‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 50 sur 77 · PSYCHOSES FONCTIONNELLES OU VÉSANIES · texte numérisé non relu

PSYCHOSES FONCTIONNELLES OU VÉSANIES

culion conserve le caractère du possible et se combine avec une obsession maladive à se croire lésés dans leurs droits. Cette obsession les pousse à poursuivre avec une ténacité inimaginable ce qu'ils considèrent comme leur droit, devant toutes les instances des tribunaux. Leur vie se passe ainsi en procès interminables,dans lesquels ils se ruinent en calomniant les autres. Parfois leur délire a pour point de départ quelque petite injustice réelle qu'ils ont subie. Par le terme de paranoïa originaire^ on désigne l'état d'individus plus ou moins disposés dès leur enfance au délire de la persécution et des grandeurs. Cette dernière forme aurait pu tout aussi bien être traitée dans notre second gr()U])e, auquel elle fait passage. Certaines sortes d'individus plus ou moins anormaux, désigués souvent dans le public du terme d'originaux, sont parents du paranoïa originaire. 11 y a on effet des variétés de paranoïa dont les délires se singularisent et perdent plus ou moins le caractère des persécutions ou des grandeurs.

Démence aiguë acquise ou démence précoce (Kraepelin). — Il existe une quantité considérable de maladies mentales ac(iuises qui présenteul dès leur début des symptômes alarmants, tels qu'hallucinations, idées délirantes, souvenirs illusoires, dissociations, catalepsie, etc. Accompagnées ou non de dépression ou d'exaltation du sentiment, elles développent bientôt souvent des symptômes de stéréotypie et de négativisme. Après un cours plus ou moins proloniJ;"é, elles conduisent le plus souvent à une démence profonde et incurable. Les cas de ce genre remplissent les asiles d'aliénés. Kahlbaum, Heçker et Kraepelin ont distingué dans ce groupe, bien caractérisé par le dernier de ces auteurs :

Vhébéphrénie (désuétude rapide et démence profonde chez tics adolescents) ; la cafalonie forme présentant surtout des phénomènes de catalepsie, de négativisme, de stéréotypie et de perturbation mentale) ; la démence aiguë simple et la démence paranoïde, maladie qui présente des délires analogues à ceux du paranoïa, mais qui conduit rapidement à la perlur-

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balion mont;dc el ;i la dénioïK^e, etc. 11 v a cependant certains cas. surtout de câlatunie, qui se guérissent, et d'autres qui font transition aux deux premiers groupes de formes indiqués sous la lettre B.

Névroses fonclionnelles. — Il existe une série de maladies douloureuses et de troubles nioleui s. de nature puremcMil ronctionnelle, sans îdTcction mentale, et dépendant néanmoins en tout ou en majeure partie du grand cerveau. Tels sont les migraines et bien d'autres maux de tétç, d'autres névralgies et douleurs telles que la scia tique, le lumbago, le torticolis, Takinesia algera. On pourrait désigner plusieurs d'entre elles du terme de pseudo-rhumatisme. Dans le domaine moteur, on peut nommer ici le blépharospasme, la crampe de Técrivain, le bégaiement, la danse de Saint-Guy ou chorée, Tathétose (une forme particulière du tremblement, qui repose souvent du reste sur une affection organique des centras nerveux), la tétanie (attaques de crampes toniques), lapraxie, Tastasieabasie, etc. La constipation, les troubles fonctionnels des règles, l'impuissance psychique, lesperversionssexuelles,rénurèse, etc., troubles qui peuvent être produits ou, au contraire, guéris par la suggestion ou Fautosuggestion, sont bel et bien, et quoi qu'on en dise, des névroses fonctionnelles cérébrales. Le nombre des névroses fonctionnelles dans le domaine de la sensation (de la douleur) et du mouvement est considérabl(\ Kllcs reposent le plus souvent sur des irritations du grand cerveau, cl c'est par la suggestion hypnotique seule, soit directe, soit indirecte (provoquée par les procédés thérapeutiques les plus divers, tels que Télectrothérapie, le masrsage, etc., agissant suggestivement), qu'on peut les faire disparaili e. Mais ce n'est pas toujours le cas. Klles sont souvent très tenaces, el il est Iréijuemmenl fort dilficile de découvrir le joint par lequel elles ontétédéclauchées. Le point de dépari de rirritation peut se trouver à la périphérie du corps. 11 y a par exemple des migraines ])rovoquées par une anomalie de la forme de la cornée (astigmatisme), le trouble visuel surme-

