‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 34 sur 77 · GENÈSE INDIVIDUELLE DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

GENÈSE INDIVIDUELLE DU SYSTÈME NERVEUX

malozoide a la chance de se conjuguer avec un œuf. Or nous devons certainement admettre que la substance de chaque spermatozoïde possède une combinaison déterminée d'éIle^ gies de ses ancêtres différente de celle des autres, ses collègues. Il en est de môme de chaque ovule. En effet, tous les frères ot sdîurs son! dillÏMenls les uns des autres et présentent des atavismes variés. On voit par là que les caractères héréditaires de l'individu qui sort de leur conjugaison* sont déterminés par la combinaison d'énergies ancestraies possédée par le spermatozoïde et par l'œuf qui viennent précisément à se conjuguer. Il s'y ajoute encore la prépondérance de l'un ou de l'autre des deux germes dans l'ecphorie des dits caractères pour chaque cas particulier, ce qui fait que le produit ressemble plutôt soil à la lignée paternelle, soit à la lignée maternelle.

Les circonstances de la nutrition dans le corps maternel sont sans doute importantes pour le développement normal et pour la santé de l'embryon. Mais elles ne déterminent nullement ses caractères individuels. Cela ressort déjà du fait bien connu que, par ses caractères, Tenfant tient en moyenne autant du côté paternel que du côté maternel, malgré la petitesse du spermatozoïde et les circonstances qui font que, dès la conjugaison de ce dernier avec l'œuf, il ne subit plus que les influences maternelles, en particulier celles de la nutrition. Ajoutons encore que chez les poissons, où la fécondation se passe dans l'eau, hors du corps de la mère, et où les embryons sont libres, ce qui supprime toute prépondérance de l'action maternelle dès la conjugaison, les produits ne ressemblent pour cela pas plus au père qu'j» la mère.

Chaque embryon garde en l éserve une petite provision de cellules embryonnaires indiilérenciées, qui deviennent plus tard la glande sexuelle ou germinative mâle ou femelle. A rorigine, ces cellules ne sont ni mftles, ni femelles, et semblent être neutres. Mais à une certaine période embryonnaire elles se diUérencient el devieoueut mâles ou femelles,

GENÈSE. INDITIDUELLE OU OMTOGÉNIB

ce qui décide du sexe de Tembryon. Dans le premier cas elles deviennent spermatozoïdes et constituent le testicule dans le second cas, elles deviennent ovules et constituent

l'ovaire. Donc les glandes germinatrices de chaque sexe proviennent des mêmes cellules embryonnaires. Une fois que la difl'érenciation a eu lieu, lout le dévcloppemcul ultérieur de rindividu, dans toutes les parties de son corps, prend, selon le cas, les caractères du mflle ou ceux de la femelle, ce qui, chez certains animaux où les sexes sont très différents Tun (le l autre (cerfs, paons, fourrais, etc.), provoque une différenciai ioii énorme ( polymorphisme sexuel ^ «le loui le c{)r[)s. Cependant cette différenciation demeure pari'oiâ incomplète, ce qui donne lieu à un hermaphrodisme plus ou moins partiels Le système nerveux sort du feuillet embryonnaire externe ou ectoderme, le même qui donne naissance à la peau et aux organes des sens. Sur la ligne méiliant^ du dos, une partie de rectoderiiie s invaginc à l'intérieur en forme de gouttière. Puis la gouttière devient un cylindre, en se séparant du reste de Tectoderme, et se transforme plus tard en moelle épimère et cerveau. D'abord les cellules de ce système nerveux central embryonnaire se mettent à proliférer énormément et à constituer des expansions correspondant aux différentes parties de la substance grise, ( e n est que bien plus tard que les cylindres-axes ou fibres nerveuses se mettent à bourgeonner et à crottre, en partant de chaque cellule, et plus tard encore, en partie après la naissance de Tenfant, que chaque tibre s'entoure d'une gaine de myéline. A l'origine, le cylindre médullaire de l'ecloderme, (|ui constitue le système nerveux primitif de l'embryon, se distend à son extrémité antérieure 80US forme de vésicules, qui deviennent plus tard les diiîé< rentes parties du cerveau. Nous avons déjà parlé au chapitre II du rapport des éléments nerveux de Tembryon avec ceux de l'adulte. Mis a prouvé le premier que les fibres nerveuses bourgeonnent directement de leurs cellules d oiigine, dont elles ne sont donc que le prolongement. L'élément com^

IIO GRNÈ8E INDIVIDUELLE DU SYSTÈME NERVEUX

pliqué cellule-fibre qui en résulte conslilue le « neurone ».

