‹ L' âme et la solitude (volume 2)Chapitre 8 sur 46 · SM · texte numérisé non relu

SM

Nous rougissons aussi d’une affreuse misère ;

Mais pleins d’un noble orgueil , nous ne mendions pas A la fortune, aux grands , aux maîtres des états ,

Ce qui fait de vos jours la nourriture amère.

Nous ne demandons rien , iei-bas il n’est rien Capable d’apaiser la faim qui nous dévore ;

Le cœur, enfant de roi pressentant son destin , Regorgé de bienfaits, affamé, brûle encore.

11 lui faut un bonheur immense comme lui ; Brillant comme les cieux, aussi pur que la flamme Qui perce la nuit sombre,... éternel, infini,

En un mot tel que Dieu le conçut pour cette âme Qu’il voulut animer de son souffle divin ,

Et qui, de son sommeil impatiente enfin,

Attend avec ardeur le réveil de la tombe.

Ah! ne blasphémez pas ce sublime désir!

A nos derniers soupirs, c’est la mort qui succombe; Et le présent n’a rien, tout est dans l’avenir. Écoute, homme enchanté des rêves de la vie.

Approche d’un tombeau vainement redouté.

Entends-tu les accords d’une douce harmonie?... C’est l’écho de l’éternité !

Janvier 1827.

LA CROIX

Où se précipite cette foule? Jeunes et lieux , riches et pauvres se pressent, se mêlent , se confondent. Une invisible main les pousse à travers un étroit passage, vers une porte qu’ils se hâtent de franchir. Au-delà, que se trouve-t-il? ils le sauront tout-à -l'heure. A présent, ils n'ont pas le temps d’y penser.

La Mkmnais.

LA CROIX

Les derniers murmures du jour Expirent dans le silence ,

Et la reino des nuits , qui lentement s’avance , - Blanchit les gazons d’alentour.

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