HYGIÈNE NERVEUSE M. LA CONCEPTION ET DE L HEREDITE
créer des enfants pendant qu on est malade, épuisé ou très mal nourri, car les glandes sexuelles soutirent sans aucun doute de pareils états; mais il est difficile do faire des statistiques à cet égard. Le manque de passion dans les rapports sexuels suivis de conception, les sensations que l'un ou l'autre des procréateurs ou tous les deux ont ou n'ont pas à ce moment-là, n'ont, la chose est certaine, pas la moindre influence sur la qualité du produit. Nous n'avons aucun indice scientifique quelconque qui soit en état d'appuyer tous les on-dit, tous les contes de nourrices, toutes les superstitions qui se perpétuent à cet égard.
Par contre, l'âge des procréateurs semble pour de bonnes raisons ne pas être indifférent. Les enfants de parents très vieux sont en général faibles, peu viables et souvent mal développés au point de vue mental. En sens inverse, ceux d'individus trop jeunes et mal mûrs sont très petits et semblent aussi être un peu mal constitués ; mais nos procréations modernes souffrent sans aucun doute bien plus du trop grand Age que de la trop grande jeunesse des procréateurs. La mère de Gœthe avait environ 17 ans lors de la conception du grand poète et penseur et 18 ans à sa naissance. Le meilleur âge pour procréer est, nous le pensons, de 18 ans à 3o ans chez la femme et de 20 à 45 ans chez l'homme, car le développement de ce dernier est positivement plus lent et plus tardif. Néanmoins, une prolongation jusqu'à \o ans chez la femme et jusqu'à 5o ans chez l'homme, et même un peu au delà, ne semble pas être dangereuse. On a prétendu que les enfants avaient une tendance à ressembler plutôt au plus âgé des deux procréateurs. Mais le l'ail n'est nullement prouvé. Admettons comme norme pour d<^ époux sains H capables (pie la mère doive se reposer au inoins un an après chaque accouchement, avant de concevoir à nouveau. Ainsi, une femme mariée a is ans pourra procréer au maximum, si tout va bien, de dix à douze enfants, à moins que des jumeaux ne viennent en augmenter le nombre. Nous calculons ici
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la chose au point de vue de i'hygiène nerveuse. Il va sans dire que les autres circonstances hygiéniques du corps doivent aussi entrer en ligne de compte. Il est clair que le maximum indiqué ne se rapporte qu'aux plus heureuses constitutions de santé des deux parents, et je n'ai pas besoin de rappeler les raisons qui indiqueront des restrictions. Avec ce qui vient d'être dit, les expériences journalières de la vie, nous prouvent qu'il est tout à l'ait normal et recommandable que le mari soit de cinq à dix ans plus âgé que sa femme, tandis que le rapport inverse est aussi anormal qu'inoportun. On a trop souvent, et à tort, peur de voir les jeunes filles se marier trop jeunes. Cela vient en partie de ce que par fausse honte on les laisse dans l'ignorance des rapports sexuels, de sorte qu'elles deviennent facilement la proie de toute sorte d'abus et d'exploitations. En réalité, et par elles-mêmes, la plupart des jeunes filles sont parfaitement mûres au point de vue sexuel dès l'âge de 17 ans, et souvent plus tôt.
CIIAPITIŒ XI
hygiène nerveuse de l'ontogénie ou dk l'enfance pédagogie)
i. Généralités. — Dès que l'union d'une cellule gerrninative mâle avec un ovule a scellé les dispositions héréditaires nerveuses de l'individu qui vient d'être conçu, commence la période embryonnaire de e,e dernier, en même temps que la grossesse de la mère. L'hygiène de la grossesse est au fond une question de bonne et saine nutrition. Ici encore, de même qu'à l'époque de l'allaitement de l'enfant, toute intoxication, et surtout l'intoxication alcoolique, a les effets les plus néfastes. Von Bunge a même montré, nous l'avons dit, que l'alcoolisme des ancêtres entrave profondément la faculté d'allaitement des femmes. C'esl donc un préjugé abominable et funeste que de donner de l'alcool, si peu que ce soit, aux femmes enceintes, aux nourrices el aux nourrissons, sous le prétexte de les fortifier; cela nuil à l'embryon el à l'enfant, qui en sont alcoolisés. Tout ce qui vient léser la saule corporelle el <-ii particulier la vie nerveuse de la mère, ainsi les maladies
coj e la Sèvre typhoïde ou la scarlatine, de fortes émotions
prolongées, des troubles de la nutrition, etc., agil indirectement d'une façon plus ou moins profonde sur l'étal de santé de l'embryon. Je dis indirectement, car le système nerveui de ce dernier n'a aucune connexion directe avec celui de la mère et n'est attein et influenpé que par la composition du
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sang maternel qui le nourrit (voir chapitre V. Oniogénie).
