‹ L'ame et le systáeme nerveuxChapitre 9 sur 82 · DOMAINE DE LA VOLONTÉ · texte numérisé non relu

DOMAINE DE LA VOLONTÉ

à peine imaginable sans mouvement ou changement. En ellet, quand bien môme nous pouvons penser activement en reposant au fond de notre lit, nous ne devons pas oublier que le contenu de nos pensées est en rapport constant avec des mouvements antécédents et n’aurait pu parvenir sans eux à notre cerveau. On ne peut se représenter la vie mentale d'un homme qui aurait été planté dès sa naissance, immobile comme un arbre. En outre, quand nous pensons, nous avons le sentiment d'un mouvement intérieur. Nos pensées marchent pour ainsi dire d'un point à l’autre de notre cerveau, c'est-à-dire qu'en réalité le centre d’activité de la concentration attentionnelle s’y déplace.

La force de la volonté peut être prise dans plusieurs sens. On peut y comprendre la faculté de former de solides résolutions à l’aide de pensées et de sentiments, puis celle de transformer rapidement et sûrement les résolutions en actions, mais avant tout le don de poursuivre avec une persévérance inébranlable tout but qu’on s’est une fois proposé. La défectuosité de l'une ou de l’autre de ces facultés suffit souvent pour paralyser la volonté. L’impulsivité et l'entêtement sont encore loin de constituer la force de la volonté. L’indécision paralyse la persévérance, et la lâcheté, l’accomplissement de bien des résolutions, etc.

A l’aide d’un exemple pris dans la vie de tous les jours, nous nous sommes enfoncés au centre de la psychologie, et nous avons appris à connaître en quelques traits ses trois grands domaines :

i° Le domaine de la connaissance qui se constitue par la combinaison et l’adaptation réciproque des impressions de nos sens (engrammes);

2 0 Le domaine du sentiment, c’est-à-dire de l’impression émotive générale et centrale, non localisée, de notre cerveauâme ;

3° Le domaine de la volonté et du mouvement, dontl’énergie projette les impressions et les états du cerveau-âme à l’exlé-

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l8 PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE LAME)

rieur sous forme d’actions. Nous reconnaissons aussitôt que le premier domaine contient des éléments centripètes, c’està dire conduisant au centre de l’âme, tandis que le second domaine parait être à peu près purement central, et que le troisième développe des activités centrifuges, c’est-à-dire conduisant du centre de l’âme au monde extérieur à l’aide des muscles.

Passons maintenant à la courte définition de quelques autres notions psychologiques.

Logique et loi de causalité. — Lorsque, parlant d’étals actuels ou antécédents de mon âine, je conclus à l’existence ou aux rapports de phénomènes actuels, passés ou futurs, je porte ce qu'on appelle un jugement ou je tire une conclusion. Un jugement peut être juste, faux, ou partiellement exact. On m’accordera qu'il est éminemment important pour l'homme de juger avec exactitude du présent et de l’avenir, même d’une bonne partie du passé. Le jugement est en rapport intime dans la loi de causalité qui nous dit : « Aucun elTel n'existe sans cause antécédente. » Mais, au fond, la loi de causalité en revient elle-même à celle de la conservation de l’énergie qui nous dit : « Dans le monde des phénomènes, que seuls nous connaissons, rien ne sort de rien; pas un atome, pas une étincelle d’énergie ne se perd. » Donc, lorsque quelque chose semble disparaître ou apparaître, il ne s’agit que d’un changement de place (mouvement) ou d’une transmutation de qualité. Toute forme de l’énergie universelle provient d'une autre forme par action et réaction. On nomme la première cause et la seconde effet ; on pourrait tout aussi bien dire action et réaction au lieu de cause et effet. Apparemment nous jugeons de deux façons : par induction et par déduction.

Dans le jugement par induction ou par analogie, nous concluons à la connexité intime de certains phénomènes et à leur rapport de cause à effet, par l’observation de leur fréquente simultanéité ou de la façon particulière dont ils s'appellent

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