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coordination des mouvements intentionnels et du langage, troubles qui proviennent de la même cause, c'est-à-dire des destructions disséminées du tissu cérébral. Quand par exemple un paralytique général dit ou écrit Conisople pour Constant inople, et qu'il trébuche à tout instant dans son langage d'une façon analogue sur les syllabes et sur les mots, ce langage nous donne une sorte de phonogramme ou de graphique de la dissociation organique de son cerveau. Il va sans dire que, selon le degré d'avancement de l'atrophie des neurones, la dissociation organique présente tous les échelons, depuis les troubles les plus imperceptibles jusqu'à une ruine ou à un chaos complet de la vie cérébrale. A ce dernier degré, non seulement tous les automatismes de la pensée, des sentiments et du mouvement, mais aussi tout le contenu psychologique de l'âme, sont réduits à des décombres et deviennent méconnaissables.
Troubles de la mémoire. — Ceux-ci sont très rapprochés des précédents, surtout de la dissociation organique, avec laquelle ils sont très souvent combinés. L'amnésie (perte de mémoire) organique porte surtout sur les engrammes les plus récents qui s'effacent rapidement et complètement, c'est-à-dire ne peinent plus se fixer. Ce qui est plus particulier, ce sont par contre les amnésies fonctionnelles. Amnésie signifie perle du souvenir Les amnésies fonctionnelles peuvent être partielles ou totales. On peut par exemple perdre entièrement la mémoire «'I l'usage d'une langue, ou encore de toute une époque de son existence. Plus fréquemment, par exemple dans ce qu'on appelle L'épilepsie psychique, on n'a qu'un souvenir sommaire d'une certaine période de la maladie souvenir analogue à celui du rêve.
Par le terme de double conscience, on a désigné certains cas fort rares où un homme mène deux existences différentes qui alternent l'une avec l'autre el qui ne sonl associées l'une à l'autre par. aucun souvenir, par aucun ponl superconscient. Les cas les plus curieux sonl ceux de Macnish el d'Azam, chez
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lesquels les malades en question tombaient alternativement de l'état a à l'état fi. Dans l'état fi ils ne savaient plus rien de ce qu'ils avaient pensé et fait dans l'état a, et inversement. Dans le cas de Macnish, les périodes duraient environ deux ans, et la malade avait dû recommencer toutes ses études scolaires au début de l'état fi. Je renvoie ceux qui s'intéressent à la question à mon livre sur l'hypnotisme Stuttgart, chez Enke). J'ai observé moi-même un cas très instructif d'amnésie dite rétrograde qui avait duré huit mois. Le malade avait fait pendant ce temps un voyage et un séjour en Australie. Il n'en avait plus gardé le moindre souvenir. Dans mon livre précité se trouve une description complète de ce singulier cas, dans lequel je fis revenir tous les souvenirs par la suggestion, preuve que les engrammes ne sont que latents par inhibition, et non effacés, dans l'amnésie fonctionnelle.
Troubles du sentiment. — Chez les aliénés les troubles du sentiment jouent un rôleéminent. La mélancolie se distingue surtout par la tristesse pathologique sans cause adéquate. Ce symptôme se combine très ordinairement avec une inhibition profonde du déchaînement de la pensée et des volitions. Il se distingue en outre de la tristesse normale par son association avec d'autres symptômes, tels que l'angoisse et l'oppression précordiales, et surtout par la durée et la continuité de l'état émotif. La joie pathologique se trouve surtout dans la manie aiguë et dans la paralysie générale progressive ; elle se combine le plus souvent avec la fuite des idées. Ce qui est plus important encore, c'est l'émotion mixte, la colère avec ses deux variantes : la tristesse irritable et l'exaltation irritable. Dans les deux cas, le moi réagit activement contre le déplaisir qu'il éprouve, cherchant ainsi à se procurer une émotion agréable à l'aide d'une impulsion à l'action. L'humeur colérique pathologique peut s'exalter jusqu'à la fureur. Elle offre autant de variétés que les passions normales qui sont ses dérivés, telles que la jalousie, la vengeance, la méfiance, la susceptibilité, etc. Tous ces états affectifs s'associent à de
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fausses suppositions, à des idées délirantes et à d'autres symptômes cérébraux maladif- corrélatifs. Lis se déchargenl eu général sur des innocents, auxquels le malade peut faire subir de véritables martyres. Les aliénés de celle dernière catégorie sont souvent extrêmement rusés, 1res persévérants dans la poursuite de leurs résolutions, ainsi qu'habiles et perfides dissimulateurs. Ils commettent fréquemment des crimes épouvantables sous l'empire de leurs idées délirantes combinées à leurs passions morbides.
