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l'exercice des fonctions organiques ou de nutrition. Or, cette science anatomique du système nerveux oserait-elle dire qu'elle a atteint ce double ou plutôt ce quadruple but, qu'elle est capable de l’atteindre, qu’il est même dans la nature des choses qu'elle l’atteigne ? »
Voilà les timides; 1l en est de plus hardis ou de plus savants.
Chacun sait, ne füt-ce que pour l'avoir appris sur les bancs du collége, que l’encéphale sé compose de trois parties principales assez distinctes à vue d'œil, sinon par la nature de leur substance, du moins par leur forme, leur grosseur ou leur situation; d’une première masse plus considérable à l’avant et au sommet de là tête, le cerveau proprement dit, divisé en deux hémisphères ; d’une seconde masse d’un moindre volume et à peu près de même forme, divisée aussi en deux parties semblables, le cervelet; enfin, d’une sorte de gros cordon qui fait suite au cervelet, la moelle, allongée, dont le prolongement va s’enfouir dans la colonne vertébrale sous le nom de moelle épinière. Ces trois parties principales de l'encéphale ont paru assez nettement distinguées par la nature qui les a faites, pour qu’un grand nombre de physiologistes les considérassent comme des organes différents, tantôt subordonnés l’un à l’autre, tantôt indépendants, et auxquels l'observation permettrait d’assigner des fonctions plus ou moins nettement définies.
M. Flourens est, de tous ceux pour qui cette division opérée par la nature a un sens manifeste , celui qui, après de longues et patientes expérimentations , au prix de nombreuses hécatombes, a le plus netiement attribué sa fonction à chacune de ces portions du système cérébral et nerveux. La moelle épinière est pour lui l'organe de la sensibilité et du mouvement ; la moelle allongée, le siége du principe de la respiration et de la vie; le cervelet, le siége du principe qui règle et coordonne les mouvements de translation, le cerveau , l'organe exclusif du principe intelligent. fl en est qui se rangent à peu près à cet avis, SADS Y rien changer d’essentiel; il en est qui le trouvent trop absolu et veulent en atténuer seulement l'expression trop catégorique. M. Longet, par exemple, attribue aussi au cervelet la coordination des mouvements de translation , au cerveau l'influence sur les manifestations de l'intelligence et de la volonté; mais il efface légèrement les lignes trop accusées : ces influences sont générales , elles s'appliquent plus spécialement à ces objets; rien d'absolu. L'opinion de M. de Serres est aussi plus vague et satisfait moins la curiosité. La moelle allongée lui paraît servir d’excitateur de la sensibilité et de la motilité générales, le cervelet remplir les mêmes fonctions pour les membres locomoteurs, et les hémisphères cérébraux jouer le même rôle pour les facultés intellectuelles ; mais toutes ces excitations sont simultanées; chaque partie de l’encéphale concourt à sa facon, l'âme gouverne le tout ; les attributions
particulières s’effacent dans le jeu de l’ensemble. Quel est encore ici l'organe de l’âme? L'encéphale tout entier.
M. Flourens demeure donc jusqu’à présent le plus explicite, sans approcher toutefois de ln précision si chèrement achetée au prix de l’invraisemblance et de l'arbitraire par Descartes, Willis, Fernel et quelques autres. L'organe de l’âme est nettement, quoique larsement encore défini par lui; et ce siége, quoique vaste, est unique : les hémisphères du cerveau. Mais il est distancé de bien loin par d’autres physiologistes qui, usant d’une autre méthode, prétendent avoir pénétré plus avant dans les secrets de la nature.
Nous avons vu jusqu'ici les physiologistes diviser l'encéphale de toutes les façons, s’attacher aux moin dres lignes tracées par la nature dans la configuration du cérveau, quand ils n’en dessinaient pas d'imaginaires. Il semble qu’il n°y ait plus rien à inventer, plus d'élément nouveau de distinction. En voici un cependant auquel on n’avait pas encore songé : la couleur. Deux substances différentes de contexture , Mais surtout d'aspect, l’une blanche, l’autre grise, concourent à former l’encéphale. Elles s'acCOMpagnent, se suivent, se superposent, tantôt celle-ci enveloppant celle-là, tantôt celle-là recouvrant celle-ci, paraissant tour à tour à la surface ou disparaissant dans la profondeur. Evsÿzxx, voilà le secret : ce h'était point la figure ni la situation des parties qu’il fallait consulter, mais la couleur. Ajoutez à cette découverte la théorie
DU SIÉGE DE L’AME. 23 généralement proposée par les psychologues des facultés de l'âme au nombre de trois principales : l’intelligence, la volonté, la sensibilité, et l’on aura bien du malheur si, avec des éléments aussi neufs, on ne découvre pas soit le siége unique de l'âme, soit les siéges différents où elle se manifeste intelligente, volontaire et sensible.
MM. Foville et Pinel-Grandchamp font, de la substance grise qui recouvre les hémisphères du cerveau, le siége organique de l'intelligence, et de la substance blanche cachée sous les mêmes hémisphères, lessiége organique de la volonté locomotrice. IL est fâcheux qu'il n'entre pas dans la composition du cerveau une troisième substance d’une troisième couleur; elle logerait tout naturellement la sensibilité, et la théorie psychologique des facultés recevrait de la physiologie la consécration la plus éclatante, la trinité des facultés de l'âme marchant de pair avec la trinité des substances d'un cerveau tricolore. Mais cette troisième substance n'existe pas ; où donc loger la sensibilité ? Exilée du cerveau, elle trouve asile dans le cervelet. On dira peut-être que Le cervelet, lui aussi, se compose de deux substances, blanche et grise; si une seule suffit à l'intelligence , une seule à la volonté, pourquoi deux seraient-elles nécessaires à l'exercice de la sensibilité? On pourrait dire encore bien d’autres choses.
Toutefois, cette opinion est sérieuse et appuyée, solidement je ne sais, sur de nombreuses observa-
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