‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 22 sur 77 · FOREL · texte numérisé non relu

FOREL

Fir.. — Héîseau des ncuroflbrillcs dans le proloplasma de la rellule ganglionnaire d'une sangsue (d'aprè.s A])athy).

et pour le sextupler ou même le rendre huit fois plus épais chez le chat adulte. Il est probable que ce fait est général, et il explique en ce cas le grossissement du cerveau de la naissance à l'âge adulte sans multiplication du nombre de ses éléments nerveux ou neurones. On sait en outre que toute lésion qui détruit un groupe de neurones dans le cerveau et dans la moelle épinière, est irréparable, et que jamais ses neurones

Fibre nerveuse

FiG. 5.— Plaques terminales d'un faisceau de fibres nerveuses dans

une portion do muscle.

Grosainaenicnt : loo fois (d'après Stôhr).

ne se reproduisent. Ce «jui est détruit demeure détruit. Les deux ordres de faits que nous venons de citer concordent entre eux etmontrcnl, à ne guère pouvoir en douter, que les neurones d'un vieillard n'ont pas été changés contre d'autres depuis sa naissance. Je crois que c'est là un point très important, qui permet de comprendre les phénomènes de la mémoire. Nous pourrions à peine nous représenter la «lurée i'IVeclive de la conservation des engrammes qui s'impriment dans le cerveau et y demeurent, si dans le courant de la vie

ANATOMIE OU STSTèniE NERVEUX

les neurones se détruisaient et étaient remplacés par de nouveaux éléments.

Comment les neurones se répartissent-ils dans le système nerveux ? Commençons par la périphérie du corps :

Tout masde est pourvu d*arborescences nerveuses qui loi transmettent les impulsions coordonnées de ses mouvements. Les muscles principaux (lu corps, ou muscles striés, qui se contractent rapidement sous l'influence de la volonté, sont innervés (excités par des nerfs) au moyen des arborescences de nerfs qui proviennent tous d'une longue colonne de cellules ganglionnaires situées dans ce qu'où appelle la corne grise antérieure de la moelle épinière. Les cellules des dites cornes antérieures forment avec les nerfs moteurs qui en sortent un seul grand grou{)e de neurones. Cette corne antérieure se continue à. la base du cerveau sous forme d'agglomérations (noyaux) espacées de grosses cellules, agglomérations

tjui donnent uaissance aux nerfs des muscles du visage, des yeux, etc.

11 existe en outre de nombreux muscles appelés muscles lisses et faisant mouvoir lentement les intestins, les vaisseaux sanguins, les glandes, etc. Ces muscles-là sont mus d'une façon automatique, indépendante de notre volonté et de notre

conscience, par les cellules des gant^lions disséminés dans le <-'ûrps, en particulier pnr <Mdles des i^anglions dits synij>alhiques, cellules qui forment avec leurs nerfs un tout autre système! de neurones. Néanmoins ces neurones ganglionnaires

-^Réseau lerininal des fibrilles nerveuses

A Envfluppeconjoucuve.

-«iBameau terminal de la fibre nerveuse tactile.

FiG. 6. — Un corpuscule tactile terminal de Meissner.

On voit les fibrilles des rami-

flcations terminales d'une fibre sensible (tactile) s'enrouler autour du corpuscule et se terminer ainsi en roseau dans les papilles des doigts et des orteils. — > Groêtiste-' menl.'Sâofois (diaprés StOhr).

ANATOMIB DU SYSTÈME NERVEUX

Lobe IronUil.

Pyraoïide.

Bulbe olfietIC.

Traei. oIfftcUr.

Ilrf triiOMM («mM. ta tfMgl).

Nerf facial (moteur).

Nerf acoustique.

Nerf guslatif.

Cerrelet.

Ganglions spinaux.

Nerf spinal.

Benfleaint lombaire (U U moel'a épimèr*.