Sur une base cérébrale pathologique, on voit encore surgir toute une série d'autres sentiments et d'autres passions sans cause normalement adaptée, et avec des impulsions ou appétils correspondants. Citons l'angoisse, les sensations de pression et de brûlure, les appétits sexuels pervers, la faim anormale, etc.
On entend par apathie l'absence des réactions normales du sentiment. C'est là un symptôme assez régulier de toute psychose qui a duré longtemps. Ce qui est très important et caractéristique, c'est l'affaiblissement du sens moral, c'est-àdire des sentiments de sympathie, d'altruisme el <!<■ devoir, qu'on observe tôt ou lard chez la plupart des aliénés, et qui peut aller jusqu'à une amoralité complète.
Les I rouilles de la volonté el du mouvement sont fort variés. On entend par aboulie la prostration de la volonté, el par impulsivité la transformation rapide, irréfléchie et irrésistible, des émotions el des pensées en actes ordinairement déraisonnables, qui n'onl ni constance, ni persévérance dans leur suite. Dans la manie aiguë, on observe une excitation et une accélération continues des mouvements volontaires, dont l'enchaînemenl est souvent plus ou moins dissocié. Par impulsions pathologiques ou actes obsessionnels, on entend des impulsions absolument anormale- el dénuées de sens qui poussent le malade à l'action avec une violence irrésistible. J'ai connu une malade qui avail sans raison l'impulsion à donner une volée de coups à d'autres personnes ou à
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les étrangler. Dans son désespoir, elle mettait elle-même ses victimes en garde contre elle. Chez les aliénés, on observe encore une foule d'autres actes absurdes, soit automatiques ou stéréotypés, soit en rapport avec des idées délirantes.
La caractéristique générale de l'aliéné est son incapacité de se rendre compte que son état est maladif. C'est là ce qui le distingue le plus nettement de l'homme relativement sain d'esprit. L'illusion du malade relativement à lui-même repose sur la transformation de toute sa personnalité, et cette transformation est causée par la modification diffuse et généralisée de l'activité de son grand cerveau, qui ressent son propre changement comme transformation du monde extérieur et des autres hommes. En effet, le monde extérieur et les semblables du malade, en particulier ses proches, se reflètent autrement en lui que précédemment, alors qu'il était encore sain d'esprit. Les engrammes eux-mêmes se modifient plus ou moins. Nous n'avons absolument aucun autre critère pour distinguer l'aliéné proprement dit de l'homme normal ou des personnes dont le cerveau n'est que partiellement, localement ou légèrement lésé. Il saute aux yeux que ce critère n'est que relatif. Tout comme le trouble de l'activité cérébrale, le sentiment de la maladie et la faculté de s'en rendre compte peuvent être partiels ou incomplets. Il n'y a là aucune limite distincte, pas plus, moins même peut-être, que dans les autres phénomènes physiologiques. D'autre part, on voit que certains troubles partiels de l'activité mentale, troubles qu'improprement on ne désigne pas du terme de maladies mentales, peuvent être exactement ressentis et compris par le malade, qui souvent se dissèque lui-même avec une clarté impitoyable. Il s'agit là de troubles qui ne concernent pas le raisonnement logique.
Troubles nerveux qui ne sont pas des maladies mentales. — Plusieurs des symptômes déjà décrits peuvent être circonscrits et se produire à côté d'une santé mentale générale assez complète. Mais il nous faut en outre décrire en quelque* mots les
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troubles qui n'intéressent le grand cerveau que localement, partiellement ou môme pas du tout comme tels. En principe, au point de vue de la manière dont le tissu nerveux et ses fonctions sont lésés, ils concordent avec ceux dont nous avons parlé.
