MENTALES ET NERVEUSES
PREMIER GROUPE Maladies embryogénlques (troublas de rontogénia).
Les états anormaux dont il s^agît ici se distinguent tous par le trouble ou Tarrét de la vie mentale ou nerveuse dans son
développement onlofçéniqiie, de l'embryon à la (in delà croissance, de sorte qu'elle demeure slalionnaire au seuil d'une période inférieure, ou plus ou moins infantile. Les agents nocifs qui agissent ici sont en partie les mômes que ceux que nous trouvons dans les autres groupes; Thérédité et la blas* tophthorie y prennent néanmoins une place particulièrement importante. Mais, par suite de l'arrôt de développement, leur résultat est fort dilîérent et justifie la fondation d'un groupe spécial, quoique fort indistinctement délimité. Il est évident que Tarrét de développement de l'embryon dans le corps maternel aura un effet bien autrement considérable que celui d'un adolescent de i5 ans. Chez ce dernier, en effet, la lésion atteintuncerveau déjà rapproché de celui de l'adulte. Bien que notre premier groupe renferme des états très divers, dont le pronostic est par conséquent fort différent, nous y voyons
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toujours le fait commun que la gravité du cas dépend du degré auquel le développement mental ou nerveux est arrêté OU dévié par la lésion. Selon le point de vue subjectif auquel on se place, on peut distinguer deux ou trois degrés dans l'arrêt du développement mental :
i*' degré : idiotisme ou démence congénitale profonde.
2*" degré : imbécillité (degré moindre d'arrêt mental).
Kraepelin distingue encore comme troisième degré la débilité mentale, qui comprend les formes les plus légères de rimbécillité. Le public étant bien rarement disposé & les considérer comme pathologiques, la définition de la débilité mentale est peut-être prali(iuemenl justifiée.
La faiblesse mentale congénitale, ou Tarrél de développement congénital du système nerveux, peut en outre avoir des causes, soit organiques, soit fonctionnelles, dans le sens que nous avons donné à ces deux termes.
A. Idiotisme. Maladies nerveuses congénitales organiques. Toute sorte d'inflammations, de défauts de conformation, d*bémorragies, d'infections chroniques du germe (syphilis, etc.), peuvent provoquer des destructions, soit plus on moins diffuses, soit circonscrites en foyers, dans le cerveau, dans la moelle épinière et dans les nerfs ; ériphériques de l'embryon ou de Tenfant, et olTrir, selon les cas, des formes complètement différentes les unes des autres, d'arrêt organique du développement. Nous nonunons dans ce domaine :
a) Le crétinisme. — Certaines causes encore obscures (qualité de l'eau potable, hérédité, etc.) provoquent une maladie de la glande thyroïde qu'on appelle goîlre, maladie qui, (juand elle attaque toute la glande, donne de son rôlr naissance au myxœdème, c'est-à-dire à un trouble général tie la nutrition de tout le corps, y compris le cerveau. C'est là le crétinisme. Chacun connaît Timage du crétin, avec l'aspect congénital si caractérisli([ue de son squelette, de tout son corps, et auî«si de son cerveau. Il peut être simplement imbécile ou profon-
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dément idiot. G*est la base du crâne qui chez lui est rétrécie, qui enfonce les orbites et qui lui donne un air réfléchi et vieillot. Dans certainess contrées, le crétinisme est endémique, héréditaire et lié à cerlaines particularités sur lesquelles on n'est pas encore au clair.
6) La microcéphalie repose sur de fortes défectuosités embryogéniques du grand cerveau, qui peut parfois demeurer aussi petit que le poing. Alors le crâne demeure aussi fort petit et pointu (proHl d'oiseau). L'idiot microcéphale est en général vil' et méchant, tandis que le crétin est triste et apathique. Confondant la cause avec rellet, Lannelongue a cru pouvoir guérir TidioUsme par la trépanation (renlèvement d*un morceau du crâne), pensant ainsi fournir au cerveau le moyen de se développer. Or ce n'est pas le crâne trop petit qui cause la petitesse du cerveau, mais bien au contraire, l'arrêt de développement de ce dernier (jui empêche celui du crâne. L'expérience prouve que dans la croissance, c'est toujours Torgane le plus pauvre en vaisseaux (ici le crâne), qui cède le pas et se retire devant Torgane dont le réseau vasculaire est le plus riche (ici le cerveau). Je renvoie du reste à von Gudden [Recherches ex péri mentales sur la croissance du crâne, Paris, Adrien Delahaye).
c) Porencéphaiie, — Lorsqu*une inflammation, une hémorragie ou une autre cause destructrice vient annihiler une - partie du tissu cérébral si délicat de l'embryon, la masse détruite forme une bouillie, qui se résorbe peu h peu dans le sang^ à l'aide des vaisseaux sanguins. Ilenrésulte ensuite une vésicule remplie de sérum liquide. C'est là ce qu'on appelle porencéphaiie. D'après ce que nous avons vu dans Tanatomie, les résultats seront différents selon la portion du cerveau qui est détruite. Si ce sont, par exemple, dans un hémisphère (térébral, les circonvolutions centrales (lig. 9, JJi BB* ) ou le faisceau pyramidal qui les relie à la moelle épinière, la faculté psychomotrice ou cérébromoLrice de la jambe ou du bras du côté opposé du corps ne pourra se dé-
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velopper que partiellement ou pas du tout, selon que la destruction sera complète ou incomplète. Or il se produit en pareil cas un phénomène singulier. Les membres ainsi paralysés demeurent ;\ Télat infantile, c'esl-à-dire raccourcis et
petits dans toutes IcMirs dinKMisions o\ dans tout le détail de leurs organes. (Juand Tindividu en question devient adulte, il a d'un côté par exemple un bras normal et de Tautre ud petit bras d'enfant ou tout au moins un bras plus petit que l'autre et partiellement ou complètement paralysé. Si, par contre, le foyer a détruit le centre cortical visuel (Vue, tig. lo) ou le centre cortical auditif (A, fiyf. ()), il se produit j>our toute la vie des lésions correspondantes dans la faculté mentale de voir ou d'entendre (voir plus haut).
d) L'hydrocéphale est la suite d'une sécrétion exagérée de liquide dans les ventricules (cavités intérieures) du cerveau. Le rerveau se trouve par I;\ distendu, et à sa suite les os du crûne. Un hydrocéphale léger laisse les facultés mentales intactes, lorsque la substance cérébrale n'en soutîre pas. Mais dès qu'il atteint un degré supérieur, Tarrét de développement et l'imbécillité s'ensuivent. On reconnaît aussitôt les personnes hydrocéphales à leur énorme crâne.
e) Autres défecluosiles cérébrales. — 11 existe encore beaii- COupde variétés de dérectuosités cérébrales, défectuosités qui reposent tantôt sur des malformations primordiales du protoplasma des germes, tantôt sur des maladies du cerveau em-* bryonnaire. Quand elles sont très petites et très localisées, elles peuvent passer inapereues. Mais dès qu'elles sont plus grandes, elles provo<pieid un dci^i-é plus ou moins considérable d'idiotisme, de même que la porencéphalie dont nous avons parlé. Selon la localité du cerveau qui est atteinte, des paralysies ou des affections des fonctions sensorielles peuvent s'associer à ces lésions. Certaines lésions ne sont pas visibles à l'œil nu, parce qu'elles reposent sur des modifications microsco[)i(pies de la substance des neurones, mais le résultat n en est pas moins le même, car.il importe peu qu un groupe