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dire qu’il n’y a pas de rapport constant entre le siège, l'étendue et la nature des lésions de l’encépale et l’altération des facultés mentales ; quand M. Lélut dit à son tour que la paralysie générale existe sans altération encéphalique appréciable; quand on entend d'autres savants également autorisés prétendre qu’il y a des lésions organiques sans lésions de fontions correspondantes, et des lésions de fonctions sans lésions organiques, on se demande si l'accord réclamé par M. Parchappe lui-même entre l’altération de la substance blanche ou grise et l’altération des facultés de l'âme existe en réalité dans la nature, chez tous les malades, ou bien seulement dans le livre de M. Parchappe et à l'asile de Saint-Yon. Quand on lit dans les annales de la médecine qu'un homme a toute une portion de cette substance grise corticale si précieuse détruite, et que son état intellectuel n a rien offert de remarquable , qu'une épileptique paralysée du côté gauche a conservé pendant quarante ans le parfait usage de ses facultés intellectuelles, et qu'on a pu constater après sa mort une atrophie totale de l'hémisphère droit; que des blessés dont la moelle épinière était coupée dans toute son épaisseur, n'ont pas cessé de mouvoir tous leurs membres; que des fœtus ont vécu plusieurs heures sans moelle ni cerveau, on se demande ce qu’il est possible d'affirmer, ce qu'il est possible de croire après de telles oppositions dans la science et de semblables contradictions dans les faits. Les faits sont-ils donc comme les lieux communs de
DU SIÈGE DE L'AME. 33 la rhétorique, où chacun peut venir puiser des arguments pour sa cause, quelle qu'elle puisse être ?
C’est qu’il y a dans la difficulté de l'observation des causes d’erreur telles qu’elles expliquent ces contradictions; mais alors les faits n’ont plus cette valeur absolue qu’on veut leur donner. De ces deux façons d'instituer des expériences pour déterminer les fonctions organiques du cerveau , celle de M. Flourens et celle de M. Parchappe, expérimenter sur des animaux vivants dont on altère ou détruit des portions déterminées de substance, ouvrir et regarder l’encéphale d'un homme dont on a connu, vivant, l’état mental, la seconde est-elle donc plus sûre que la première? Toutes deux ont leurs causes d'erreurs, aucune n'est infaillible.
Déterminer rigoureusement la nature de la lésion mentale : rien n’est déjà plus difficile à remplir que cette première condition. Observer, après la mort, le siége, l'étendue, la nature de la lésion organique : mais la loi défend de procéder à l’autopsie d’un cadavre qui n’est pas encore refroidi. Cette autopsie ne doit se faire et ne se fait généralement que vingtquatre heures environ après la mort. Tout ce temps quin'a-pas été employé par l’anatomiste, il n’a pas été perdu par la mort, par les forces chimiques et les lois infatigables de la nature; elles ont travaillé déjà à rentrer en possession de cette matière organisée; c'est l’encéphale qui, vivant, était malade, c’est sur l’encéphale mort que ses forces agiront peut-être le plus
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