I.E BONHEUR
Vous pouvez un instant dérober nos misères , Mais vous ne pouvez pas nous donner le bonlieur. Pour goûter ce bonheur, immortel comme l'âme , Il faut, sans nous troubler, regarder le trépas , Et que de plus en plus une céleste flamme Éclaire notre esprit et dirige nos pas ; Il faut abandonner aux enfants de la terre La basse ambition de régner quelques jours ; Leur laisser en pâture un plaisir éphémère , Et vers l'éternité poursuivre notre cours : C'est là que nous attend celte gloire immortelle, Seule capable enfin d'assouvir notre cœur; Car ce vague désir, que notre âme recèle, Est le désir certain du suprême bonheur.
Janvier 1827.