‹ L'âme et la solitudeChapitre 35 sur 41 · MON FILS · texte numérisé non relu

MON FILS

J'aime à saisir en tout, même dans ton silence, Le germe à peine éclos de ton intelligence ; Et quand près de ta mère, et malgré ton courroux, Je te prends dans mes bras, debout sur mes genoux, Il me semble bientôt que ton instinct devine Ce mouvement profond qui bat dans ma poitrine. (Qu'importe si, petit, lu ne peux me parler? De ta langue, ô mon fils, mon cœur sait le mystère, Et dans chaque caresse il te voit épeler Une lettre au doux nom de père.

Quand ta main ingénue erre à mon front rêveur.

Je sens entre tes doigts la grâce qui s'ignore

Me couvrir tout entier de paix et de bonheur.

Tel aux jours de printemps un seul rayon d'aurore ,

Se jouant au gazon que son pourpre colore,

Sème mille saphirs à l'urne d'une fleur;

Tel en ton beau matin , mais plus suave encore ,

D'un seul de tes baisers tu parfumes mon cœur.

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