PSYCHOLOGIE (SCIENCE DE L*AME
psycbophysiologique extraordinairement complexe. (Jna, sans faire de sophismes, on cherche à 8*expliquer la chose dans rhypothèse dualiste qui fait deux choses de rftme et du
cen'eau !
Nous avons \).\r\ô, plus haul «lu pou (1<* fidélilt' de noire mémoire oaturelle, et des falsifications de nos souvenirs auxquelles elle nous expose à tout moment. Le langage, tout spécialement le langage écrit, nous fournit le moyen suprême de parer aux infldélités de la mémoire. Les symboles vocaux ou mots nous aident déjà à fixer les idées ou représentations. Mais lors(jue la fixation se fait par (•cril ou au moyen de riuipressiou, elle <leiueure gravée sur papier, empêchant par là d'emblée toute falsification future, à moins qu'une forme douteuse ou obscure de Texpression ne permette plusieurs interprétations, surtout à Taide d*une exégèse sophiste. Verba volanly scnpia manent (les mots s^envolent, les écrits
demeurent).
Dans la courte esquisse qui précède, il ne nous a pas été possible (renlamer les questions psychologiques difiiciles en les approfondissant. Je prie donc tout lecteur qui veut en savoir davantage, d'étudier les ouvrages spéciaux de psychologie et de psychophysiologie, parmi lesquels je recommande la Psi/c/iolo(/ic de Hôirding, l'analyse des sensations de E. Mach, les travaux de Kussmaul, Kibot, Jauet, Wuadl, Dejerine, etc.
GHAPITUE II
C'est encore avec une installation (''loclriquc, grandiose dans sa petitesse, qu on peut le mieux comparer le système nerveux. Comme accumulateur de force, avec tous les appareils accessoires, fonctionnent la substance grise et ses cellules ganglionnaires ou nerveuses dans le cerveau, la moelle épinière et les petits ganglions nerveux dissémines dans le corps. Comme fil condueleur, tant a l'intérieur des centres lentre leurs diflérenles portions) qu'entre eux et toutes les parties du corps, fonctionnent les fibres nerveuses, qui sont constituées elles-mêmes par des faisceaux de fibrilles microscopicfues d'une finesse extrême. En tant que réunies en cordons ramifiés dans ce (ju'on appelle les nerfs périphéricpies du corps, les fibres nerveuses ne méritent pas d'ôlre considérées comme une division spéciale du système nerveux. Elles ne sont que la continuation directe de faisceaux centraux du cerveau, de la moelle épinière et des ganglions, et servent à mettre ces organes en rapport, d*un côté avec les organes des sens qui reçoivent les impressions du dehors, et de l'autre avec les humbles ouvriers manunivres et absolument subordonnés du mouvement, c'est-à-dire avec les muscles, dont la masse est extrêmement élastique. Pour donner une idée de la finesse de l'appareil nerveux, disons que les fibrilles ner-
veusos les plus fines ont à peine un deux-millième (1/2000) de millimètre de diamètre, tandis que les plus grosses cellules ganglionnaires sont à peine visibles à Toeil nu comme un point. Un nerf périphérique qui traverse le corps consiste en un faisceau de fibres nerveuses entourées chacune d^une gaine de myéline. Il part du cerveau, de la moelle épinière ou d'un ganglion et se ramifie de plus en plus jus(|u'aux muscles ou aux organes sensoriaux. Les nerfs les plus épais sont plus gros qu'un manche de plume, tandis que leurs ramifications les plus fines sont les fibrilles dont nous venons de parler. Chez rhomme adulte, le cerveau pèse d*un kilogramme et quart à un kilogramme et demi, tandis que la moelle épinière et les ganglions ne constituent guère que des appendices subordonnés qui s'y rattachent. Chez les vertébrés les plus inférieurs, par contre, le cerveau ne dépasse que peu les autres centres nerveux, et son importance relative diminue d'autant. Chez Thomme, il est Toi^ne de Ffime, et c*est avec bien plus de droit qu^on peut dire aujourd'hui : « Le cerveau c'est l'homme », que BulVon u"a dit dans le temps : « Le style c'est l'homme ».
Pour abréger, nous renvoyons aux figures et à leurs explications. Étudions d'abord les éléments dits histologiques les plus fins du système ou tissu nerveux, les cellules, les fibres, et les neurofibrilles. Ces éléments sont partout à peu près les mêmes, et ils constituent le véritable tissu nerveux. Leurs interstices sont remplis de vaisseaux sanguins très petits qui servent à les nourrir, et le tout est enserré dans un réseau très fin de tissu interstitiel de soutien qu'on appelle la névro gliey tissu qui n'appartient pas à la substance nerveuse, ni à ses fonctions.
