‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 19 sur 78 · ESTHÉTIQUE · texte numérisé non relu

ESTHÉTIQUE

nous faisons du tort à d'autres, lorsque nous désirons ou faisons quelque chose de mauvais ou d'antisocial, et qui nous poussent à éviter d'accomplir de mauvaises actions et au contraire à en exécuter de bonnes, c'est-à-dire de sociales ou altruistes. La conscience s'éveille aussi lorsque nous n'accomplissons pas une action bonne et sociale que nous pourrions et devrions faire, parce qu'en la négligeant le mal se produit. La conscience morale exige de nous qu'au mépris des appétits égoïstes qui nous poussent à jouir, nous fassions ce que nous appelons notre devoir, c'est-à-dire ce que nous croyons devoir faire pour le bien des autres et de la société, et que nous nous abstenions de faire ce qui léserait notre devoir. On voit donc que si nous voulons faire notre devoir selon notre conscience, nous avons à accomplir des combinaisons de représentations, de sentiments finement nuancés et de volitions. Or, tandis que le sentiment du devoir luimême est en majeure partie héréditaire et inné, ses objets sont à un haut degré appris et sont déterminés en grande partie par les mœurs, la convention et l'habitude. Mais il existe des hommes qui dans leur caractère héréditaire n'ont que très peu ou pas de conscience, c'est-à-dire qu'ils n'éprouvent pas de sympathie ni de sentiment du devoir envers les autres, ni envers la société. Chez ces individus, dits amoraux, l'accomplissement du devoir ne peut être que plus ou moins appris par l'habitude, et il ne se fixe jamais solidement chez eux. Chez beaucoup d'autres, la sympathie et le sentiment du devoir existent, mais sont exclusifs, bornés à certains individus auxquels tout est sacrifié: le moi comme le reste t\cs hommes. C'est là ce qu'on a appelé l'égoïsme à deux ou à quelques-uns (altruisme de mauvaises familles ou de clique).

11. Esthétique. — Le sentiment esthétique estle sentiment du beau. L'arl se base sur l'imagination esthétique. Nous n'avons pas ;i nous en occuper ici. Remarquons néanmoins qu'à son origine l'art s'est surtout développé à l'aide de l'es-

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\\\ PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE I.'aMe)

prit d'imitation, de l'envie de se représenter soi-même, de la joie qu'on éprouve à se mouvoir et à percevoir ;iinsi son propre moi, par exemple, en s'entendanl chanter, parler, en voyant son image dans un étang, etc. (Groos). On observe déjà de pareilles ébauches de l'art chez certains animaux, ainsi chez les oiseaux. L'art s'affine par le besoin d'harmonie cl de changement réunis, ainsi que par celui d'émotions de plus en plus élevées. L'action de l'art consiste à éveiller puissamment les sentiments émotifs de l'Ame.

12. Appétits et passions. - On entend par appétits des instincts ataviques hérités de nos ancêtres animaux, instincts qui sont en connexion intime avec la conservation de la vie de l'individu cl de l'espèce, e| qu'on ressent intérieurement d'une façon obscure sous la forme de sensations viscérales imprécises, en même temps que sous celle d'un besoin correspondant d'agir pour y répondre. La sensation qui provoque l'appétit n'est pas toujours pénible en elle-même, mais elle pousse toujours à un désir dont la satisfaction est agréable. Dans l'appétit, la sensation et l'impulsion à l'action ne forment presque qu'une seule et même chose. Les termes d'appé tit et d'instincl sont presque synonymes. cl dans leur domaine le sentiment et la volonté se fondent presque. Les appétits naturels les plus typiques sont la faim, la soif (de l'eau, pas de l'alcool !) et l'appétit sexuel. Ajoutons-y l'angoisse combi née au saisissement ou au désir de fuir, la colère combinée au désir de vengeance, l'amour combiné au désir de sacrifice (instinct du devoir), etc. 11 existe des appétits mixtes, comme celui de l'indignation à l'aspect d'une mauvaise action commise par un autre. L'indignation repose sur un mélange d'amour et de colère basé sur la conscience morale. Lorsqu'un appélil dépasse la satisfaction de besoins naturels utiles à l'existence, el qu'on le cultive comme moyen de jouissance pour -on propre compte, avec h-- sensations correspondantes, il devient passion. Il existe chez l'homme une foule de pas

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