A la naissance, le cerveau est déjà fort gros. Chez Tenibryon humain, sa grosseur est même disproportionnée. Ce fait montre à quelle époque hâtive de Tembryon se forme ] ('bnnrho tonte pn^le (!<' l'or^an*' de notre pensée, deno'î senlinienls, de noire volonté el de nos mouvenaenls. Mais chez l'enfant nouveau-né une grande partie des neurones do grand cerveau sont encore gris, sans gaine médullaire et incapables de fonctionner. Ce n*est que peu à pou, pendant la première année de la vie libre, que se développent les gaines niédnllaires. Dès qu'elles se forment, le nein'one coninKMicc à fonctionner. O simple fait montre (si une observation allontive ne- nous Tavait pas déjà fait connaître) que ce que roii désigne chez le petit enfant comme produit de réducation, n*e8t fort souvent pas du tout appris* Ce sont en réalité en grande partie des instincts hérités tont d'une pièce, qui ne peuvent commencer à fonctionner que lorsque leur or^i^ane est complètement développé. Los appareils rétlexes de la moelle épinière et des centres cérébraux subordonnés fonctionnent les premiers, ainsi que les automatismes tels que la succion du nourrisson. Puis les impressions du monde extérieur commencent à agir sur le tact, l;i vue, ronïe, Podoral. le goût, etc., «l'une façon 'plastique, c'est-à-dire qu'elles sont peu à peu transmises dans les neurones du grand cerveau, qui commencent à fonctionner Tun après l'autre. Le papier de ces derniers, blanc jusqu*ici, commence alors à se recouvrir d'engrammes qu*y grave le monde extérieur.

Kussmaul et Preyer ont entrepris une étude extrêmement intéressante, celle de l'observation du développement progressif de 1 activité psychique chez le petit enfant. Nous renvoyons à leurs trayaiix, car le sujet nous mènerait trop loin. Au début, l'enfant ne peut eneore adapter ses mouvements à ses perceptions sensorielles. Il n'a, du reste, pas encore de perceptions complètes, niais stMdemont des mélangi^^B confu* da sensaiiona. Ce sont d'abord celles du toucher qui a'asaor

GENicSB INDIVIDUELLE OU OimOÉNIE

cient le mieux avec les mouvements, ce qu*on observe surtout en suivant l'activité des mains. Puis viennent l'ouïe, la vue, etc. L*enfant apprend peu à peu à prendre ce qu*il voit, puis à reconnaître ce qu'il a déjà vu . Les engrammes se fixent

p| s'as?;ocionl, d'abord pour lo nK^^mc sens, })uis ontrc différeiils sens. Néanmoins ils se fixent d'abord fort mal, car l'enfant de quatre ou cinq ans a en général oublié tous les événements delà première année de sa vie. 11 est peut-être faux de dire queces événements « s'oublient», car ils sont malgré tout fixés et utilisés, mais ce qui est certain, c*est que les introspections superconscientes ulléricurcs du ii^rand cerveau ne s'associent plus avec celles de la première année. Les enfants sont fort didérenls les uns des antres, et déjà dès le début de leur vie mentale on peut distinguer leurs dispositions héréditaires, leurs forts et leurs faibles. Nous ne pouvons parler ici de l'hygiène de lenfance ni de la pc dagogie. Constatons soulcmont que les enfants se développent très inégalement. Le passage de l'embryon à l'homme adulte se fait graduellement, de la naissance à Tâgede dix-huit ou vingt ans chez les filleset de vingt-trois ou vingt-cinq ans chez les garçons. C'est le cas pour tout le développement de l'âme et des fonctions nerveuses, comme pour celui du reste du corps. Examinonsen les grandes lignes.

Sûrement l.ogé par la matrice et nourri par le sang maternel dans son sac obscur, Tembryon s'y était développé jusqu'à la naissance et y avait crû, séparé du monde extérieur et de ses impressions, en demeurant en somme passif, quoique un peu mobile. Subitement arraché à ce doux repos, le voilà brutalement mis en contact avec le monde exlérieur. Dèslors. el jusqu'à la mort, ce dernier agit saus cesse sur l'homme au moyen des organes des sens et de leurs nerfs, tandis que Thomme réagit à son tour surle monde à Faide de ses appareils moteurs. L*oFgane qui enregistre, coordonne et combine presque toutes les impressions du monde extérieur et qui provoqije presque toutes les réactions de 1 homme sur oe dernier, est le cerveau.

Page 1