‹ L'âme et le système nerveuxChapitre 52 sur 78 · IMBECILLITE OU FAIBLESSE D ESPRIT · texte numérisé non relu

IMBECILLITE OU FAIBLESSE D ESPRIT

variées, et du reste équilibrées, se dissocient avec une facilité maladive. Il en résulte que le neurocyme de chaque représentation dissociée devient capable de s accumuler puissamment et de provoquer en conséquence des inhibitions et des décharges ou fraiemenls extraordinaires. C'est ainsi que des représentations et des sentiments isolés peuvent provoquer, même d'une façon durable, diverses paralysies, convulsions, anesthésies, hyperesthésies, douleurs et toute sorte d'autres phénomènes morbides, tels qu'anomalies sexuelles, accès de fureur, inhibition ou agitation violente, crimes, intrigues, mais inversement aussi la guérison de tous ces symptômes maladifs, l'enthousiasme pour le bien, le dévouement, les actions héroïques et même des productions de génie, en un mot tout ce que le cerveau humain est capable de produire ou au contraire d'inhiber. L'hystérie constitue donc pour ainsi dire, en tant que disposition héréditaire du cerveau, une épée à deux tranchants. Elle crée beaucoup de mal et beaucoup de malentendus, déchaîne une foule de passions, et bien peu de médecins la comprennent entièrement. Mal dirigés ou doués d'autres mauvaises qualités, les hommes hystériques peuvent devenir de véritables diables. Bien dirigés ou doués d'instincts nobles, ils peuvent devenir des anges ou des héros, tels que Jeanne d'Arc. L'hystérie est presque un monde spécial. Malheureusement, elle se combine très ordinairement avec beaucoup des autres anomalies que nous avons décrites et devient alors une véritable plaie pour l'entourage du malade, plus encore que pour le malade lui-même. L'hygiène des hystériques consiste en une utilisation rationnelle de leur dissociabilité ou suggestibilité pathologique pour le bien. Mais, pour la mettre en pratique, il ne faut pas se méprendre sur le vrai caractère de l'hystérie, et ne pas désigner de ce terme, comme on le fait si souvent, une foule d'affections mentales constitutionnelles qui n'ont rien ou n'ont que très peu de chose de commun avec elle.

Comme on le voit, toutes les anomalies mentales héré-

ditaires font plus ou moins transition à l'état normal. Ce qui est incurable chez toutes, c'est la disposition elle-même. Celte disposition n'est cependant d'ordinaire pas assez forte p< mine pouvoir être en partie combattue, endiguée, affaiblie ou dirigée dans de meilleures voie- par de bonnes habitudes exercées en -eus inverse. Quand il s'agit d'un symptôme négatif, d'un défaul de disposition, il faut au contraire fortifier et exercer ce coté faible. Parfois même — spécialement dans l'hystérie — on peut utiliser le symptôme morbide pour suggérer au malade L'accomplissement d'oeuvres sociales utiles el même grandioses. La psychothérapie ou thérapeutique suggestive, c'est-à-dire l'action directe sur les fonctions du cerveau, remplace donc ici l'hygiène du système nerveux, ou plutôt elle est l'agent thérapeutique souverain, donl l'hygiène subséquente ne devient plus que le complément.

Il existe aussi de-- faiblesses constitutionnelles héréditaires ou au contraire des étals d'excitation héréditaires dans les organe- des sens, dans la moelle épinière, etc.; tels la faiblesse visuelle et autres anomalies constitutionnelles del'oarl, les tics, l'irritabilité spinale de la moelle épinière avec secousses musculaires, les troubles constitutionnels dés réflexes tels que le blépharospasme, etc. Ces troubles fonctionnels des centres inférieurs s'allient du reste souvent avec desanom.-die> des fonctions cérébrales.

TROISIÈME GROl PE

Maladies mentales et maladies nerveuses acquises.