Des douleurs, des paresthésies et même des perceptions illusoires, peuvent avoir leur cause dans des états d'irritation des centres. cérébraux inférieurs, de la moelle épinière ou des nerfs sensoriels. Des névrites inflammations des nerfs périphériques) peuvent par exemple causer des douleurs atroces qui ne sont naturellement senties que grâce à leur transmission au grand cerveau. La même douleur peut avoir une cause organique ou une cause fonctionnelle, ainsi le mal de dents, qui peut être causé par une inflammation de la pulpe dentaire, ou, dans la névralgie, avoir une origine purement centrale et fonctionnelle. J'ai traité un malade qui avait eu à Gonstantinople, pendant quinze jours, une inflammation infectieuse (gonorrhée) extrêmement douloureuse de l'urètre, avec suppuration. Deux ans plus tard, il fut atteint d'une légère crise d'aliénation mentale, compliquée de nombreuses hyperesthésies et même de quelques hallucinations. Pendant sa convalescence, il visita une maison publique, ce qui aurait pu facilement lui attirer une nouvelle infection de l'urètre. Le lendemain, la crainte d'avoir été infecté lui suggéra à tel point la répétition de son ancienne maladie, que pendant quinze jours il en ressentit toutes les douleurs et tous les stades, quoique l'examen le plus minutieux de notre part (nous étions plusieurs médecins) ait prouvé l'intégrité absolue de son urètre! Après sa guéri son, ce jeune homme, très cultivé, très bien élevé et très honnête, nous déclara de la façon la plus positive que la seconde « gonorrhée » qu'il venait d'avoir, et qui était en réalité une autosuggestion cérébrale fonctionnelle, l'avait l'ait au moins autant souffrir que la première, qui avait été «lue à une véritable inflammation purulente. Théoriquement, du reste,
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il comprit et accorda que nous avions raison. Ce cas démontre plus clairement que toute dissertation savante que, dans le domaine de la sensation et de la douleur, une irritation fonctionnelle du cerveau peut produire exactement le même effet que les pires déchirures, compressions ou brûlures des nerfs périphériques. Inversement je souffre moi-même depuis huit ans de bourdonnements d'oreilles causés par un catarrhe sec de l'oreille moyenne. Or j'ai réussi à distraire si complètement mon attention de ces bourdonnements, qu'au bout de six mois je suis arrivé à ne plus les entendre du tout, excepté lorsqu'une association d'idées vient m'y faire penser.
Les maux nerveux fonctionnels sont d'ordinaire bien plus douloureux, plus difficiles à supporter, et tourmentent bien plus le malade que les maux organiques. Le degré d'une douleur, d'une souffrance, n'est, d'une façon générale, nullement adéquat à l'intensité de l'irritation périphérique correspondante ; il dépend bien plus de l'état du grand cerveau. Suis-je rendu « nerveux » par l'insomnie ou le surmenage intellectuel, c'est-à-dire devenu un peu « psychasthénique », la plus petite irritation devient douloureuse et me tourmente déjà. Suis-je au contraire rendu obtus et « hypesthétique » par de longues marches ou par d'autres fatigues musculaires de longue durée, les plaies, les inflammations, les démangeaisons même, me font peu souffrir, et je puis supporter avec une indifférence relative des lésions corporelles considérables, qui me font effectivement beaucoup moins souffrir que dans mon état ordinaire normal.
Les nerfs vaso-moteurs (nerfs des vaisseaux sanguins), dont les cellules se trouvent dans les ganglions dits sympathiques, peuvent provoquer la pâleur en irritant les muscles circulaires qui entourent les petits vaisseaux, et la rougeur en étant paralysés par inhibition. De simples idées ou représentations peuvent faire rougir ou pâlir en provoquant une inhibition ou une irritation des ganglions sympathiques par un influx de neurocymes moteurs lancés au
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travers «lu grand cerveau et de la moelle épinièrc. Beaucoup «le troubles nerveux, Iris les troubles des menstrues <l«'s femmes et de l'érection des hommes, le froid aux pieds, les engelures, la transpiration, l'hémorragie nasale, le frisson ou au contraire diverses congestions, sont souvent déterminés par des effets analogues, purement fonctionnels, de Faction neurocymique sur les vaisseaux sanguins. Lorsque ces troubles ont un caractère permanent, ils provoquent facilement des dérangements secondaires dans la nutrition des parties du corps desservies par le groupe de vaisseaux dont il s'agit.
On a longtemps attribué ces troubles de nutrition à l'action directe de nerfs hypothétiques, dits trophiques, qui évidemment n'existent pas.
