‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 31 sur 78 · AUTOMATISMES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

AUTOMATISMES SECONDAIRES

7. Automatismes secondaires. — Nous avons déjà vu dans la psychologie que la répétition et la fixation automatique des engrammes provoque la formation de ce qu'on appelle les habitudes. Or l'habitude redevient automatique quoique moins complètement et moins puissamment que l'instinct héréditaire. On désigne les habitudes du terme d'automatismes secondaires. Nous pouvons déjàconstater avec certitude l'existence d'habitudes individuelles chez les abeilles et les fourmis. Donc l'activité plastique du cerveau se transforme en automatisme par lu répétition. Chez l'homme, l'habitude est un automatisme du grand cerveau. De cette simple tendance de toute activité nerveuse plastique à devenir automatique par la répétition, on peut déjà conclure que la faculté ou tendance plastique des énergies vitales n'est pas secondaire, mais primaire. Nous ne discuterons pas plus au long cette question fondamentale; cela nous conduirait trop loin. Mais il découle de tout ce que nous avons dit que la physiologie du grand cerveau n'est pas fondamentalement différente de celle des autres centres nerveux.

Elle est simplement plus compliquée et superordonnée, tout comme l'âme du grand cerveau est seulement plus compliquée que celle des centres nerveux subordonnés. Et c'est l'immense complication du grand cerveau humain, due au nombre, à la diversité et à la fine complexité de ses neurones, qui le rend si plastique.

8. Localisations. — Je ne répète pas ici ce que nous avons dit au chapitre II. Le célèbre anatomiste Gall fut le premier à localiser le langage d'une façon à peu près exacte. Mais il s'imaginait pouvoir localiser toutes les fonctions mentales possibles dans le cerveau, même à travers le crâne ! Quand même Gall a deviné quelques vérités avec l'intuition d'une imagination géniale, cette imagination s'est si bien mise chez lui à la place des faits, qu'il a discrédité une idée dont le fondement était juste. Il est néanmoins intéressant de cons-

tater que les chiens auxquels Goltz enlevait le lobe frontal devenaient méchants, tandis que ceux auxquels il enlevait le lobe occipital étaient fort doux, ce qui correspond assez aux idées de Gall. Il résulte nettement des localisations des engrammes de l'expression du langage, de ceux de sa compréhension et des centres corticaux sensoriels et moteurs, localisations signalées au' chapitre II, que les différentes provinces du grand cerveau trahissent une spécification relative de leurs fonctions. Mais elles sont toutes mises entre elles en connexion si intime par leurs neurones d'association, qu'il est à peine possible d'entreprendre une localisation macroscopique plus détaillée des fonctions mentales. Nous exerçons sans doute en partie les provinces correspondantes de notre hémisphère cérébral droit et de notre hémisphère cérébral gauche à des activités et dans des buts différents. Mais la pathologie nous enseigne qu'après la perte d'une portion de l'écorce cérébrale, nous pouvons aussi exercer des parties avoisinantes en remplacement, si la destruction n'est pas trop étendue. Bref, lorsque nous travaillons mentalement, certains neurones de diverses parties du grand cerveau travaillent sans aucun doute simultanément, mais d'une faeon si compliquée que nous sommes encore très loin de pouvoir comprendre, même en gros, le cadre de ces divers mécanismes.

Une chose cependanl est certaine, c'est que le développement du langage comme symbole delà pensée voir chapitre I) a créé à l'activité plastique du grand cerveau un champ immensément ('•tendu. Seul, grâce à l'accumulation du travail mental des ancêtres à l'aide de l'encyclopédie écrite, il a rendu possible au cerveau agrandi d'un singe supérieur la civilisation humaine dont nous sommes si fiers.

9. Sens. — La physiologie des organes des -eus es! très compliquée. A su base se trouve la doctrinede l'énergie spéciale de- sens, formulée par Jean Muller et que voici :

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