‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 36 sur 77 · HÉRÉDITÉ · texte numérisé non relu

HÉRÉDITÉ

figer le cerveau et à le rendre automatique. Le vieillard se répète, tant dans ses activités motrices que dans ses pensées, SOS abstr«'i<-l ions et ses paroles, (pii s automalisent par l'Iiabiliide. Or l 'homme paresseux, qui ne travaille pas ou très peu, vieillit en moyenne bien plus vile que celui qui travaille. Ce dernier demeure bien plus élastique et bien plus adaptable.

b) Hérédité. — Tout ce (pie nous vendus <le dire ne concerne qu'une partie des facteurs du développenienl ontogénique. Une seconde partie tout aussi importante se trouve déjà renfermée dans les cellules germinatives conjuguées. Ils ont une portée immense. Un musicien ne peut pas sortir de ^erni(^s privés de dispositions musicales héréditaires, et un hoinine de génie ne peut i^uèn» plus sortir des germes d'ancùtres qui furent tous imbéciles, qu un canard ne peut sortir d'un œuf de poule. L exercice peut adapter et utiliser aussi complètement que possible les énergies héritées par la combinaison des deux germes conjugués; mais ce n'est pas un miigicien, et il ne j)eut créer dc^ disposiliuns (pii n'exislent pas dans le germe. Nous disions que les énergies héréditaires sont une combinaison de qualités très diverses des ancêtres. On nomme atavisme Tecphorie chez un individu de certaines qualités que ses parents ne possédaient pas, mais (|ni existaient chez tel ou tel ancêtre, par exemple chez une bisaï eule paternelle. En cas pareil, la conjugaison doit avoir été opérée par un spermatozoïde paternel qui se trouvait avoir précisément hérité en grande partie des énergies de la dite aïeule du père. Il nous est impossible de reconnaître et de calculer toutes les possibilités et complications de l'atavisme. Mais ses efTelsne sont que trop distincts. Tout s'hérite: l'imagination, la conscience morale, le senlimeni de l'art, la méchanceté, la disposition à 1 intrigue, les appétits forts et faibles, etc., aussi bien que des cheveux noirs ou rouges ou encore qu'un nez camus ou aquilin. Or il est clair que pour

It8 GENÈSE INDIVIDUELLE DU SYSTÈME NERVEUX

rhomme les énergies héréditaires les plus importantes sont celles du cerveau. Il en ressort renseignetnenl suivant.

<< Dans la j)i'()(T'''ali(>n de sc^ <l«'s< rndanls, l lioinme dcvrail faire un choix soigneux ; les hommes de valeur el les bien | portants devraient se multiplier ; les incapables, les anor- | maux et les malades devraient s*en garder. » En effet, tous les efforts de Téducation ou de Fadaptation échouent là où les dispositions hérAdilniros font défaut ou constituent de méchants anIagonisLcs de toute cducatioii sociale.

Tout ce que nous venons de désigner constitue { hérédité dans le sens propre du terme (voir plus bas, Descendance). Nous verrons biéntôt que les irritations du monde extérieur qui n'influencent que les cellules différenciées du corps et laissent intactes les cellules f^^erniiiialivos, ne peuvent s héri ter que d'une façon infinitésimale, à Taide de renf<raphie mnémique, et préparer ainsi sous forme latente la coniplicalioo évolutive croissante des espèces. Ce n*est que quand elle agit directement sur les cellules germinatives que Tengraphie peut les transformer rapidement. On devrait comprendre que seulement ce (pii niodilie la structure intime, c'est-à-dire les énergies héréditaires, des cellules germinatives s'hérite immédiatement, et c'est là ce que, malheureusement, on comprend souvent le moins. On peut couper pendant deux mille ans la queue d'une espèce animale, et pourtant au bout de deux mille ans les descendants naîtront toujours avec une (pieue. [.a variabilité rapide el eonsidéiable (pi'on ohserve souvent chez une môme espèce, est due au nombre iniioi des combinaisons possibles entre les germes qui se conjuguent et qui proviennent d'individus fort divers. Les jardiniers et les éleveurs d'animaux le prouvent tous les jours. Ils font une séleelion de çi^raines ou d'animaux reproducteurs dans le sens des particularités qu'ils veulent l'ortilier, en accouplant toujours les individus ( liez lesquels elles sont le plus prononcées. C*esf ainsi qu'ils obtiennent de nouvelles races et de nouvelles variétés.

