ME
point la multitude des corps ni peut-être l’infinité de la matière ; ce n’est pas mème la variété des substances
LE
a a. D md nd nn
na
et de leurs propriétés; ce sont bien plutôt les lois qui
en
régissent l'univers, qui en font un tout harmonieux, un monde, un cosmos. De ces propriétés ou de ces lois, il en est quelques-unes qui sont particulièrement admirables ; la plus belle de toutes celles que l’homme a découvertes est la loi de l'attraction universelle. Les anciens ne s’expliquaient pas comment le monde pouvait ne former qu'une seule masse toujours ramassée
ER
de te de he a
LT
ES
Le eq 5 TR,
sur elle-même; ils ne s’expliquaient pas comment cette masse ne se brisait pas en morceaux, ne se répandait pas, ainsi suspendue dans le vide; comment les parties ne s’en détachaient pas les unes des autres, |
EE PRE nes -. ES th -
ainsi qu’une colonne d’eau abandonnée à elle-même tombe et se résout en gouttes de pluie; comment la terre se soutenait dans l’espace, comment les cieux ne s’écroulaient pas sur leurs têtes. Leur imagination jenorante forgeait de grossières inventions pour rendre compte des faits : ils supposaient un Atlas soutenant le monde sur ses épaules ; 1ls élevaient autour de l'univers des murailles d’airain, mania ahenea mundr, pour le limiter et le contenir, ils faisaient solide la voüte des cieux et semblable à un cristal transparent. Plus près de nous, lorsque Colomb, pour justifier ses espérances de découverte, disait que la terre était ronde, on lui répondait que son vaisseau serait alors entraîné sur la pente inclinée des flots, et qu'aux limites de l’autre hémisphère il serait précipité sans fin dans les abîmes du néant. Avec la loi de l’attraction disparaissent toutes ces chimères et toutes ces craintes; plus de géant Atlas, plus de murailles du monde, plus de cieux de cristal, et cependant le monde ne se disloque pas de toutes parts, les cieux et les étoiles ne s’écroulent pas sur nos têtes ; toutes les parties de l’univers sont attachées les unes aux autres par une force bien autrement puissante. Avec l'attraction, les différentes planètes ne fournissent pas dans le vide des carrières isolées ; elles gravitent autour d’un centre, elles sont attirées par lui et elles l’attirent; elles s’attirent les unes les autres, et un monde entier soutient sans doute avec les autres mondes les mêmes rapports que les membres d'un même monde
entre eux. Dés lors, l’univers est bien un : il n’est pas un atome, füt-il aux limites les plus reculées, qui soit isolé et impuissant; chacun agit sur tous et tous agissent Sur chacun; l'attraction rend solidaires toutes les parties de l’univers.
À quel propos cette digression, quel rapport existe entre le système du monde et l'âme humaine, entre l'attraction universelle et la sensibilité? Ce n’est point là une digression intempestive; ce rapport est une véritable analogie. Le rôle que joue l'attraction dans le monde matériel, attachant tous les corps les uns aux autres, est celui que remplit la sensibilité pour l'âme humaine. Sans la sensibilité, chaque esprit, chaque âme individuelle est isolée dans la création, isolée des autres créatures, des esprits semblables à elle, isolée même de son créateur. Elle ressemblerait à cette monade de Leïbnitz qui continuerait d'exister et d'agir dans sa solitude, si le monde était anéanti , parce qu'elle ne communique pas avec lui. La sensibilité établit une communication nécessaire entre l'âme sensible et tout ce qui existe; elle la met à ça place dans l'univers en l’unissant par des liens cachés à toutes les parties qui le composent, elle la fait entrer dans le concert du monde en la soumettant à l’action de tous les corps et du sien propre, à celle des autres âmes, à celle de Dieu. Cette destination première et essentielle ést bien celle de la sensibilité.
Enlevons à l’homme la puissance de sentir: supposons-le, par impossible, raisonnable au plus haut
* | | k nn ( n Û M:
à 5 r FL | : | ‘M *.