‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 44 sur 78 · PSYCHOPATIIOLOGIE ET NEUROPATHOLOGIE GENERALES NOTIONS ET SYMPTOMES · texte numérisé non relu

PSYCHOPATIIOLOGIE ET NEUROPATHOLOGIE GENERALES NOTIONS ET SYMPTOMES

Basé sur un vieux préjugé dualiste, d'après lequel l'âme serait quelque chose d'autre que le cerveau, on a séparé les psychoses ou maladies mentales des névroses ou maladies nerveuses. Ce fut là une erreur désastreuse, et l'on peut bien dire encore aujourd'hui que le public identifie souvent encore plus ou moins la notion des maladies mentales avec celle du trousseau de clés d'un gardien d'asile d'aliénés. On voit alors les parents de malades qui sont complètement aliénés les désigner avec une naïveté incroyable du terme de a nerveux » et s'indigner profondément lorsqu'on leur déclare qu'ils sont fous. Il va sans dire qu'il ne nous vient pas à l'idée de prétendre que toute maladie nerveuse ait le caractère de la folie ou maladie mentale dans le sens restreint, proprei > m ni dit et courant du terme. Les chapitres précédents

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auront néanmoins fait comprendre à chaque lecteur attentif que toute lésion du système nerveux central et même les simples lésions des organes des sens, comme celles de l'œil et de l'oreille, dérangent directement ou indirectement les fonctions mentales, mais que seule une lésion généralisée de l'activité du grand cerveau est capable de modifier sérieusement et dans son ensemble le moi, c'est-à-dire la personnalité. La proposition inverse : « Toute aliénation mentale repose sur un trouble des fondions cérébrales, » est encore moins discutable ; c'est un l'ait évident el acquis. Tout autre est la question de savoir si le trouble en question est assez fort pour rendre le malade irresponsable au sens juridique du terme, et s'il exige l'internement dans un asile d'aliénés, soit dans l'intérêt de la société, soit dans celui de la guérison du malade. C'est là une question purement administrative qui n'a rien à voir avec la notion scientifique des lésions du cerveau et de leur côté psychique. Beaucoup d'aliénés se promènent en liberté et n'ont besoin d'aucun internement, tandis que certaines anomalies de la volonté el du sentiment peuvent laisser l'intellect fort lucide, tout en exigeant impérieusement l'internement dans un asile fermé.

Il ressort en outre clairement des cinq premiers chapitres que les maladies ne concernant véritablement que les nerfs périphériques ou les ganglions disséminés dans le corps, ne sont pas ou sont à peine considérées dans le public comme maladies nerveuses, car elles ne peuvent occasionner qu'une douleur très locale ou un trouble très circonscrit du mouvement. Les lépreux soutirent d'une quantité de tumeurs des nerfs périphériques; on ne les considère cependant pas comme malades aerveux, mais bien comme infectés. Le zona consiste dans l'inflammation d'un nerf périphérique; il produit sur la peau un groupe de vésicules et des douleurs. <)n l'a longtemps considéré comme une simple maladie de peau. avant de savoir qu'il s'agissait d'une névrite périphérique.

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