PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE [/AME
sont innés et instinctifs chez l'homme normal. Celui qui n'en possède pas trace est un monstre, un idiot moral, un criminel-né. Certains théoriciens ont voulu bâtir l'éthique sur les intérêts de l'égoïsme pur. C'est là une grave erreur. Jamais une raison pure, dénuée de tout sentiment, ne pourra conduire à une morale sociale juste. Mais il est tout aussi faux, quoique fort usuel, de prétendre que l'égoïsme, c'est-à-dire la somme des sentiments qui se rapportent au moi, constitue une antinomie de l'altruisme, c'est-à-dire des sentiments éthiques ou de sympathie. Un être social idéal devrait au contraire présenter l'harmonie la plus complète entre l'égoïsme et les sentiments de sympathie, c'est-à-dire que chez lui tout membre de la communauté devrait éprouver la plus haute jouissance, en satisfaisant celle des autres et de toute la société. C'est ce que nous observons dans les communautés des fourmis et deabeilles. Si une jouissance sociale aussi complète et bien adaptée existait chez l'homme, il y a longtemps que nous aurions le paradis sur la terre. Nous n'aurions besoin ni de lois, ni de gouvernements, ni de châtiments. Malheureusement, les sentiments moraux des hommes sont très incomplets. La bête féroce ancestrale qui jouit de la douleur des autres, ou qui tout au moins satisfait son égoïsme aux dépens de ces derniers, est encore bien trop vivante en nous. Le seul commandement moral d'une humanité sociale et idéale serait : « Aime ton prochain comme toi-même et l'humanité, surtout nos descendants, plus (pie toi-même ou que tout autre individu. » Mais si l'on y ajoute : « Aime tes ennemis et bénis ceux qui te persécutent », nous sommes obligés de répondre : « Tant qu'il y aura des ennemis parmi les hommes, une éthique pure et spontanée sera ^impossible et l'on sera obligé d'user d'expédients artificiels. » Il y a donc deux sentiments combinés dans les sentiments éthiques : l'amour ou sympathie, qui est un pur sentiment de plaisir, el la conscience morale. La conscieiu-e morale ron-islr en une série de sentiments pénibles (sentiments de déplaisir), qui prennent naissance lorsque