Il y a aussi des appareils ganglionnaires périphériques qui président aux muscles lisses de l'intestin, ;'i La sécrétion «1rs glandes, etc. Ces nerfs peuvent être influencés par les puissants neurocymes du grand cerveau par des émotions, etc.), comme les précédents, au moyen de rameaux communiquants. Voilà comment la constipation et une foule d'autres troubles fonctionnels de la digestion, des menstrues, etc., se trouvent le plus souvent être occasionnés directemeni par certains (Hais de l'activité cérébrale et n'ont nullement leur cause à l'endroit du corps où ils se produisent, comme on le croyait autrefois. C'est là la raison pour laquelle la suggestion hypnotique 'qu'elle soit provoquée intentionnellement et verbalement, ou à l'insu du malade par quelque procédé médical ou autre) esl le seul remède efficace direct à la cause «le toute celle catégorie de troubles.
La destruction de tout nerf sensible périphérique provoque une anesthésie, et celle de tout nerf moteur, non seulement la mort de son tronçon périphérique, mais encore la dégénérescence et l'atropbie complètes des muscles qu'il dessert et qui meurent aussi. La destruction «le La cellule d'origine «le tout neurone musculaire a le môme effet. Lorsque, par
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contre, on détruit les neurones intermédiaires du grand cerveau qui innervent les neurones musculaires, on obtient une simple paralysie du mouvement volontaire. Les muscles du domaine auquel ils aboutissent, peuvent encore être contractés par les réflexes spinaux (1) dont nous avons parlé. Ils demeurent en vie, mais incapables alors d'accomplir aucun mouvement intentionnel.
Les convulsions ou crampes sont des contractions musculaires involontaires. Par crampe tonique on entend une contraction musculaire constante ou du moins un peu durable, telle que celle du tétanos ou de la crampe bien connue du mollet. Par crampe clonique ou convulsion, on entend au contraire une série rapide de secousses musculaires subséquentes, comme on les observe dans l'épilepsie, dans certains accès hystériques et dans beaucoup d'autres états d'irritation du cerveau et de la moelle épinière. Les crampes peuvent être locales ou générales, organiques ou fonctionnelles. Elles sont dues à des états d'excitation des neurones moteurs ou centrifuges et peuvent être aussi bien déterminées (déclanchées) par une hémorragie, une inflammation et une atrophie du cerveau ou de la moelle épinière, que par une simple représentation, par un « orage du neurocyme », comme c'est le cas dans l'hystérie. J'espère que mes lecteurs comprendront maintenant la chose avec facilité, grâce à la première partie de ce livre.
Une autre forme de troubles moteurs est la catalepsie. Dans ses légers degrés (flexibilité de cire), on voit chaque membre du corps conserver passivement toutes les positions qu'on lui donne et y demeurer, tandis que les représentations ou volitions ne sont plus capables de déterminer un mouvement. A un degré plus élevé, le corps entier devient raide et froid comme un cadavre. Il existe aussi une forme de catalepsie flasque, dans laquelle tous les muscles sont résolus et
i) Spinal veut dire de la moelle épinière.
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où tout membre retombe comme une masse. Ce dernier état, de même que la raideur complète des muscles, se combine parfois à un état de sommeil léthargique profond (léthargie), qui peut être confondu avec la mort lorsque les muscles sont raides et lorsque les mouvements du cœur sont devenus liés faibles. Ces états peuvent être soit purement fonctionnels, soit provoqués par la compression du cerveau due à de l'œdème ou à des hémorragies.
Il existe en outre des troubles de la coordination 'les mouvements, c'est-à-dire de la rapidité et de la sûreté des combinaisons de leur enchaînement. On appelle ces troubles ataxie. Lorsque l'ataxie est rythmique ainsi dans le délire des ivrognes), on l'appelle tremblement. L'ataxie proprement dite est au contraire arythmique, c'est-à-dire irrégulière. Le tremblement est souvent purement fonctionnel; l'ataxie arythmique l'est plus rarement. Chacun connaît l'ataxie locomotrice (tabès dorsalis) due à l'atrophie des cordons postérieurs delà moelle épinière par suite de la syphilis. Nous observons beaucoup de troubles de ce genre dans le langage parlé ou écrit, qui est le plus fin des réactifs moteurs. Le bégaiement et la crampe de l'écrivain sont des crampes fonctionnelles du langage parlé ou écrit en rapport avec des représentations. Une série d'atrophies des neurones dans le cerveau et la moelle allongée provoquent l'ataxie du langage. Ces exemples suffiront. Dans la chorée ou danse de Saint-Guy, on observe encore des mouvements fonctionnels involontaires, irréguliers, qui viennent déranger tout mou • vement intentionnel, mais qui ont un autre caractère que l'ataxie.
