YA TE
Ce
er
PR
nitale, et qu'il a, dans le sein maternel, commencé par exagérer la vitalité du fœtus avant de l’opprimer en altérant l'organe ? D'ailleurs la puissance excitante de la cause morbide n’est pas tellement effacée, même dans lidiotisme complet, qu’on ne puisse en saisir encore les effets au milieu de la torpeur et de l’inertie habituelles et apparentes de l’idiot de naissance. Les idiots sont souvent réduits à une extrême faiblesse musculaire; de plus, les organes étant lésés, ils sont généralement incapables d'imposer à leurs mouvements la mesure et la régularité ; cela n'empêche pas qu ils ne dépensent une forte somme d'énergie locomotrice. Par exemple, ces tristes êtres que l’on nomme gâteux dans les asiles, qui ne peuvent même satisfaire volontairement et avec conscience aux besoins de la nature, qui ne savent qu'avaler les aliments qu’on introduit dans leur bouche et mourraient de faim devant leur nourriture s’il leur fallait la porter eux-mêmes à leurs lèvres, sur la chaise où ils passent leur vie sans la quitter, sont dans une inquiétude continuelle: l’agitation sur place, la turbulence, remplace chez eux la locomotion régulière et ressemble singulièrement à l'agitation maniaque. Ajoutez à cela les fréquents accès d'épilepsie ou d’hystérie qui impriment à toute leur organisation les plus terribles secousses : songez que, si ces créatures sont incapables des sentiments moraux sur lesquels la société repose, les instincts brutaux, les appétits charnels, les passions égoïstes, acquièrent chez les idiots et les imbéciles une violence incoer-
LE GÉNIE, LA FOLIE ET L'IDIOTISME. 203 cible; que, hargneux, rageurs, méchants, voleurs, ils se livrent irrésistiblement aux actes de la plus honteuse lubricité, et vous penserez que, dans les limites étroites où le mal a renfermé dès avant sa naissance l'activité de l’idiot, la surexcitation nerveuse est bien plus encore que la torpeur l'effet et le symptôme de l'idiotisme. L'idiotisme, l’imbécillité congénitale ou acquise dérivent, de la même cause générale et suivent la même marche que la folie.
La scrofule et le rachitisme, quelque différence qu'il y ait entre ces deux vices constitutionnels et quoiqu'il ne faille pas confondre absolument les scrofuleux et les rachitiques avec les fous et les idiots, sont cependant des maux de la même famille et des vices de la même constitution. Le plus souvent ils coexistent chez le même sujet, et l’idiotisme et l’imbécillité recrutent principalement leurs victimes parmi les individus atteimts déjà de ce double mal. Si cette simultanéité ne suffit pas pour qu'on puisse rapporter légitimement ces différents maux à la même cause générale et à la même constitution organique, que l’on observe comment se comportent le rachitisme et la scrofule, quels effets 1ls produisent sur les organes et les facultés intellectuelles. Le défaut d'harmonie dans les formes, le manque de proportion entre la tête, le tronc et les membres distinguent à première vue l'enfant scrofuleux ; le corps est débile, les membres trop longs ou irop courts, la tête surtout est trop forte; plus tard une structure gigantesque, un extrême embonpoint
ou une taille de nain, une effrayante maigreur, signalent également le vice serofuleux chez le jeune homme : enfant, le malade semble plus vieux que son âge; homme, il paraît plus jeune. Ce perpétuel contraste est dû à une distribution irrégulière des forces organiques : ici, la vitalité exagérée développe outre mesure certaines parties du corps; là, rare et impuissante, elle a peine à ébaucher des organes atrophiés. L'aspect du rachitique ressemble singulièrement à celui du-scrofuleux : même disproportion d'un crâne exagéré et de membres grêles, courbés et mal attachés au tronc. Les médecins de tous les âges attribuent le rachitisme à une irrégularité particulière de la nutrition ou de la vitalité : ici trop active et distribuant à la tête une nourriture, une vie surabondante ; là insul-
fisante et refusant leur juste part aux membres, aux
muscles et aux’0s. En définitive, le rachitisme, comme la scrofule, a pour cause une surexcitation du système nerveux, une concentration de la vitalité sur certains organes et particulièrement sur le cerveau.
Scrofuleux et rachitiques offrent à l'observateur les mêmes phénomènes intellectuels; la précocité de l'intelligence est un fait aussi fréquent chez les uns que chez les autres, au point qu’une raison prématurée, une imagination trop vive, une sensibilité trop exaltée, une intelligence supérieure à son âge, doivent, même en l'absence de tout symptôme physique, faire craindre la scrofule ou le rachitisme chez l'enfant qui maniieste ces facultés extraordinaires. « Le sang, dit Cabanis,
peut se porter en plus grande abondance vers le centre cérébral commun, et se trouver doué de qualités stimulantes extraordinaires, lesquelles, pour le dire en passant, paraissent tenir à certaines circonstances capables de troubler en même temps l’ossification. Ainsi donc, tandis que le sang abonde dans les cavités du cräne et de la colonne épinière, tandis que les fonctions des organes qu’elles renferment se trouvent fortement excitées, les parois osseuses affaiblies cèdent à l'impulsion intérieure ; ces cavités s’agrandissent, l'organe cérébral acquiert plus de volume et d'activité. Quelquelois même les organes des sens deviennent directement plus sensibles, acquièrent plus de finesse. On voit clairement que les fonctions du cerveau doivent ici prédominer sur celles des autres parties. Les dispositions analogues de tout l’épigastre, où semblent se former, et que mettent en effet plus spécialement en jeu les affections de l'âme, doivent alors en multiplier les causes, en augmenter la force, aiguiser, pour ainsi dire, presque toutes les impressions dont elles sont le résultat. Toutes choses d’ailleurs égales, le moral doit être plus développé. Et c’est aussi ce qu’on observe ordinairement chez les enfants rachitiques ; car les faits contraires, notés par quelques écrivains, paraissent n'être qu'une exception rare dans nos climats; et, d’ailleurs, ils s'expliquent par certaines circonstances particulières qui ne tiennent pas toujours à la maladie primitive et dominante. »
Considérez enfin la généalogie ou la descendance
Dr
me
mm nel RO gts - te ue) ”
nn
es
DA ci msi