FiG. 8. — Cerveau et moelle épinioi e d.» l'homme vus de dessous (la moelle do devant, mats courbée en arrière) et d un Uers de la grandeur naturelle.

inférieurs envoient quelques branches collatérales de leurs fibres dans la moelle épinière ou dans le cerveau, et reçoivent à leur aide de temps en temps des ordres cérébraux, de même qu ils envoient à leur tour certaines missives à Torgane de notre flme. On peut presque dire que les ganglions forment dans notre corps une sorte de colonie d*animaux inférieurs qui y végètent à la façon des polypes et dont la fonction

FiG. 7. — Grand cerveau de Thommo, vu de dessus, moitié de la

grandeur naturelle.

automatique est de régler les mouvements de notre cœur, de nos vaisseaux sanguins, de Tintestin, de la matrice, etc.

Lorsque, par exemple, nous rougissons ou pâlissons, c*est qu'ils ont reçu par Fintermédiaire des communications collatérales précitées, et à la suite d'une perception ou d'un sentiment fortement suggestif, une bonne secousse de la part du cerveau, secousse qui fait contracter les vaisseaux quand nous pâlissons et qui les dilate quand nous rougissons.

De chaque côté de la moelle épinière et de la base du cerveau, il existe en outre une série de ganglions dits spinaux. Le proloogement cylindre-axe de leurs cellules se partage en

forme (io Ton <loux nioiliôs, dont l'uno va so ramifiiM* dans la siihsinncc îj:t i<t' de In conu» dilo posIérliMirt^ de la moelle épinière, tandis que 1 autre l'orme les nerfs dits tactiles, qui vont se lermioer dans les papilles de la peau, autour de la racine des poils, etc. Ce sont différentes variétés de nerfs tactiles qui transmettent au cerveau les attouchements de la peau, la chaleur et le froid, la douleur, ou au contraire les sensations agréables, selon la façon dont ils sont excités et rinlensilé de cette excitation. 11 est assez prouvé maintenant qu'il existe des fibres à terminaisons distinctes pour le toucher, la douleur, le froid et le chaud (von Frey et autres). Le nerf du goût a une structure analogue à celle des nerfs tactiles. Les nerfs des sens supérieurs, de Tœil, de Toreille et* de l*odorat ont par contre une slrurture spéciale. La rétine de r<ri], l'orti^nnc <le ( lorti dans le coliiiiaron de l'oreille et la muqueuse olfactive du nez, possèdent des cellules ganglionnaires particulières et des terminaisons nerveuses spécialement adaptées à la réception des rayons lumineux, des ondes sonores et des particules chimiques odorantes. Un singulier nerf, collé extérieurement au nerf auditif, le nerf du vestibul«^, sert d'après Macli, avec les canaux semi-circulaires du labyrinthe, à la sensation d écpiilihre, ainsi qu'au ralentissement et à l'accélération des mouvements du corps. Sa structure est aussi fort particulière. On voit donc que tout notre corps est traversé et pourvu d^appareils nerveux. Mais tous sont sous le commandement direct (nerfs cérébro-spinaux) ou indirect (nerfs ganglionnaires) de la grande masse du cerveau. Tous les neurones de la moelle épinière sont direclemenl subordonnés au cerveau, quoiqu'ils se permettent parfois des secousses indépendantes, dites réflexes, transmises par la moelle seule.

Le cerveau et la moelle épinière constituent chez Thomme, comme chez tous les mammifères, une masse continue, composée d'une substance molle, en partie grise et en partie blanche. En mangeant de la cervelle de veau, on peut facile-