INTOXICATIONS OU SiYSTKMfc; NKHVKUX

nant les nerfs sensibles et moteurs deToeil et irritant ainsi par

voie réflexe le trijumeau, qui est le nerf sensible du visage. Kn sens inverse, des émotions, l'ellVoi, (Jes iuitosu^^a'stiûûs, etc., peuvent par la voie centrale, c 'est-à dire par le grand cerveau, provoquer des migraines identiques ou d'autres troubles nerveux. Les psychoses purement fonctionnelles (les cataclysmes neurocymiques généraux du grand cerveau) évoquent de même souvent, [»ar voie rétlexe, des troubles nerveux localisés, et, inversement, quoique plus rarement, sont provoquées par eux.

G. Intoxications du système nerveux. ^ Nous pouvons désigner du terme d*a1iments toutes les substances qui, absorbées par le corps, se c()nd)inent cliimiquement avec le protoplasma vivant et contribuent, soit à le construire, soit à fournir l'énergie nécessaire à ses fonctions. On avait autrefois érigé en dogme qu*une partie des aliments ne faisaient que brûler dans le corps pour produire de Ténergie, sans devenir jamais, même passagèrement, partie intégrante du proloplasma vivant. Plus nous avanrons dans la ronnaismKQ de la vie, plus ce dogme semble être erroné, car on peut démontrer partout les produits de décomposition du protoplasma, ainsi que remploi des aliments à sa composition, tandis qu'on ne peut prouver nulle part qu'une simple combustion se passe, sans que les substances brûlées (oxydéesi aient »*lé employées précédemnicnl comme matériel cellulaire (Kassowitz). Ce qui est en tout cas certain, c'est qu'une substance ne peut être décorée du titre d'aliment si, eu brûlant, elle lèse ou détériore du même coup d'une façon quelconque le protoplasma vivant. Toute substance qui brûle dans le protophisma et lui nuit en même temps, est ce qu'on appelle un poison. Il existe des |)oisuns tpii viennent du tiehors. Les expériences récentes ont montré qu'en outre d'autres poisons appelés toxines se forment dans le corps luiméoie par l'accumulation de produits de décomposition des.

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cellules. La chimie des tissus animaux n*a pu néanmoins

nous livrerjusqu'ici que des corps composés que nous lirons des tissus morts ou que des |)roduils de décomposition des cellules (excrétions ou sécrétions). La chimie de la vie est encore pour nous une énigme, pour la solution de laquelle nous ne possédons que des hypothèses fort douteuses. 11 s'ensuit que nous n'avons pas d^autre définition exacte de ce que c'est qu'un aliment, que celle qui résulte de ses efl'ets pratiques et (ju'on peut formuler comme suit :

Les aliments sont toutes les substances servant à bâtir les éléments du corps humain et à entretenir leurs fonctions, dès qu^elles se sont montrées propres à ce but par suite d'une longue adaptation phylogénique, l'expérience ayant prouvé qu'elles font prospérer la vie et la santé du corps, sans y provoquer d'effets toxiques. Parmi les aliments, nous devons compter avant tout Teau, la plupart des corps protéiques, l'amidon, la graisse, le sucjre, les seb végétaux, la chlorophylle, etc., tels qu'ils sont contenus dans les fruits, les légumes, les racines, les céréales, le lait, la viande, etc. L'affirmation qu'un poison peut être en môme temps un aliment, n'est qu'un Jeu sur les mots. Certains poisons, la plupart même, peuvent sans doute, par leur décomposition dans le corps, y développer des calories, parfois de la graisse et quelques autres effets analogues à ceux des aliments. Mais du moment qu'ils lèsent passaj^èrement ou d'une façon durable les fonctions vitales ou la structure anatomique du protoplasma, on n'a plus le droit de les décorer du titre çt'&^ioici^tei car le mal qu'ils font au corps dépasse de beaucoup leur utilité, et rien n'est plus facile que de les remplacer par de véritables aliments qui n'offrent aucun danger. Le phosphore et l'arsenic poussent à la graisse, et la glycérine brûle dans nos tissus, ce qui ne donne pourtant aucun droit d'attribuer à ces substances toxiques le titre de matières alimentaires. D'autre part, sans doute, plusieurs des meilleurs aliments peuvent produire des

