HEREDITE H
figer le cerveau et à le rendre automatique. Le vieillard se répète, tant dans ses activités motrices que dans ses pensées, ses abstractions et ses paroles, qui s'automatisent par l'habitude. Or l'homme paresseux, qui ne travaille pas ou très peu, vieillit en moyenne bien plus vite que celui qui travaille. Ce dernier demeure bien plus élastique et bien plus adaptable.
/>) Hérédité. — Tout ce que nous venons de dire ne concerne qu'une partie des facteurs du développement ontogénique. Une seconde partie tout aussi importante se trouve déjà renfermée dans les cellules germinatives conjuguées. Ils ont une portée immense. Un musicien ne peut pas sortir de germes privés de dispositions musicales héréditaires, et un homme de génie ne peut guère plus sortir des germes d'ancêtres qui furent tous imbéciles, qu'un canard ne peut sortir d'un œuf de poule. L'exercice peut adapter et utiliser aussi complètement que possible les énergies héritées par la combinaison des deux germes conjugués; mais ce n'est pas un magicien, et il ne peut créer des dispositions qui n'existent pas dans le germe. Nous disions que les énergies héréditaires sont une combinaison de qualités très diverses des ancêtres. On nomme atavisme l'ecphorie chez un individu de certaines qualités que ses parents ne possédaient pas, mais qui existaient chez tel ou tel ancêtre, par exemple chez une bisaïeule paternelle. En cas pareil, la conjugaison doit avoir été opérée par un spermatozoïde paternel qui se trouvait avoir précisément hérité en grande partie des énergies de la dite aïeule du père. Il nous est impossible de reconnaître et de calculer toutes les possibilités et complications de l'atavisme. Mais ses effets ne sont que trop distincts. Tout s'hérite: l'imagination, la conscience morale, le sentiment de l'art, la méchanceté, la disposition à l'intrigue, les appétits forts et faillies, etc., nussi bien que des cheveux noirs ou rouges ou encore qu'un nez camus ou aquilin. Or il est clair que pour
l'homme les énergies héréditaires les plus importantes sont
celles du cerveau. Il en ressort l'enseignement suivant.
« Dans la procréation de ses descendants, l'homme devrait faire un choix soigneux ; les hommes de valeur el les hien portants devraient se multiplier ; les incapables, les anormaux et les malades devraient s'en garder. » En effet, tous les efforts de l'éducation ou de l'adaptation échouent là où les dispositions héréditaires font défaut ou constituent de méchants antagonistes de toute éducation sociale.
Tout ce que nous venons de désigner constitue l'hérédité dans le sens propre du terme (voir plus bas, Descendance). Nous verrons bientôt que les irritations du monde extérieur qui n'influencent que les cellules différenciées du corps el laissent intactes les cellules germinatives, ne peuvent s'héri ter que dune façon infinitésimale, à l'aide de l'engraphie mnémique, et préparer ainsi sous forme latente la complication évolutive croissante des espèces. Ce n'est que quand elle agit directement sur les cellules germinatives que l'engraphie peut les transformer rapidement. On devrait comprendre que seulement ce qui modifie la structure intime, c'est-à-dire les énergies héréditaires, des cellules germinatives s'hérite immédiatement, et c'est là ce que, malheureusement, on comprend souvent le moins. On peut couper pendant deux mille ans la queue d'une espèce animale, et pourtant au bout de deux mille ans les descendants naîtront toujours avec une queue. La variabilité rapide et considérable qu'on observe souvent chez une même espèce, est due au nombre infini des combinaisons possibles entre les germes qui se conjuguent el qui proviennent d'individus fort divers. Les jardiniers et les éleveurs d'animaux le prouvent tous les jours. Ils font une sélection de graines ou d'animaux reproducteurs dan- le sens des particularités qu'ils veulent fortifier, en accouplant toujours les individus chez lesquels elles sont le plus prononcées. C'est ;iin^i qu'ils obtiennent de nouvelles races H de nouvelles variétés.