meut observer la réparlilion de ces deux substances. La substance blanche est presque exclusivement composée des flbres à myéline que nous avons décrites et qui, plus ou moins ordonnées en faisceaux croisés et formant nn tissu inextricable, s'en vont dans toutes les directions. Un petit morceau (le subslance blanche représente une parcelle de ce tissu. ïl contient des portions des neurones les plus divers, portions qui provenaient <les dilVérentcs parties du cerveau et de la moelle épinière, et qui se rendaient de Tune à laulre. (le ne sont pas des fils télégraphiques suspendus en Tair ; c'est au contraire une masse compacte constituée à la façon d'un câble transallaniique. Ses fils ne sont pas parallèles, mais croisés en tous sens connue ceux d'un feutre. Eh bien! malgré cela, les admirables expériences de \\ aller, Tiu ck et von Gudden, ainsi qne les travaux de leurs élèves et de leurs successeurs, ont réussi à débrouiller une bonne partie de ce feutre. On détruit chez un animal une petite portion bien déterminée du système nerveux. Puis on laisse vivre l'animal un certain temps, en observant les paralysies ou autres troubles physioloi^i(ju(>s (pTil trahit. Ensuit»' on le tue, on dun'it son cerveau dans certains liquides chimiques appropriés, on ie réduit en une série de conpcs extrêmement H nés à laide d'un microt.ome, on colore les éléments nerveux de ces coupes et enfin on suit coupe par coupe la trace des portions mortes des neurones qui ont été lésés dans la partie détruite (cellules ou fibresj. Dans le laboraloiie de von (luddcn nous avons même pu observer à l'opldalnioscojie rairophic d'une portion spéciale des fibres du nerf optique <lans [ < cil d'un lapin vivant, auquel on avait enlevé immédiatement à sa naissance une certaine portion du cerveau en rapport avec le sens de la vue.

La substance grise contient les cellules ganglionnaires et

les arl)orescences leriniiialcs d(»s neurones. Autour de toutes les circonvolutions cl sillons du irraud cerveau, elle constitue une écorce épaisse de plusieurs millimètres, écorce qui est

ANATOMIB DU SYSTÈME NERVEUX

avant tout le swv;e de noire activité psychique. Les neurones de toutes les autres portions du cerveau et de tout le corps y enToient, soit directement, soit par rintermédiaire d'autres neurones, des flbres nerveuses, c'est-à-dire les faisceaux de fines neurofibrilles, qui constituent leurs cylindres-axes, tandis que Técorce, à son tour, envoie de toute part vers la périphérie les cylindres-axes de ses neurones et leurs ramifications. En somme, on peut diviser avec Meynert les longs neurones de l'écorce cérébrale en deux groupes: i" les systèmes (anatomiques) d'association (ne pas confondre avec le terme psychologique d'association !), chez lesquels une cellule ganglionnaire de Técorce cérébrale envoie son cylindreaxe à un ou plusieurs i^ioupes de cellules ganglionnaires d'autres provinces de la même écorce, soil du même hémisphère cérébral, soit de l'autre (ces derniers passant par le grand feutre transversal de fibres entrecroisées dit « corps calleux » qui réunit les deux hémisphères Tun à Fautre) ; 2* les systèmes de projection qui sont de deux espèces : a) les systèmes centrifuges, chez lesquels une cellule nerveuse de l'écorce envoie son cylindre-axe à la moelle épinière ou 11 quelque autre centre subordonné ; 6) ies systèmes centripètes^ chez lesquels une cellule ganglionnaire de la moelle épinière ou d'un centre subordonné envoie son cylindre-axe à Técorce cérébrale.

Mais il existe encore une troisième sorte de neurones, les

ntfitrones locaux ou courts (cellules de seconde catégorie de de (iol^'^i), chez lesquels la c<'llule ganglionnniiM' n'envoie les ramili<'alions de son cylindre-axe qu'à des cellules voisines, ledit cylindre-axe ne sortant pas de la substance grise environnante.

Il ressort de tous ces faits qu'il n'existe pas de neurones directs allant d'un organe des sens à l'écorce ou de l'écorce aux muscles. A l'intérieur du système nerveux central, on trouve méuïe diverses chaînes de neurones qui se suivent, c'est -à-dire qui sonl intercalés entre l'écorce cérébrale elles neurones périphériques. 11 existe donc diverses stations télé-

FOREL. Planche I.

Pio. 9. — Côté gauche du grand cerveau humain (vue latérale; moitié de la grandeur naturelle, d'après Dejerine).

