‹ L'ame et le systáeme nerveuxChapitre 33 sur 82 · TROUBLES DES PERCEPTIONS · texte numérisé non relu

TROUBLES DES PERCEPTIONS

Troubles des sensations. — Toutes les qualités des sensations peuvent être troublées de trois façons :

i° La réaction sensorielle â une irritation est affaiblie ( hypeslhésie), ou môme annulée jusqu’à Vinsensibililé complète ou anesthésie ;

2 ° La réaction sensorielle à l'irritation est augmentée (hyperesthésie), ou môme il se produit une sensation sans irritation périphérique (hallucination élémentaire ) ;

3° Des sensations singulières, anormales, pathologiques se produisent ( paresthésies ).

Ces phénomènes peuvent se passer dans le domaine de tous les sens et reposer tout aussi bien sur des troubles fonctionnels que sur des troubles organiques. Exemples : On ne sent plus des piqûres d’épingles réelles (anesthésie cutanée). Un petit bruit est fortement et douloureusement ressenti (hyperesthésie de l’ouïe). On ressent des fourmillements dans un membre, ou ce membre fait l’effet d'ôlre recouvert d’une pelisse (paresthésie du loucher), ou encore on a des bourdon nements d’oreilles (paresthésie de l’ouïe). Tous ces phénomènes peuvent avoir, soit une cause organique, soit une cause fonctionnelle. Les douleurs de toute espèce, sans cause organique correspondante, sont du domaine de l'hyperesthésie ou de la paresthésie. Le bourdonnement d’oreilles et la vue d’étincelles (qui n'existent pas !) peuvent être désignés du terme d’hallucinations élémentaires, quand ils ne sont causés par aucune irritation extérieure. Mais la différence n’est guère que théorique; il est rare que les paresthésies soient «lues à une irritation périphérique.

Troubles des perceptions, ou hallucinations et illusions. —

On fera bien de désigner ces troubles, avec Krajpelin, du terme général de perceptions illusoires. Quand le malade voit ou sent des objets, ou entend des complexions articulées de sons, sans qu'en réalité aucun complexus correspondant d’irritations extérieures ne vienne atteindre sa rétine, sa

l/ ( 2 PSYCHOPATIIOLOGIE ET NEUIIOPATHOLOGIE GÉNEHAI.ES

peau ou son oreille, on parle d'hallucination. C’est par exemple le cas quand il entend la voix d’une personne connue qui, en réalité, ne parle pas et n’est pas là. Par hallucination négative on entend inversement, avec Bernheim, la non-perception d'irritations qui en réalité viennent affecter nos organes sensoriels. Si, les yeux ouverts, en plein jour, sans être du reste aveugle, je ne vois pas un homme placé devant moi, je l’halluciné négativement (il disparaît pour mon esprit). Ce phénomène est facile à produire par l’hypnotisme, mais on l’observe aussi chez certains aliénés. Par illusion (positive ou négative), on entend une hallucination incomplète, dans laquelle, par exemple, on voit un homme qu’on connaît et qui est bien réellement là, avec un visage noir, des yeux flam boyants, peut-être même avec des cornes sur la tête. Ici, l’illusion des attributs du diable n'esl qu’une hallucination superposée à la vue d’un objet réel. Un aliéné qui vit subitement disparaître devant lui tous les fusils d’une compagnie bien réelle de soldats, nous donna par là un bon exemple d’illusion négative. Citons encore les illusions de l’ouïe, dans lesquelles le malade, qui entend des bruits réels, par exemple les pas des passants ou le chant des oiseaux, les perçoit com binés avec des voix humaines hallucinées qui l’insultent.

Par perceptions illusoires réflexes (hallucinations ou illusions réflexes), on entend celles d’un sens qui sont évoquées par les perceptions normales d’un autre sens. C’est ainsi qu’une de mes malades haliucinait régulièrement des coups de bâton reçus par elle, chaque fois qu’une clé venait à tourner dans la serrure de la porte.

On peut aussi hallucinée des mouvements, par exemple percevoir des mouvements de son propre corps, lorsqu’on ne les a pas exécutés.

• Ceux des sens qui, normalement et à eux seuls, ne fournissent aucune association distincte dans l’espace ni dans le temps, et, parlant, aucune perception définie (l’odorat, le goût et les sensations viscérales), sont incapables d’évoquer

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