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toxines cl agir ainsi indirectement d'une façon toxique, lorsqu'on les prend en trop grande quantité et qu'on en sature ainsi nos tissus. Mais il s*agit là d'une chose à laquelle il est facile de se soustraire en évitant la gloutonnerie et en prenant un exercice musculaire suffisant. Certains corps chimiques sont en outre toxiques pour certains animaux et pas pour d'autres. Ici, l'on pourrait encore penser à la possibilité d'une adaptation graduelle. Mais ce n'est jamais le cas des substances qui, comme l'acool, agissent sur tous les organismes vivants comme poisons protoplasmiques. Quelles sont donc les substances que Texpérience nous prouve être les poisons principaux du système nerveux ?

Il existe deux sortes d'intoxication : a) celle par les poisons facilement solubles ou décomposables qui disparaissent bientôt du corps. L'action de ces poisons peut néanmoins provoquer des lésions durables et même irréparables par sa répétition. Ils occasionnent donc deux sortes d*intoxication, premièrement l'intoxication aiguë (c'est-à-dire subite, plus ou moins violente, mais passagère) lorsqu'on les prend en une seule fois, et secondement Tintoxication chronique (c'est-àdire lente, tenace, souvent incurable, causée par une accumulation de résidus et d^efifets non corrigés). 6) La seconde sorte d'intoxication est celle par les poisons difficilement solubles et non décomposables, tels que surtout hîs métaux, poisons dont l'action est d'emblée très chronique et lente • ment progressive.

a) Poisons facilemeni solubles, — Citons d'abord une série de poisons qui agissent plus ou moins rarement sur nous par suite d'accident ou d'erreur, tels que les gaz toxiques (oxyde de carbone et gaz à éclairage, certains cliampignons, etc.), et dont la plupart provoquent, soit une paralysie fonctionnelle, soit une excitation, soit plus rarement une action destructive sur le système nerveux. Leur effet ne se répète pour ainsi dire jamais, car on les évite dès qu*on les aperçoit. On les emploie souvent aussi pour assassiner ou se sui-

l86 M\L\DlEh OU ANOMALIES MENTALES ET NERVEUSES

çîder, et l'on meurt ou Too se guérit de rempoisonnement

aigu qu'ils provoquent. 11 est rare qu'on *mi nîssenle un elVol (hiral)lo. Toul au j)lus cerlaincs paralysies ou psychoses (la plupart du lemps des étals comateux ou des perturbations mentales, qui durent quelques semaines) se développent-elles parfois à la suite de leurs effets immédiats. Leur importance est fort médiocre Jes cas étant rares, car Thomme en a Irès peur v\ les ('vite avor le plus iifrand soin.

Les poisons mircolifjiies sonl par conlrc d'une importance c^apitale, et c'est tout particulièrement le cas de ceux dont Tusage habituel s'est développé au point d'entrer dans les mœurs des peuples. Les plus terribles sont Talcool, Topium, la morphine, le hachisch, Téther et la cocaïne. Tous provoquent d'emblée une inloxicalion cérébrale dont Teffet est agréable, parce qu'elle paralyse, c'est-à-dire rend obtuses, les sensations douloureuses, parce qu'elle fournit ainsi l'illusion du bonheur, excite au début plus ou moins légèrement Faction motrice, chatouille agréablement les sensations cl les appétits inférieurs, et entrave les associations mentales complexes, le jui^^ement. la réflexion, l'accomplissement des résolutions sérieuses, et enlin les senlinnMils moraux et esthétiques. L'homme ressent agréablement tout ce qui émoussc l'activité de son cerveau. Tous ces poisons ont en outre la particularité commune de développer à la longue une passion plus ou moins forte, c'est-à-dire un désir pathologique, plus ou moins accentué selon les individus, de s'intoxiipier à nouveau et à dose plus forte. Illusionnant ainsi I homnie sur lui-même et l'attirant comme une sirène, l'action de ces poisons sur son cerveau tend perpétuellement à répandre leur usage dans la société humaine et à accentuer leur effet sur un nombre toujours croissant de ses membres. Ils enliiiîiienl de véritables épidémies ou endémies loxiipios des ptnij>les. l'^n même t<Mn|)s leur usage répété ])rovoque une dégénération lente du système nerveux central ainsi que d'autres tissus, et par là un dépérissement graduel.

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