L\ MOUT
11 ne cherclie qu'à se dislraire
De ses destins et des douleurs.
Des vagues de la vie effleurant la suiiace,
11 se cache leur profondeur.
Et son unique efl'oit tend à voiler la face
Du fantôme qui lui fait peur.
Lui cependant s'attache à ses pas comme une onihre. Et , sous l'amas pompeux de ses déguisements, Il laisse quelquefois passer sa tête sombre
Et tressaillir ses ossements.
Il est de nos festins , de nos jeux . de nos fêtes ; On dirait qu'il s'est fait messager du plaisir, Et c'est sa froide main qui parfume nos têtes
Des roses qu'elle va flétrir ;
O vous, dont le regard fasciné par la vie
iNe voit sur le tombeau que de sombres couleurs ,
L'abandon des humains, la doideur, l'agonie,
La châsse, le sépulcre et toutes ses horreurs,
Arrêtez , dissipez une erreur si funeste,
Ou, si vous repoussez tout généreux efl'ort.
'i6 ! V MOm
Ah! du moins, pour tlalter ce souille qui vous reste,
Ne calomniez pas la mort.
Quand elle apporterait l'apparence hideuse.
Enfant de nos lâches terreurs .
Dis-nous , loi dont la vie est appelée heureuse. Me ressens-tu jamais aucun vide en ton cœur? Le souris sur ta lèvre erre-t-il donc sans cesse?... Ah ! si perçant enfin cette nuit qui le presse, l/homme sur cette terre arrêtait ses soupirs, Que d'objets de dégoût! les mensonges, les vices, La vanité des biens, le monde et ses délices Dont les tristes faveurs énervent les désirs ; Les forfaits des méchants , les faiblesses du sage , Les combats . les assauts, les cris des passions ; La vertu méconnue , exposée à l'orage , i\e rencontrant jamais qu'ingrates régions; Partout même redite et même jouissance ; Trouvant dans le présent les langueurs du passé ,. Le cœur, laissant tomber sa dernière espérance, Vaincu par le néant, sent qu'il s'est abusé. Alais non. Qu'il soit heureux ! Que la mélancolie Peigne loin de ses yeux ses lugubres tableaux !