Automatismes secondaires. — Nous avons déjà vu dans la
psycliolojy:io que la répétition et la fixation automatique des engrannnes provoijue la formation de ce (|u'on apj)elleles habitudes. Or 1 habitude redevient aulomalique quoique moins complètement et moins puissamment que rinslincl héréditaire. On désigne les habitudes du terme d'automatismes secondaires.Nous pouvons déjà constater avec certitude Texistence d'habitudes individuelles eliez les abeilles et les fourmis. Donc racUvilé plastique du cerveau se transforme en automa- Orne par la répétition. Chez Tbomme, l'habitude est un automatisme du grand cerveau. De cette simple tendance de toute activité nerveuse plastique à devenir automatique par la répétition, on peut déjà conclure que la faculté ou tendance plastique deséneri^ies vitales n'est pas secondaire, mais prinuiire. Nous ne discuterons pas plus au long celte question fondamentale; cela nous conduirait trop loin. Mais il découle de tout ce que nous avons dit que la physiologie du grand cerveau n*e8t pas fondamentalement différente de celle des autres centres nerveux.
Klle est simplement plus compliquée et superordouuée, tout comme l âme du grand cerveau est seulement plus compliquée que celle des centres nerveux subordonnés. Et c'est l'immense complication du grand cerveau humain, due au nombre, à la diversité et à la fine complexité de s^s neurones, qui le rend si plastique.
8. Localisations. — Je ne répèle pas ici ce que nous avons dit au chapitre II. Le célèbre anatomiste Gall fut le premier à localiser le langage d'une façon à peu près exacte. Mais il
s'imaginait pouvoir localiser toutes les fonctions mentales (Hjssibles dans le cerveau, même à travers le crAne ! Quand môme Gall a deviné quelques vérités avec l'intuition d'une imagination géniale, cette imagination s'est si bien mise chez lui à la place des faits, qu*il a discrédité une idée dont la fondement était juste. Il est néanmoins intéressant de cons-
taler que les chiens auxquels Goitz enlevait le lobe frontal devenaient iiH'chanls, tandis que ceux auxquels il enlevait le lobe occipital étaient fort doux, ce qui corresjxjnd assez aux idées de Gall. Il résulte neltement des localisationH des engrammes de Texpression du langage, de ceux de sa compréhension et des centres corticaux sensoriels et moteurs, localisations sifjfnalées au cliapilre 11, que les différentes provinces du grand cerveau trahissent une spécification relative de leurs fonctions. Mais elles sont toutes mises entre elles en connexion si intime par leurs neurones d'association^ qu'il est à peine possible d'entreprendre une localisation macroscopique plus détaillée des fonctions mentales. Nous exerçons sans doute en partie les provinces correspondantes de notre hémisphère cérébral droit et de notre hémisphère cérébral gauche à des activités et dans des buts difTéreats. Mais la pathologie nous enseigne qu'après la perte d'une portion de l'écorce cérébrale, nous pouvons aussi exercer des parties avoisinantes en remplacement, si la destruction n'est pas trop étendue. Bref, lorscjue nous Iravaillons mentalement, certains neurones de diverses parties du grand cerveau travaillent sans aucun doute simultanément, mais d'une façon si compliquée que nous sommes encore très loin de pouvoir comprendre, même en gros, le cadre de ces divers mécanismes.
Une chose cependant est certaine, c'est que le développement du lan^afj^e coninie symbole delà pensée (voir chapitrai) a créé à l'activité plastique du grand cerveau un champ immensément étendu. Seul, grâce à l'accumulation du travail mental des ancêtres à l'aide de Tencyclopédie écrite, il a rendu possible au cerveau atj:ran(li d'un singe supérieur la civilisation humaine dont nous sommes si tiers.
9. Sens. — La physiologie des organes des sens est très compliquée. A sa base se trouve la doctrine de l'énergie spéciale des sens, formulée par Jean MûUer et que voici :
Oigiiizea by LiOU^li