HéR ÉDITÉ

Mais, entre l^hérédilé telle que nous venons de l'expliquer et VadaptatioDou éducation individuelle, il existe une catégorie intermédiaire de facteurs qui déterminent le développement (Je l'individu, catégorie ([ii'on peut di'signerdu terme de blasloplitliorie ou délérioralion du germe. Tout ce qui vient léser les germes avant leur conjugaison dans le corps des parents (blastophthorie proprement dite), ou l'embryon après la conjugaison, dérange Tontogénie et peut déterminer le

développement de descendants avortés ou mal faits, lors même

c|ue leurs procréateurs étaient eux-uiéiues sains et capables.

Exemples :

Un couple d'Indiens bien portants arrive dans une ville civi« lisée par les Européens avec deux enfants sains, et y apprend l*usage des boissons alcooliques. Les deux époux deviennent

ivrognes et cmpoisonnentainsi leurs i^laiides ^^^rminalrices par ral("ool. Ils procréent ensuite cinq iiniivi'aiix enfanls dont liin devient idiot, le second rachilique, le troisième épileptiipic et dont le quatrième meurt peu après sa naissance. Un seul demeure à peu près bien portant. C'est là ce qu'on appelle rhérédité alcoolique. Il s'agit donc d'un empoisonnement des germes de nos desceiidanls avantleur conjut^'aison, cinpoisonnemenl malheureusement endémique dans notre société euro^ péenne.

Des parents sams ont un enfant sain. Le père s'infecte de syphilis. Lie second enfant vient au monde syphilitique, puis il dépérit et meurt misérablement ou devient invalide.

Deux parents sains proci éeiil un eMd)ryon sain qui se dcNcloppe d'abord normalement. La mère est atteinte pendant la grossesse de lièvre typhoïde, et avorte, ou bien Tembryon arrive à terme, mais devient parfois un enfant débile ou imbécile. Dans un autre cas, c'est pendant laccouchement i\uv le crAne de l'enfant est lésé et son cerveau contusionné, de sorte que plusieurs ncuiones ><>nl ainsi délruils. I/enfani se développe avec des défectuosités mentales, des paralysies ou des attaques de convulsions.

laO GEN^E INDIVIDUELLE DU SYSTÈME NERVEUX

Des [)anMilshien [jorlaiils |)roci'éfnt un enl.'uil (pii naîl hitMi porLaal aussi. Mais, à la seconde année de sa vie, une maladie, disons une méningite, vient léser i*écorce de son cerveau, ou bien il tombe d*une fenêtre, ce qui produit une hémorragie cérébrale. Dans les deux cas, le cerveau endommagé ne peut se développer noi inaleiucul . L'cnlanl dcvicnl iail)le d"e«pnl, neurasthénique, épileptiquo ou amoral. 11 développe parfois toute sorte de mauvais instincts qui font de lui un raté pour toute sa vie.

J*ai va moi-même un jeune homme distingué et honnête, âgé de vingt ans, se transformer à la suite d'une fièvre typhoïde

qui s'était fortement poih e sur le cerveau, en un mauvais sujet incorrigible et prodigue. 11 fit tant de sottises (ju on dût le mettre à l'asile des aliénés. Les microbes delà ûèvre typhoïde avaient agi d'une façon si fatale sur son cerveau que toute sa personnalité mentale en avait été détériorée.

Ce dernier cas constitue déjà la transition complète aux maladies mentales ordinaires. La série que je viens d'énumérer montre comme quoi il existe tous les degrés possibles entre les affections des cellules germinatives des parents d'en- ' fants qui ne sont pas encore conçus, et les maladies des individus adultes. La série dés lésions des différentes périodes embryonnaires consLilue le lien intermédiaire. Ola nous fournil, en même temps, un aperçu de réclielh^ des anomalies onlogéniques du cerveau humain. Ou peut dire que tout ce qui endommage les germes avant leur conjugaison, Tembryon et même Tenfant, provoque un arrêt plus ou moins profond et durable de la personnalité mentale, dès que le cerveau ou ses énergies emljryonnaires en sont afleinls. Il existe donc une pathologie de l'hérédité, qui, [)ar i intermédiaire de la pathologie de l'embryon et de l'enfant, passe à la pathologie de rhomme adulte. Mais tandis que les affections circonscrites, qui se limitent au système nerveux déjà formé de Tembryon ou de l'enfant, ne se transmettent pas à ses descendants, celles qui détériorent le germe entier, non encore dillérencié en

Page 1