Gomme tous les tissus du corps, le tissu nerveux se compose de cellules, qui s'appellent chez lui cellules ganglion'
noires ou nerveuses. Mais ces cellules se ramifient en arborescences si considérables et possèdent des prolongements fibreux d*une longueur telle, qu'on a désigné le com-
Digitizcû by Cjcjo^Ic
plexus d'une cellule ou d'iin élément nerveux avec toutes les arborescences de son protopiasma et de ses neuro-fibrilles
Prolongement nerveux oa cylindre-azile de la eelliile.
Gaine de myéline.
Cylindre-axe
Prolongenients protoplaâmlques.
Cellule ganglionnaire du neurone.
Terminaison ■ en patte d'oie ou en nnnicr d'une cullatéraie contre une petite coliule.
Ramifications collatérales du cylindre-axe.
Prolongement cylindre-axile devenu ûbre.
Arborescences terminales du neurone.
Panier ou patte d'oie terminale contre une cellule ganglionnaire.
FiG. 1.— Schéma d'un neurone {cellule de i" catégorie). a) portion centrale ; — 6) terminaison périphérique.
<lu lerme de « neurone ». La particularilé la plus in élulablement prouvée ijàu neurone consiste en ceci : dès
ANATOMIE DU SYSTÈME NEHVBUX
qu'on délruit le corps de la ecUule, loules les ramilicalioDs .fibreuses qui lui appartiennent, meurent; et inversement, lorsqu'on détruit la fibre principale (prolongement cylindreaxe), la cellule ganglionnaire correspondante, et celle-là seule, meurt aussi (i).
Toute colliile gan^'lioimairo se coinposc de siibslaiice pro- Loplasuiiijue, d'un noyau et d'un iiucicule, comme les autres cellules du corps. Par protoplasma, on entend la substance vivante de la cellule ; le noyau en est le centre vital reproducteur. En outre, la cellule nerveuse a deux sortes de prolongements. Les uns sont nombreux et s'appellent prolongenwnls pr()tof)l(isnii(^ues (lig. i). Ils ont lo nirnic asi)ort que l(* proloplasma dv la cellule, se ramilient beaucoup, mais demeurent relalivemenl épais, et se terminent à peu de distance de la cellule par des extrémités obtuses. La cellule ner^ veuse possède en outre un prolongement unique, appelé prolongement nerveux ou cylindre-axilej dont la structure est
Fl<;. v. — Scli(^in;« d'un tiM)n<j<>n <l<' nerveuse pcriphéritiue conijnt*
connue Ir.uisparente et coupée tr;uisver.salement. A travers la icaine de Schwann et la gaine de myéline, on voit au centre le cylindre-axe foncé avec ses neuroflbrilles. Le grossissement est énorme.
tout autre. Ce j)i ()longement se compose d'un faisceau serré dp neuroflbrilles extrêmement fines (fig. i et 4)i qui s*écarLeol dans la cellule pour former autour de son noyau un réseau
!•) ;Voir FouKL, Eiitigc llirnaiialoiuisclie lictrachtungcn. Archiv fiir Psychiatrie, 1887.
Vue en longueur.
— Gaine île Sehwann.
Gaine «le myéline.
- Cylindre-axe avec ses fibrilles
eoujucs Ironsvcrsaiement.
- Coupe transversale.
anatomie du système nerveux 47
d^anastomoses comme on le yoit à la figure 4^ réseau qu*Âpathy a clairement démontré chez la sangsue. Dans le
cylindre-axe lui-mOme les fibrilles sont au contraire eontinues, distinctes, et nullement ramifiées, courant directement de la cellule à quelque localité éloignée (iig. 2 et 4)- Peu après sa sortie de la cellule, le cylindre-axe se recouvre d'une gaine dite médullaire, d*un blanc laiteux et fortement réfringente, qui Tentoure comme d'un cylindre extérieur (fig. 2 et 3). Selon la nature du cylindre-axe, on distingue diverses sortes de cellules ganglionnaires.
Les unes sont simplement centrales; leur prolongement cylindre-axile se ramifie à peu de distance, et ses neurofibrilles se rendent à la snrface d*autres cellules voisines pour s'y terminer par contact. Apathy et Bethe croient (sans doute à tort) qu'elles entrent dans lesdites cellules et s'y anastomosent avec le réseau de fibrilles de ces dernières, à l'aide d'un réseau intermédiaire, dit réseau de Bethe. Le réseau de
AiMta4«l«ai)ir. tetatteSahmun. QdMdM^iiiu. CjUBdit-ti».
, liyao i» 1» c«Uiili ej liodriqa* U la galitdt Sekwua.
