‹ L'âme et le corpsChapitre 33 sur 44 · FREE · texte numérisé non relu

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La constitution organique individuelle que tout homme apporte en naissant est {créée par la nature, quand elle forme l'embryon dans le sein maternel, en vertu de l’une ou de l’autre de ces deux lois. Ou bien la nature se répète, s'imite, se copie elle-même et faconne le corps de l'enfant à l’image de ceux de ses parents, ou bien, toute-puissante, indépendante et comme capricieuse, elle crée, sans modèle, un type nouveau, étranger à la famille que l'enfant va pour ainsi dire transformer, régénérer ou abâtardir. La loi d’Aérédité est celle que s’impose le plus ordinairement la nature et qu'elle suit avec le plus de complaisance ; la loi d'ennéité est plus rarement appliquée par elle. Les conséquences de la première expliquent la seconde et ses effets, qui deviennent ainsi la confirmation de la première. C'est un fait incontestable et incontesté que la transmission fréquente des parents aux enfants par voie séminale des traits du visage, des formes et de l'habitude extérieure du corps. Le père et le fils ne sont bien souvent, à les regarder, que le même homme à des époques différentes de la vie; ou bien le fils et la mère sont comme la même individualité physique rereconnaissable sous la diversité des sexes. Ou bien encore l'héritage de la ressemblance corporelle passe, comme la fortune, par-dessus une ou plusieurs générations ; le petit-fils rappelle l’aïeul, et pourra revivre à son tour dans un de ses lointains descendants. L’atavisme n'est qu'une particularité de l’hérédité naturelle. La ressemblance nes’arrête pas à la configuration

LE GÉNIE, LA FOLIE ET L'IDIOTISME, 209 extérieure du corps et du visage, elle peut être plus profonde encore; la conformation des organes intimes, la composition des tissus et des fluides se transmettent par la même voie d’une génération à une autre. Elle n’est pas seulement plastique ; l'enfant peut hériter du tempérament, de l'énergie vitale de quelqu'un de ses ascendants, ét, dans un corps extérieurement semblable à celui du père ou de l’aïeul, des organes semblables à ceux de l’aïeule ou de la mère accomplissent semblablement leurs fonctions. Comment ne pas penser que ce qui a lieu dans l’état sain se passe à plus forte raison dans l’état de maladie, qu une constitution vicieuse se transmet avec d'autant plus de fréquence et de facilité que le mal a fait subir à l'organisation des parents de plus profondes modifications ?

Mais ce fait de la transmission héréditaire que personne ne refuse d'admettre pour les caractères physiques, le tempérament, les qualités, les vices et tout le détail de la constitution organique, on ne veut pas le reconnaître, on le nie, quand il s’agit des facultés, des aptitudes intellectuelles et des caractères moraux. C'est que l’on se cantonne opiniâtrément dans une théorie philosophique étroite et fausse, c’est qu’on observe mal les faits si nombreux exposés à nos regards, c’est qu'on donne de la loi d’hérédité une interprétation littérale et inintelligente. On veut toujours considérer les facultés intellectuelles et les phénomènes de la vie morale comme s'ils étaient absolument indé-

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