R, Sillon central deRolando; — S, Scissure de Sylvius; — V B J, Circonvolution centrale aulérieure ;— B* y*, Circonvolution centrale postérieure; — P (vert). Centre de la parole (circonvolution de Broca ou frontale inférieure), dont la destruction à gauche rend l'expression des mots impossible ou la dérange; — A (6/eu), Circonvolutions temporales, dont la destruction à gauche dérange ou détruit la faculté de compréhension du langage oral. Des deux côtés A est en même temps le centre psychique ou cortical de l'audition ; — L (violel). Circonvolution dont la destruction à gauche dérange ou empêche la faculté de lire (de comprendre le sens des mots écrits) ; — J J* (carmin). Centre des mouvements volontaires et de la sensibilité tactile corticale de la jambe de chaque cùté; — B {ocre brunâtre), Centre des mouvements volontaires et de la sensibilité tactile corticale du bras et de la main de chaque côté; — V V* (jaune). Centres des mouvements volontaires et de la sensibilité tactile du visage de chaque côté. Toute la région PAL n'est qu'à gauche le centre de la diction et de la compréhension de toutes les formes du langage (oral, écrit, etc.).

G. STEINHEIL, Éditeur.

FiG. 10. — Vue de la surface médiane de l'hémisphère gauche du grand cerveau humain, sectionné par le milieu dans le sens longitudinal. Le corps calleux et la portion rayée X constituent la surface sectionnée qui tranche en même temps obliquement le tronc cérébral (pédoncule) pour l'éliminer (d'après Dejerine).

R, Extrémité supérieure du sillon central de Rolando ; - S. Extrémité inférieure de la scissure de Sylvius; — Corps calleux. Corps calleux tranché parla ligne médiane; - J* J {carmin). Centre des mouvements volontaires et de la sensibilité tactile de la jambe (extrémité supérieure des circonvolutions centrales antérieure et postérieure); — V* B* y, Extrémité supérieure de la circonvolution centrale postérieure , — V B J. Extrémité supérieure de la circonvolution centrale antérieure ; — Vue (indigo), Cuneus, etc. Circonvolutions dont la destruction provoque la cécité psychique unilatérale de chaque œil. dite hémianopsie ; — Od (ocre brun). Centre cortical de l'odorat [correspond à ce que sont Vue pour la vue(fiK- et A pour l'ouTe (flg. 9)1-

G. STEINHEIL, Éditeur.

ANATOMIB DU SYSTÈME NERYBUX

graphiques inlermédiairos dans lesquelles les dépêches (engrammes) sont imprimées et combinées à d'autres, avant d'être envoyées plus loin. Les neurones les plus longs sont ceux qui passent par les faisceaux dits pyramidaux et qui vont

directemenl des circonvoliitioiks centrales de Técorce du grand cerveau aux cornes antérieures de la moelle épiniére, ainsi que ceux qui vont des dites cornes antérieures aux muscles (nerfs moteurs périphériques). Ces doux systèmes de neurones superposés sufBsent à transmettre les irritations combinées des impulsions dites volontaires (mouvements volontaires) du grand cerveau aux muscles.

Depuis un demi-siècle on a prouvé, tant parles expériences faites sur des animaux que par les observations recueillies sur les malades du cerveau, que chaque organe sensoriel envoie les irritations qu*il reçoit à une province déterminée de Técorce cérébrale h l'aide de neurones superposés, et qu'en aens inverse chaque groupe local de muscles reçoit ses ordres de mouvements coordonnés d'une autre province de Técorce cérébrale, distincte aussi. De ces faits, on a déduit ce qu'on appelle les localisations des fonctions de Técorce cérébrale. Gomme on peut le voir aux figures 9 et 10, chaque moitié ou hémisphère du grand cerveau peut être divisée en trois lobes : le lobe frontal devant, le lobe occipital derrière et le lobe temporal de côté en bas. Le milieu, en dessus, entre le lobe frontal et le lobe occipital, s'appelle aussi lobe pariétal. La scissure de Sylvius,qui s'ouvre en bas, sépare profondément le lobe frontal du lobe temporal. Le nerf optique envoie les irritations de la rétine à une partie du lobe occipital, le nerf auditif, celles de Toreille à une partie du lobe temporal, etc. Entre l<*lolje frontal et le lobe occipital (au milieu du lobe pariétal), trouvent les deux circonvolutions, dites centrales (l'antérieure et la postérieure), séparées Tune de l'autre par la scissure de Rolando. Dans ces deux circonvolutions et dans quelques portions voisines de Técorce, se trouvent les centres corticaux envoient aux divers groupes de muscles les ordres d*exé-

ANATOMIE DU mTÈME NERVEUX

cution des mouvements coordonnés. La jambe, le bras, la langue, etc., ont rliacun leur centre cortical bien déterminé (voir fig. get lo, J JS B B^ etc.).