FiG. 3. — Structure de la libre nerveuse périphérique,
Bethe est une figure aréolaire de nature encore fort douteuse. Les cellules dont nous parlons constituent la seconde
catégorie d(î cellules d'après (iolgi.
Chez les autres cellules nerveuses (i'* catégorie de ^iolgi), le cylindre-axe donne bien quelques petites ramifications fibrillaires vers son origine, mais il se recouvre bientôt après d'une fôrte gaine de myéline et se prolonge, sans plus se ramifier (sauf quelques rares partages dichotomiques) et sans perdre sa gaine, à une distance sonvent très considéi-able» pour se rendre soit à un muscle, soit à un organe sensoriel,
ANATOMIB DU 8T8T&MB VBRYBUX
soit ?i quelque autre centre nerveux éloip^né. Sur son lon^^ parcours, il prend le caractère de ce qu'où appelle une fibre nerveuse (fig. 1, 2, 3). Les fibres nerveuses se partagent parfois en une ou deux branches principales, ainsi dans le nerf optique. Où qu'elles soient, leurs terminaisons consistent en fines arborescences composées de petits faisceaux de fibrilles qui se dissocient et dont la gaine m(''dullaire devient de plus en plus mince, pour linalemenl disparaître à peu près. Les unes se terminent enroulées autour des papilles de la peau ou des racines des cheveux (fig. 6); les autres, comme des griffes d'oiseaux, autour du corps d*autres cellules ganglionnaires (fig. i); les dernières enfin dans les fibres musculaires (fig. 5). Selon la nature de la station terminale de son prolongement cylindre-axe, qui conduit comme un fd éleclri(ju<' isolé de la cellule à la terminaison arborescente, la fonction du neurone se trouve être naturellement très diiîérente.
Les nerfs périphériques et les cellules des ganglions qui se trouvent dispersés dans le corps et qui ont à éprouver des pressions et des tiraillements, sont protégés en outre par une gaine solide de tissu conjonctif, appelée gaine de Schwann (du nom de Scliwann qui a découvert la cellule). Cette gaine se compose de cellules cylindriques placées bouta bout et pourvues d'un noyau allongé (fig. 3). A l'extrémité <}e chaque cel* Iule de la gaine de Schwann se trouve un anneau constricteur de Ranvier, qui interrompt la gaine de myéline, mais qui laisse passer le cylindre-axe ou prolongement nerveux de la cellule ganglionnaire. On jugera de la longueur d'un neurone, si je dis qu'il y a dans la moelle épinière lombaire de grandes cellules ganglionnaires dont le prolongement nerveux passe par le gros nerf sciatique de la jambe et va se terminer dans les fibres des muscles du pied.
Apathy, il est vrai, a fait une nouvelle hypothèse, d'après laquelle les cylindres-axes des fibres nerveuses ne seraient pas à leur origine le prolongement des cellules nerveuses. D'après lui, ce seraient les cellules des gaines de Schwann et
Noyau du lu cellule ganglioanaire.
Nucléole.
Réseau des neuro*
fibrilles.
Protoplosmn de la
cellule gaoglioD-
naire.
Pr<)lurij^f(!iiicnt cylitulr» -Mxilc avec ouuruiibrtiies.
de la Déyroglie du cerveau qui seraient les véritables cellules nerveuses el qui sécréteraient les neurofibrilles. Ce ne serait
que plus lard que ces dernières viendraient pénétrer dans les cellules f^^anglionnaircs cl les Iraverscr. ('.<'ltc hypolhrse esl coDlredilc par trop de faits pour pouvoir ôlre admise. La morl du neurone dans son ensemble, quand on blesse ses cellules ou sa fibre, serait inexplicable de celte façon. His a montré que le prolongement nerveux pousse direcleinont chez l'embryon (Ml parlant de la cellule ^an glionnaire. Uarrison a démontré qu'on peut enlever la matrice embryonnaire des gaines de Schmnn des ner& moteurs, et que, malgré cela, le nerf périphérique se dévelopi)e on partant des cclluh^s nerveuses, sans qu'il se forme de gaine de Schwann. La confirmation de ce dernierrésultal suffirait seule pour réfuter absolumenl la théorie d'Apathy. Du reste,
les travaux histologiques récents de divers auteurs sont venus confirmer le neurone et infirmer Apathy. Le fait suivant est encore fort important. Lorsqu'on compte le nombre des fibres nerveuses du nerf oculo-moteur chez le chat nouveau-né, on trouve (|u'il est à peu près le même que celui du môme nerf chez le chai adulte, bien que ce dernier nerf soit six ou huit fois plus épais. Cela provient de ce que les gaines de myéline sont extrêmement ténues chez le nouveauné et deviennent très épaisses chez Tadulle, ce qui suffit pour tripler répaisseur du nerf chez le chat de quatre semaines