IDIOTISME
caractéristique, à la fois enfantin et mal articulé, souvent spasmodiqiie, mal combiné avec la respiration. Les mêmes destruc^ lions du tissu nerveux qui conduisent à Fidiotisme quand elles
concernent le grand cerveau, produisent toute sorte de paralysies, de troubles réflexes, de défectuosités dansTarticulation (lu langag-e et d'autres automatismes compliqués, lorsqu elles sont localisées dans les centres cérébraux inférieurs ou dans la moelle épinière. Celui qui en est atteint, c'est-à-dire son grand cerveau, les ressent comme maladies ou anomalies nerveuses et s*en rend naturellement parfaitement compte, quoiqu'elles soient congénitales et par conséquent incurables.
La surdi-mutité vient d'une lésion organique et congénitale des centres de Taudition ou du nerf auditif ou acoustique. Le sourd-muet ne parle pas, parce qu*i] n*entend pas et ne peut par conséquent pasformer d'engrammes ou symboles acoustiques. Mais, s'il est intelligent, on peut lui apprendre, à l'aide de ses autres sens, à comprendre aux mouvements des lèvres ce que disent les autres et môme à parler. L'atrophie des nerfs optiques chez Tembryon ou le nouveau-né entraîne une cécité congénitale incurable. Les aveugles-nés guéris par des opérations, même ceux qui apprennent à voir à Taide des rayons du radium, ont un nerf optique et une rétine intacts. Leur cécité ne provient que de l'obscurcissement des milieux réfringents de l'œil (cornée, cristallin et corps vitré).
Pareil aveugle-né, rendu capable de voir par une opération, n'avait jamais vu d'objets auparavant et ne possédait par conséquent aucun engramme visuel associé, aucune perception. Lorsque tout à coup il voit, il ne perçoit qu'un mélange informe de couleurs qu'il ne peut associer aux objets déjà connus de lui à Taide du toucher et de l'ou'ie. 11 faut donc que Texercice vienne lui apprendre à associer les couleurs et les formes des objets entre elles, puis avec les symboles des autres sens, et enfin à se servir de la vue ^téréoscopique binoculaire pour juger des distances. Si son cerveau est normal, il y arrive peu à peu.
l6r> MALADIES OU ANOMALIES MENTALES ET NERVEUSES
B. Imi)écillité ou faiblesse d'esprit. — Par inilxM illilé, on désigne, disions-uous, un degr<'> de faiblesse menlaie congénitale moindre que Tidiotisme. Ici, il est plutôt exceptionnel qu'on puisse démontrer des lésions anatomiques de la substance du cerveau. Des foyers destructeurs du cerveau peuvent co[)on<lant provocjiier riiiilx'îcillité. I/iinlx'cillilé peut s'étendre à tous les domaines de l'Arae, mais elle [)eut les alVeo ter d'une façon très inégale. 11 n'y a pas de limites entre la débilité mentale, moins accentuée encore, et la stupidité ou rinça pacité, qui rentre plus ou moins dans les limites flottantes de la normalité. Ce fait est extrt^memenl important, précisément parce (iii eii g-énéial (►n ne le eompreiid pas et qu'on n'en tient pas com[)le. Tout le monde reconnaît l'irresponsabilité d'un idiot ; on le considère cowmz un malade et on le traite en conséquence. Il n'en est p:.. de même de Tindividu modérément imbécile, qu'on n*excuse le plus souvent que lorsqu'il présente rii mr'rne temps d'cnilres inliimilés et que sa faiblesse est purement inlelleetuelie. Or, rimbécillilé peut se porter surtout sur un autre domaine mental, et alors on la considère ordinairement comme un vice qu'on a le droit de reprocher à celui qui en. est atteint. L'imbécillité repose le plus souvent sur une défectuosité héréditaire des germes et appartient donc plutôt à notre second groupe qu'au premier.
. L'imbécillité intellectuelle se trahit surtout par la faiblesse du jugement, l'étroitesse de l'horizon mental et la pauvreté des idées. Souvent doté d'une bonne mémoire et même d'une
bonne lacnlté d'assimilati<m, l'imbéeile trompe par là ses maîtres cl ses éducateurs, et ce n'est tpi'à l'Aide où riiomnie devient indépendant qu'il trahit ses défectuosités par son incapacité d'agir avec raison et de se conduire lui-même dans la vie. Il ne fait alors que des sottises, succombe de la façon la plus niaise aux premières tentations les plus fi^rossières de Vénus, de Bacclius et de l'argent. Malgré toules ses connaissances ac(|uise$, malgré ses diplômes de bachelier et autres,