‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 40 sur 46 · A ALPHONSE DE LAMARTINE · texte numérisé non relu

A ALPHONSE DE LAMARTINE

Reviens saluer nos rivages ,

Cygne majestueux des mers ; Reploie aux bords des flols amers Tou aile livrée aux orages.

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Tels aux jours de printemps ces oiseaux voyageurs Retournent rajeunis des clartés de l’aurore ;

Tel tu viens rapporter de ces climats meilleurs Ton plumage plus riche et plus brillant encore!

Pourquoi l’œil inquiet, te suivant dans ton cours. Allait-il si souvent interroger l’étoile,

Demander à la nuit sa brise pour ta voile?...

C’est qu’il connaît aissi l’astre -ami de tfes jours ;

C’est que la frêle nef, que la vague balance, Portait nos souvenirs, nos vœux, notre espérance, Et ces mille pensers qui parlent à la fois,

Hymne imparfait du cœur qui s’achève en ta voix !

Quel destin aurait eu cet instrument funeste,

S’il n’alimentait pas le souille qui nous reste?

Que nous feraient à nous tes chants mélodieux ,

Si cette harpe d’or ne s’inspirait aux cicux?

De l'immortalité ton génie est l’apôtre,

Ta gloire est la vertu , tu dédaignes toute autre ;

Et qu’importe, il est vrai, que ces monts sourcilleux, De leurs sommets de neige éblouissant les yeux ,

* M.PMfMSK IMS LlItniU. j,,:

Entrouvrent leurs réduits où s’allume la foudre , Vomissent dans la nue et le soufre et la poudre.

Si jamais sur leurs flancs on ne peut habiter? .

Si I oiseau qui se plaint n’y trouve où s’abriter?

Si l'homme voyageur, et que la soif dévore ,

Qu’un instinct inconnu pousse à monter encore , Aux buissons du sentier demande une ombre en vain , Et ne peut saisir l’eau dans le creux de sa main? Ah! ce n’est pas ton sort, noble enfant de la terre; Ton front recèle aussi l’éclair et le tonnerre , Cependant sur ton sein des ombrages épais Versent abondamment la fraîcheur et la paix ;

Au rocher le plus âpre une source murmure.

L’avalanche croulant ruisselle en une eau pure Qui prête son miroir à l’urne d’une fleur.

Ou se joint aux rameaux en perles de vapeur;

Et dans l’antre profond où l’oracle sommeille ,

L’âme entend à ses’ cris un écho qui s’éveille.

Et nous, nous ne l’entendons pas.

Ont dit ceux que le monde entraîne ;

Faut-il s’en étonner, hélas !

\ ALPHONSE DP. UNAITINT »

Comment au roulis dé sa chaîrfe ,

Au rire , aux éclats de l’arène ,

Aux tempêtes des factions, ; ’ •

Une voix sonore, mais pure,

Voix snblime de la tiatirre, ' 1 • 1 - • -i » ■

Parlerait-elle anr passions? : >•■'•- »•>

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Ils le dirent anssi dans des jours de ténèbres , ■

Ces Juifs ensevelis sous des crêpes funèbres •

Qu’une divine main venait pour arracher; * •

A des lainbeaut épars cherchant à s'attacher, 1 Ils cherchaient quelque chose et pe pouvaient écrit prendre ; Cette parole est dure’, et qui pourrait l'entendre.'.. J C’était là leür réponse àrix triols mystérieux f • : “ r/ ‘

Ainsi vibre ici-bas ton luth hànnortieuxf •*>•'! • "< 1 Ainsi chargés de pleurs les rayotisde l’aurOre * b H Tombent sur le toeberOù rien rie peut èdore; t: ’ 1 Ainsi de l’Océan la vague au son plaintif Tâche en vain' d’entraîner le trop léger esqVrîf { 1 On dirait qu'il se rit at) vëPt qui le soulève , 4 * )

Une ancre au bras de fer le retient à la grèvèj

A AII>H««SE KMK I,A MARTINE/

Comme lut i’hcnnmo craidt, bercé de vahfté;' ' ’ & De sentir en son sein l'air de la vérité? 1 • 1 ' f

Mais laissons; ën plaignant sans doute.

Ceux qui repoussent tes trésors ; '! ■ r • >■ •

*- Donne; donne, àmi, des accords - > ' ’ n V

Aux échos séinés sur ta route ; ' ■'* ' .

La-plante altérée aux déserts A plus besoin de la rosée ,

Et la solitaire pensée ’ ' « •' î

T rouve son pain dans tes concerts.

Ce pain tombant «n four sous ta muse tiinidb ,

Qui d’abord apaisa sa faim ,

Quelle jette à présenté notre lèfre avide

Comme les débrW d'Ùh festin ‘

Soit au sentier jonché des fedilles de l’automne Où nos paS’S'égarért^-le soir ï Soit aux fleurs dés gazons qtte l'aurore couronne En relevant leur encensoir;

Soit l’hiver, ar» foyer des souvenirs antiques ’ 1 ’

Où le cercle se péessé ,Tii feu ,

\ AliPUOKM IML I .AH % RT! S K

A la brise du ciel gémissante aux portiques,

A la lampe des nuits qui veille aux basiliques,

Tout avec toi parle de Dieu.

Et quel cri cependant répond à ton génie?

La feuille qui bruit, le murmure des eaux, Quelques gouttes de pluie en tombant des rameaux Qui coulent sous tes doigts en fleuves d’harmonie ! Ce n’était pas assez de chœurs à tes concerts 1

Tel franchissant toute barrière.

Et frappant du pied la poussière.

Le coursier laisse sa crinière Flotter au souffle des déserts;

Telle et plus indomptable encore ,

Ton âme que sa foi dévore,

Flottant sous un souffle de feu.

Frappant l’air d’une aile sonore, , > • •

S’envole aux sources de l’aurore L

Pour planer seule devant Dieu! v. .

Redis-nous, redis-nous tous ces peusers sublimes Que l’esprit divin t'inspira.

' A AMHtOSSE DE l.*SUETMÇ. ■"

Le Sang que versèrent pos crimes • ' Brille-t-il sur le Golgotha ?

Qpandj suivi de ta fille attachée à sa mère ,

Tu marchais ap sépulcre et tombais à genoux ,

Totf front baigné de pleurs , incliné, sur la pierre ^

N Vt-il rien recueilli pour, nous-?

■ Si partout sur un sol travaillé de miracles

Sur des rochers fendus à. la voix des Oracles , . *

L’Âcabeiasouciant Jette -un regard railleur; * *-

, Àh! du barde des rois si la harpe est éteinte r '

, S’il ne retentit' plus l’hymne de la douleur Sr des tombeaux blanchis indiquent seuls l’enceinte - . Où' tout reste muet,... l’espérance et la plainte ' '

. . Auront un accent-dans ton cœur l»

; ! • ~ 4 DécemBre i8-V. ’*

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