Pour autant que les maladies de ce groupe ne sont pas exclusivement dues à des blessures, ;i des intoxications, A des infections microbiennes ou ;i <\r> atrophies, elles se développent ordinairement sur la base d'une disposition héréditaire. Elles son! dorn- parentes du groupe précédent et lui

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font souvent transition. La différence fondamentale consiste en ce que, chez les affections décrites comme second groupe, ce qui est morbide concerne la disposition héréditaire ellemême, tandis que les maladies que nous avons à décrire maintenant surgissent d'une façon aiguë dans le courant de la vie, soit provoquées par des actions nocives venant du dehors, soit sur la base de l'activité cérébrale elle-même, maltraitée par les effets de dispositions héréditaires anormales. Dans ce dernier cas, l'action sourde et répétée des dispositions morbides du cerveau a préparé la catastrophe de longue date, et l'on peut désigner cette dernière du terme de cataclysme neuroc y mique.

L'état actuel de nos connaissances ne nous permet en outre pas toujours de délimiter nettement et sûrement ce qui est fonctionnel de ce qui est organique.

A. Épilepsie. — L'épilepsie ou haut mal est connue de tous. Comme disposition, elle est extrêmement héréditaire, éclot très ordinairement dans la jeunesse, et se rapproche par conséquent beaucoup des deux groupes précédents. Outre les attaques ordinaires de haut mal, dans lesquelles le malade tombe subitement en perdant connaissance et où il est pris de convulsions cloniques, on voit souvent arriver dans le cours de la maladie des accès de psychoses allant jusqu'à la folie furieuse, accès dont les malades perdent tout, ou à peu près tout souvenir (amnésie). On entend par « épilepsie larvée » ou petit mal épileptique, des accès de vertige ou d'absence qui ne durent que quelques secondes à peine, et dans lesquels le malade ne tombe pas et n'a pas de convulsions, mais où il perd un instant connaissance. Lorsqu'elle commence dans la jeunesse, l'épilepsie arrête très ordinairement le développement mental et conduit souvent à une défectuosité morale et à une démence plus ou moins accentuée. Chez les vieux épileptiques, on trouve une sclérose ou durcissement de la couche la plus superficielle de l'écorce du grand cerveau. On

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ne sail encore si celte sclérose est la cause ou l'effet de la maladie. D'autres formes spéciales d'épilepsie sont ducs à des loyers inflammatoires ou à d'autres lésions du cerveau (épilepsie dite jacksonienne). L'abus et même Tu sage «le l'alcool renforcent l'épilepsie et provoquent ses ace.'--, [ls peuvent parfois à eux seuls la produire chez les prédisposés. Traitée à temps et avec persévérance, l'épilepsie peut être guérie plus souvent qu'on ne le croit par l'emploi rationnel et persévérant des sels de brome. L'insensibilité complète de la cornée de l'œil, l'écume, la cyanose et les morsures que se fait le malade, distinguent l'attaque épileptique dite de haut mal. des crises hystériques, etc.

B. Psychoses fonctionnelles ou vésanies. Névroses fonctionnelles. — Sousle terme de folie maniaque dépressive, Kraepelin désigne les accès aigus d'excitation psycho-motrice avec Tuile des idées et gaîté (manie aiguë), et inversement d'inhibition générale avec tristesse et souvent avec angoisse (mélancolie ou lypémanie). Les accès de manie aiguë el de mélancolie sont curables, mais ils ont, surtout les premiers, une grande tendance à se répéter ou à devenir périodiques. Lorsque des accès de manie alternent régulièrement avec des accès de mélancolie, on désigne le cas du terme de folie circulaire.

On entend par paranoïa ou délire systématisé des persécutions et des grandeurs, une maladie presque incurable, composée d'idées délirante- <!<• persécution el de grandeur, qui se développent peu à peu systématiquement et se combinenl à une perte progressive du -eu- unirai, ainsi qu'à une conservation relative de la clarté intellectuelle et de l'enchaînement normal des idées. Les malades atteints de paranoïa s<ml à la fois dangereux el capables de travail. Ceux qui ne les connaissent pas les croient souvent sains d'esprit, parc- que leurs actes sont bien ordonnés et qu'ils s'entendenl admirablement à dissimuler leurs idées délirantes. Les processifs sont des malades de cette catégorie chez lesquels le délire de la perse-

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