D*autres provinces de l*écorce sont préposées au langage, en ce sens que les appareils servant à la compréhension ou h l'expression (les mots parlés ou écrits se trouvenl en elles ou passent par elles. La région sylvienne gauche, dite région du langage (P, A, L, fig. 9), y préside d'une façon exlrômemenl complexe et encore mal expliquée. La destruction des faisceaux de fibres situés sous elle, Â Tintérieur du cerveau, provoque également des troubles du langage parlé ou écrit. Les trois cercles colorés de notre figure, le cercle vert (Pi pour l'expression des mois parlés, le cercle bleu A) pour la compréhension des mots parlés, et le cercle violet (L) pour la compréhension des mots écrits, ont été déterminés d'après des cas de lésions circonscrites du cerveau, lésions qui n'avaient détruit que précisément cette portion de Técorce, et ils désignent la région dont la lésion circonscrite produit toujours régulièrement et nettement les troubles correspondants du langage. Mais les destructions de P à L et celles qui sont dans la substance blanche en dessous, du côté gauche, déterminent d'une façon générale des troubles variés du langage. Ajoutons que les lésions correspondantes de l'hémisphère droit ne produisent pas de troubles du langage ; c'est donc riiémisphèrc gauche que l'homme exerce seul dans ce domaine. Nous ne connaissons tout cela que d'une façon relativement grossière, et il faut se garder de construire des hypothèses détaillées sur cette base et d'en déduire des dogmes. C'est ainsi, par exemple, qu'il ne peut pas exister de centre spécial pour récriture, pour la simple raison que chacun peut écrire avec, toutes les parties un peu mobiles du corps (nième avec les pieds).

Mais plus: Nous possédons deux hémisphères cérébraux, associés entre eux par le feutre iibreux du corps calleux. Dans la région des centres inférieurs, entre la moelle et le

grand cerveau, surloiit au bas de la moelle allongée, les systèmes de projection de l'hémisphère- droit se croisent en majeure partie sur la ligne médiane avec ceux de l'hémisphère gauche, pour entrer en relation avec le côté gauche de la moelle épinière et avec les organes gauches du corps. Donc, quan(l je travaille avec ma main droite, cela répond à lin travail de rhémisphère g^auche de mon cerveau. Là où les deux hémisphères n ool pas besoin de travailler ensemble, il arrive très souvent que, dans le cours de la vie, Tun d'eux s'exerce seul, de même qu'à l'ordinaire nous n'écrivons et Défaisons divers travaux qu'avec la main droite (avec l'hémisphère gauche). Voilà évidemment pourquoi nous ne parlons qu'avec l'hémisphère gauche du cerveau, dans lequel seul se trouvent les centres de l'expression cl de la compréhension du langage. Lorsque la région bleue (A, fig. 9) à gauche est détruite, l'individu entend encore du bruit, mais il ne comprend plus rien à ce qu'on dit; c'est comme si l'on parlait une lang^uc étrangère. Ce n'est pas le cas lorsque la même région est détruite à droite.

Dans le lobe frontal, on n'a pas trouvé, jusqu'ici, de localisation. Ce lobe paraît tout spécialement adapté au travail de la pensée, c'est-à-dire aux combinaisons abstraites des eugrammes. Il est malheureux que le terme d'association ait été employé à la fois pour une notion psychologique et pour une notion d'anatomie cérébrale, alors que ces deux notions ne sont nullement équivalentes et n'olVrent même aucune correspondance. Il ne faut pas s'imaginer que les associations d'idées se promènent chacune sur une fibre d'association du cerveau. Ce serait une grave erreur. Nous ne connaissons pas d'autres localisations cérébrales que celles qui correspondent aux organes des sens et aux groupes tle muscles. I^a localisation analomiquc des associations d'idées est nécessairement si complexe, qu'il est absolument impossible, dans l'état actuel de la science, de lui attribuer une hypothèse ayant quelque valeur.

