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HÉRÉDITÉ

organes, intéressent aussi ce qui deviendra ses organes sexuels, et produisent, en raison de çe fait, des déviations (anomalies) héréditaires, blastophthoriques, de ses produits futurs. A chaque instant de son existence, l'homme est le produit

de ses dispositions hért'ciitairos conibinées avec Tadaplation ou éducation, c'eaUà-dire avec les résultats de l'exercice de son cerveau durant sa vie. L'hérédité et l'exercice désignent donc les deux immenses groupes des facteurs de développement du cerveau, et ces deux groupes agissent perpétuellement et mutuellement combinés en nous. Il est souvent impossible de distinguer ce qui appartient <'i l'un de ce qui est le fait de 1 autre. Lorsque, par exemple, un enfant mentou vole, il est souvent très difficile de dire combien,dansrimpulsion à ces actes, est dû aux facteurs hérités et combien aux résultats de l'exemple, de Thabitude et de Tautosui^^'cstion. En allant au fond des choses, on découvre que beaucoup de particularités qui paraissent apprises ou acquises, reposent, en réalité, sur de puissantes dispositions héréditaires qui n'ont besoin que d'une chiquenaude, d'une occasion, pour se dévei lopper. Le génie musical de Mozart se montra peu après sa naissance et se développa sur le premier piano soumis à l'aclion de ses petits doigts. Four ju^er juste, il faut donc loujours tenir compte des deux choses, de Thérédilé et de Tac qtiis . La biastophthorie, nous venons de le voir, constitue une catégorie intermédiaire entre les deux groupes de facteurs, mais, en pratique, elle en revient* surtout à Thérédité.

On ne peut donc commettre d'erreur plus grave que de construire arlificiellement une antinomie entre les deux ^ands groupes <les facteurs de notre moi. Quiconque attend tout de l'éducation se trompe. Mais quiconque considère les dispositions héréditaires comme prédestinant fatalement 1 individu à tous égards, ne se trompe pas moins. Les gens qui, prenant des airs supérieurs et haussant les épaules, déclareiit que l'hérédité n'est qu'une théorie dans la téte des savants» ne documentent par là que leur ignorance et leur

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manque de jugement. Nul n est besoin d'être savant pour reconnaître les deux séries de faits que nous venons de décrire, car ils s'étalent aux yeux de tout homme qui sait observer

et réflécliir.

Disons néanmoins cncon* «lue les faclouis éducatifs ont beaucoup plus de prise dans les domaines où les dispositions héréditaires sont moyennes et peu accentuées dans un sens. Là, au contraire, où elles sont extrêmes, soit en plus, soit en moins, soit dans le sens d'une déviation accentuée, l'éducation, toujours ai lilicicile, no peut que très peu ou rien.

c) Descendance on phylogénie. Darwinisme. Hnéme. — Le

terme de phylop^énie signifie origine ou filiation des classes

ou groupes. C'est Haeckel qui a introduit ce terme en se basant sur la doctrine darwiniste du Iransforniisuie ou <itî révolution. La parenté réelle des plantes et des animaux (y compris l'homme) entre eux, le fait qu'ils se sont peu à peu transformés durant d'immenses époques géologiques, ne fait plus aujourd'hui rohjt I d'aucun doute. La phylogénie cherche è fixer les ancêtres communs des espèces et groupes d'espèces aujourd'hui vivants. On discute bien encore sur le degré d'importance des facteurs de la transformation des espèces, tels que la sélection naturelle et Tengraphie. Mais la géog^phie zoologique et botanique, Tanatomié comparée, Tontogénie et Tétude des fossiles * ne permettent plus de douter de la filiation, c'est-à-dire de la parenté réelle des êtres vivants. On a découvert entre autres dans les cavernes (au Néanderthal, à Spy, à Agram, etc.) des restes d'hommes préhistoriques ou fossiles dont la cavité crânienne, et par conséquent le cerveau, étaient beaucoup plus petits que ceux de Thomme actuel. A Java, Dubois a découvert le crâne du pithecanihropus erectiis, c'est-à-dire d'un être fossile qui tient à peu prrs exactement le milieu entre l'homme et les singes anthropomorphes (orang-outang, chimpanzé, gorilles, etc }. On peut donc dire

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