Deux mots encore pour terminer : comme dans tous 1rs autres domaines de la pathologie, tous les phénomènes de celle du système nerveux prennent leurs racines dans les fonctions normales. Tout ce que nous avons décrit repose sur des augmentations, des diminutions, des suppressions et des déviations ou désagrégations des fonctions normales.
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L'homme normal halluciné dans le sommeil (rêve). La psychologie nous a fait connaître la base de toute illusion du souvenir. De fortes émotions peu vent provoquerpassagèrement des obsessions chez l'homme sain. Le surmenage des muscles peut amener le tremblement, etc. Ce qui est pathologique est donc dû à ce que les réactions ne sont plus exactement adaptées à l'irritation, ou à ce qu'elles cessent d'avoir lieu (paralysie), ou, au contraire, à ce que des activités exagérées se produisent sans cause normale qui leur soit adaptée, ou à ce qu'elles durent trop longtemps, ou enfin à ce que les neurones qui président à ces activités sont modifiés ou même détruits.
On comprendra donc que, selon leur nature et le genre de leur cause, les troubles nerveux et psychiques pourront être aigus, chroniques, embryologiques ou héréditaires.
Ils sont aigus lorsqu'un système nerveux, jusque-là sain, est atteint plus ou moins subitement par un agent irritateur qui vient le troubler soit dans ses fonctions, soit dans sa structure organique. Sa disparition, ou l'élimination artificielle de cet agent, provoque la guérison s'il n'a pas déterminé préalablement de lésions irréparables.
Ils sont chroniques quand l'agent irritateur qui rend malade agit d'une façon lente ou répétée, quand il est tenace, quand ses causes continuent à agir, ou encore quand il laisse après lui des résidus, des défectuosités ou des irritations durables qu'on ne peut plus ou qu'on ne peut que très difficilement faire disparaître. Tout ce qui est chronique devient facilement en tout ou en partie incurable. Tout ce qui est aigu peut facilement devenir chronique en laissant des traces durables.
Ils sont embryologiques ou ontogéniques (arrêtant le développement) quand ils atteignent l'individu pendant son développement, soit comme embryon, soit comme enfant, et quand ils arrêtent ce développement, soit parleur intensité, soit par le fait qu'ils sont chroniques ou encore organiques. Les affections passagères de l'enfant et de l'embryon n'appartiennent
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pas à ce groupe, mais à celui des formes aiguës, par le fait qu'elles n'arrêtent pas le développement.
Ils sont enfin héréditaires ou constitutionnels (phylogéniquesj, quand ils se trouvent déjà sous forme de dispositions héréditaires dans la mnème du protoplasma germinatif des cellules onde l'une des cellules qui se conjugueront plus tard pour former l'individu. Lorsqu'ils concernent les dispositions héréditaires du grand cerveau, il en résulte que le caractère de l'homme qui naît d'une pareille conjugaison est anormal ou maladif. Lorsque la maladie ou déviation anormale d'un germe (disposition héréditaire) se rapporte au contraire à d'autres parties du système nerveux, le moi, la nature mentale de l'individu, n'en souffre pas ou n'en souffre qu'accessoirement. Il peut néanmoins en souffrir indirectement,quand il s'agit par exemple des sens supérieurs, comme dans la surdi-mutité ou dans la cécité congé ni taies. On a vu pourtant Laura Bridgeman, qui était née aveugle, sourde-muette et presque anosmique, grâce aux facultés héréditaires supérieures de son cerveau, jointes à une éducation 1res soignée à l'aide du toucher, se développer hautement au point de vue mental. D'autres cas analogues ontencore été observés. Nous avons déjà parlé de la blastophthorie qui crée d<- tares héréditaires en empoisonnant les germes de celui qui les porte lorsqu'il s'intoxique.