Après la naissance, les couches de cellules embryonnaires qui deviendront le système nerveux, et qui, jusqu'ici, s'étaient accrues et transformées dans l'embryon d'une façon purement végétative, se meltent à fonctionner indépendamment. C'est alors seulement que commence l'hygiène nerveuse proprement dite de l'ontogénie de l'enfant. En somme, les règles que nous avons données plus haut pour éviter les influences nuisibles s'appliquent ici, de même que ce que nous avons dit au chapitre IX. Le cerveau si délicat de l'enfant exige des ménagements particuliers, tant au point de vue de toute intoxication — et c'est ici de nouveau l'alcool qui joue le rôle principal — qu'à celui de toutes les influences nuisibles qui peuvent arrêter son développement. D'autre part, cet organe si mou et si délicat possède une plasticité formidable et un besoin incroyable d'activité et de développement. Comment satisfera-t-on à ce besoin? C'est là l'objet de la pédagogie qui, pratiquement, se divise en deux parties : la pédagogie familiale et celle de l'école.
Pour bien comprendre la pédagogie, il faut que l'adulte aille à l'école chez l'enfant. Le plus souvent, il a malheureusement, plus ou moins complètement, oublié sa propre enfance, ou il ne la comprend plus: il faut donc qu'il observe reniant et approfondisse sa psychologie. D'une part, la première enfance est une continuation directe de la période végétative de l'embryon et exige avant tout une bonne nutrition et le développement des forces corporelles, spécialement des muscles. Mais, d'autre part, c'est l'époque où se développent rapidement toutes les activités possibles de l'intelligence, du sentiment et de la volonté, activités qu'il faut se garder de négliger et de méconnaître. Elles correspondent au revêtenienl de myéline des neurones cérébraux, qui se mettent à fonctionner, et auxengrammes que le monde extérieur vient déposer dans les centres corticaux. Toute sorte de mauvaises habitudes, le mensonge, la colère, l'incohérence des actes et
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des sentiments en général, etc., peuvent se fixer et s'automatiser, tant lorsqu'on néglige l'enfant que par les mauvais exemples qu'on lui donne, par les mauvais traitements, et, en sens inverse, par un amour déraisonnable el faible (I" » amour de singe » des Allemands), qui fait qu'on le gâte. Les principes fondamentaux d'une bonne éducation sont d'observer judicieusement les enfants, d'agir avec une suite logique et rigoureuse envers eux, de les exercer dans tout ce qui est bon, tout en les détournant et en les déshabituant, si c'esl nécessaire,de ce qui est mal, et de combiner tout cela avec beaucoup d'affection et avec les suggestions de la joie et d'un intérêl qui appelle leur attention naturelle. Malheureusement, les parents dont la nature héréditaire est mauvaise, sont, en même temps d'ordinaire de mauvais éducateurs et donnent de mauvais exemples, tandis que l'inverse est le cas chez les parents qui sont eux-mêmes de bonne qualité. Voilà pourquoi l'on attribue si fréquemment à l'éducation ce qui, en grande partie du moins, provient, en réalité, des bonnes ou mauvaises dispositions héréditaires de l'enfant. Pour observer l'action pure de l'éducation, il faut l'étudier dans les institutions pour l'enfance abandonnée ou maltraitée, dans lesquelles l'éducateur n'est pas en même temps le procréateur. On pourra sans doute s'y assurer de la grande valeur de l'action éducatrice, mais en même temps aussi de la puissance des facteurs héréditaires, et l'on apprendra à y distinguer les particularités respectives des deux facteurs. Le principe fondamental de l'éducation intellectuelle est la leçon de choses. Il faut se garder de bourrer l'enfant d'abstractions que l'adulte seul peu! comprendre, car l'enfant n'en saisit pas le sens et ne l'ail qu'apprendre les mois par cœur comme un perroquet. // faut d'abord qu'il s'assimile beaucoup de choses concrètes. Comparant alors par lui-même, spontanément, de sa propre intuition, les impressions concrètes de ses sens, il apprend tout naturellement, sans avoir besoin des ordres ni des préceptes d'un pédant, à réfléchir el à comprendre, selon le géniepropre