ANATOMIB DU SYSTÈME NBRTBOX

Entre les hémisphères du grand cerveau et la moelle épinière se trouve» outre les système^ de projection des divers groupes de neurones, une série de centres gris subordonnés qui sont dans un rapport plus direct que Técorce avec les I organes des sens et avec les appareils moteurs compliqués, c'est-à-dire avec les automatismes. Ces centres n'ont rien de commun, chez l'homme, avec les fondions supérieures de l'âme. Selon le développement plus ou moins considérable de la fonction à laquelle ils président, ils sont plus ou moins développés dans les divers groupes d'animaux, souvent plus grands que chez Thomme. Nommons le cervelet, la protubérance annulaire, les corps quadrijuroeaux avec Tisthmejes couches optiques, le corps strié, le lobe olfactif, etc. Le lobe [ olfactif est en rapport avec l'orj^ane de l'odoral; une partie des couches optiques, le tubercule quadrijumeau antérieur, ' et le corps genouillé externe avec celui de la vue. Le cervelet | et le corps strié paraissent être en rapport avec la coordi- i nation des mouvements et Téquilibre, mais leur fonction est | encore extrêmement obscure. Si l'on enlève soigneusement le cervelet, sans léser les centres qui sont sous lui, on n'observe guère (ju'un certain ralentissement des mouvements.

Pour montrer à quel point le grand cerveau de rhoinme dépasse tout le reste, je donne les chiffres suivants, pris sur 10 cerveaux d'hommes et lo cerveaux de femmes :

Grand oenreau Antres centres Total

Hommes. 1.0()U grammes 290 grammes 1 .350 grammes Femmes. 955 — 270 — 1.225 —

Dans ces cerveaux d'hommes assez normaux^ pesés par j moi-même, le poids (très faible) de la moelle épinière fait défaut. D'un autre côté, les fibres de projection du grand cerveau, qui travers<»nt les centres subordonnés, sont pesées avec eux. Les corps striés ont certainement la fonction la plus voisine de celle de Técorce cérébrale. On voit que le

grand cerveau de la femme est de plus de 100 grammes plus léger que celui de l'homme, et même un peu plus léger que lui proportionnellement au poids relatif des autres centres. D'après les statistiques plus considérables citées par Mercier, le poids moyen normal du cerveau entier de l'homme est de 1.353 grammes, celui du cerveau de la femme de 1.200. La différence est donc, d'après lui, encore pins grande.

Nous sommes obligés de nous contenter de cette courte esquisse du système nerveux humain. On peut voir néanmoins que Torgane de notre Ame est formé du même tissu que celui des organes de toutes les fonctions nerveuses, y compris celles du mouvement, à Tezception des muscles eux-mêmes. Grftce à son élasticité, analogue à celle du caoutchouc, le muscle représente Finstrumenl avec lequel travaillent les nerfs moteurs. Bien plus ! Le langage, les mouvements et les sensations nous montrent que la même activité de quelques groupes de neurones suffit pour transmettre Tirritation la plus infime d*une portion quelconque du corps à la conscience supérieure (activité attentionnelle) qui siège dans le grand cerveau, et en sens inverse que celle de deux autres groupes de neurones peut transmettre toute activité, consciente ou non, à un groupe quelconque de muscles.

On comprend que tous ces renforcements, ces inhibitions ou arrêts, et ces transmissions d*irritaiions, qui correspondent à une activité moléculaire intense du système nerveux, doivent produire un épuisement de ce dernier par perte d'énergie. Il faut donc une source de remplacement d'énergie, c'est-àdire de substance et de force. L'énergie indispensable à toute activité du cerveau lui est fournie par un réseau très riche de vaisseaux sanguins et lymphatiques, qui est surtout abondant dans la substance grise.

Le cerveau et la moelle épinière se trouvent bien protégés et cachés dans la capsule du crftnc et dans celle de la colonne vertébrale. Les fractures de ces capsules sont donc très dangereuses, car elles provoquent ordinairement des lésions du

cerveau ou de la moelle, lésions qui ont les suites les plus graves pour la vie de Vkme et du système nerveux en général.

C'est facile à comprendre, si Von réfléchit à la fois à l'iinportançe el à la délicatesse de cet organe suprême de Thomme.

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