour ta voile?...
C’est qu’il connaît aissi l’astre -ami de tfes jours ;
C’est que la frêle nef, que la vague balance, Portait nos souvenirs, nos vœux, notre espérance, Et ces mille pensers qui parlent à la fois,
Hymne imparfait du cœur qui s’achève en ta voix !
Quel destin aurait eu cet instrument funeste,
S’il n’alimentait pas le souille qui nous reste?
Que nous feraient à nous tes chants mélodieux ,
Si cette harpe d’or ne s’inspirait aux cicux?
De l'immortalité ton génie est l’apôtre,
Ta gloire est la vertu , tu dédaignes toute autre ;
Et qu’importe, il est vrai, que ces monts sourcilleux, De leurs sommets de neige éblouissant les yeux ,
* M.PMfMSK IMS LlItniU. j,,:
Entrouvrent leurs réduits où s’allume la foudre , Vomissent dans la nue et le soufre et la poudre.
Si jamais sur leurs flancs on ne peut habiter? .
Si I oiseau qui se plaint n’y trouve où s’abriter?
Si l'homme voyageur, et que la soif dévore ,
Qu’un instinct inconnu pousse à monter encore , Aux buissons du sentier demande une ombre en vain , Et ne peut saisir l’eau dans le creux de sa main? Ah! ce n’est pas ton sort, noble enfant de la terre; Ton front recèle aussi l’éclair et le tonnerre , Cependant sur ton sein des ombrages épais Versent abondamment la fraîcheur et la paix ;
Au rocher le plus âpre une source murmure.
L’avalanche croulant ruisselle en une eau pure Qui prête son miroir à l’urne d’une fleur.
Ou se joint aux rameaux en perles de vapeur;
Et dans l’antre profond où l’oracle sommeille ,
L’âme entend à ses’ cris un écho qui s’éveille.
Et nous, nous ne l’entendons pas.
Ont dit ceux que le monde entraîne ;
Faut-il s’en étonner, hélas !
\ ALPHONSE DP. UNAITINT »
Comment au roulis dé sa chaîrfe ,
Au rire , aux éclats de l’arène ,
Aux tempêtes des factions, ; ’ •
Une voix sonore, mais pure,
Voix snblime de la tiatirre, ' 1 • 1 - • -i » ■
Parlerait-elle anr passions? : >•■'•- »•>
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Ils le dirent anssi dans des jours de ténèbres , ■
Ces Juifs ensevelis sous des crêpes funèbres •
Qu’une divine main venait pour arracher; * •
A des lainbeaut épars cherchant à s'attacher, 1 Ils cherchaient quelque chose et pe pouvaient écrit prendre ; Cette parole est dure’, et qui pourrait l'entendre.'.. J C’était là leür réponse àrix triols mystérieux f • : “ r/ ‘
Ainsi vibre ici-bas ton luth hànnortieuxf •*>•'! • "< 1 Ainsi chargés de pleurs les rayotisde l’aurOre * b H Tombent sur le toeberOù rien rie peut èdore; t: ’ 1 Ainsi de l’Océan la vague au son plaintif Tâche en vain' d’entraîner le trop léger esqVrîf { 1 On dirait qu'il se rit at) vëPt qui le soulève , 4 * )
Une ancre au bras de fer le retient à la grèvèj
A AII>H««SE KMK I,A MARTINE/
Comme lut i’hcnnmo craidt, bercé de vahfté;' ' ’ & De sentir en son sein l'air de la vérité? 1 • 1 ' f
Mais laissons; ën plaignant sans doute.
Ceux qui repoussent tes trésors ; '! ■ r • >■ •
*- Donne; donne, àmi, des accords - > ' ’ n V
Aux échos séinés sur ta route ; ' ■'* ' .
La-plante altérée aux déserts A plus besoin de la rosée ,
Et la solitaire pensée ’ ' « •' î
T rouve son pain dans tes concerts.
Ce pain tombant «n four sous ta muse tiinidb ,
Qui d’abord apaisa sa faim ,
Quelle jette à présenté notre lèfre avide
Comme les débrW d'Ùh festin ‘
Soit au sentier jonché des fedilles de l’automne Où nos paS’S'égarért^-le soir ï Soit aux fleurs dés gazons qtte l'aurore couronne En relevant leur encensoir;
Soit l’hiver, ar» foyer des souvenirs antiques ’ 1 ’
Où le cercle se péessé ,Tii feu ,
\ AliPUOKM IML I .AH % RT! S K
A la brise du ciel gémissante aux portiques,
A la lampe des nuits qui veille aux basiliques,
Tout avec toi parle de Dieu.
Et quel cri cependant répond à ton génie?
La feuille qui bruit, le murmure des eaux, Quelques gouttes de pluie en tombant des rameaux Qui coulent sous tes doigts en fleuves d’harmonie ! Ce n’était pas assez de chœurs à tes concerts 1
Tel franchissant toute barrière.
Et frappant du pied la poussière.
Le coursier laisse sa crinière Flotter au souffle des déserts;
Telle et plus indomptable encore ,
Ton âme que sa foi dévore,
Flottant sous un souffle de feu.
Frappant l’air d’une aile sonore, , > • •
S’envole aux sources de l’aurore L
Pour planer seule devant Dieu! v. .
Redis-nous, redis-nous tous ces peusers sublimes Que l’esprit divin t'inspira.
' A AMHtOSSE DE l.*SUETMÇ. ■"
Le Sang que versèrent pos crimes • ' Brille-t-il sur le Golgotha ?
Qpandj suivi de ta fille attachée à sa mère ,
Tu marchais ap sépulcre et tombais à genoux ,
Totf front baigné de pleurs , incliné, sur la pierre ^
N Vt-il rien recueilli pour, nous-?
■ Si partout sur un sol travaillé de miracles
Sur des rochers fendus à. la voix des Oracles , . *
L’Âcabeiasouciant Jette -un regard railleur; * *-
, Àh! du barde des rois si la harpe est éteinte r '
, S’il ne retentit' plus l’hymne de la douleur Sr des tombeaux blanchis indiquent seuls l’enceinte - . Où' tout reste muet,... l’espérance et la plainte ' '
. . Auront un accent-dans ton cœur l»
; ! • ~ 4 DécemBre i8-V. ’*