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idées ou des volontés, doivent aboutir aussi à un même organe, pour que l'âme puisse recueillir toutes ces sensations et toutes ces idées dans le phénomène général de la conscience qui exprime sa vie et son état en un moment donné. Ainsi pensent généralement les philosophes. Beaucoup de physiologistes trouvent aussi d'excellents arguments, soit dans la constitution homogène et mystérieuse de la masse encéphalique, où le commun des hommes place habituellement le siége de l'âme et qui paraît bien être le centre de tous les autres organes, soit dans des expériencés instituées par la nature ou par l'observateur, et qui semblent circonscrire le siége exclusif de toutes les facultés intellectuelles dans une région déterminée de l’encéphale, Sans avoir d'opinion préjugée, peut-être même sans pouvoir s'en former une après plus ample information, 1] n'est pas moins curieux de voir comment vulgaire et penseurs, philosophes et physiologistes ont logé l'âme dans le corps, et quelles raisons puériles ou savantes 1ls ont données de leurs hypothèses,
Si nous consultons les formules ordinaires du langage, expression de l'opinion commune, il semble qu'il y ait deux organes plus particulièrement en rapport avec l'âme, la tête et le cœur, et que chacun ait des attributions différentes. Les façons de parler
DU SIÉGE DE L’AME, 7 usitées paraissent faire du cerveau le siége de l’âme qui pense, et du cœur l'organe par où l’âme sent, Nous disons : c’est une forte tête, c’est une tête sans cervelle, du penseur profond ou de l'esprit frivole, Un homme sans cœur, sans entrailles, un bon, un mauvais cœur, un cœur dur ou sensible, sont des expressions que tout le monde emploie et comprend, et dont on trouve facilement les équivalents dans toutes les langues. Ces manières de dire viennent de ce que nous savons, par notre expérience personnelle ou par l'observation d'autrui, que le trouble des idées suit le trouble du cerveau, que les sentiments agissent particulièrement sur le cœur, dont ils ralentissent ou accélèrent les battements. Elles ne sont certainement pas rigoureuses et ne représentent pas nécessairement une doctrine bien arrêtée dans l'esprit de tous ceux qui en font usage; mais nous y trouverons l’explication de l'opinion de quelques philosophes, surtout de quelques anciens, sur le siége de l'âme.
Platon distinguait dans l’homme trois âmes différentes, ou plutôt deux âmes, l’une immortelle et divine, l'autre périssable et divisible, composée de deux parties. C'est cette division que représente la fameuse allégorie des chars dans le Phèdre. L'âme divine et immortelle, c’est l’âme raisonnable, Noës ; la meilleure partie de l’âme périssable, c’est le courage, le principe des passions généreuses, Obyes; la partie pire et grossière, c’est le désir, l’appétit brutal, la concupiscence, Ervyix. Les deux parties de l’âme
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