RÈGLES NÉGATIVES
dirons comme condition première et fondamentale de la conservation de ta santé du système nerveux^ l'abstinence à vie et consciencieusement tenue de tous tes poisons employés par abus comme moyens de jouissance^ en premier lieu de tous tes poisons nfireolîfjiies, et en fête de ligne de toutes les boissons alcooliques distillées et fermenlées.
Cette exigence de l'hygiène nerveuse ne souiTre aucune faiblesse, aucane demi-mesure. Elle fait partie de l'hygiène sociale de la race et du devoir hygiénicf ue de tout membre de la société humaine envers lui-même, envers sa famille, envers TKlat cl envers rhumaiiitc. Oiic l'é^oisle ou Tinsourinnt qui se sent très fort et aime à chatouiller son palais de bière ou de vin lin, déclare cent fois qu'un usage très modéré et individuel des boissons alcooliques ne lui fait point de mal, peu nous importe. En face du désastre social attisé par son exemple, cette excuse est sans valeur. Tous les hommes qui usent modcrcnient de l'alcool, de 1 opium, etc., ne sont pas seulement, comme Ta si bien dit von Bunge, les séducteurs inconscients de ceux qui succombent ; ils sont même la source unique, pour ne pas dire « Tovaire » de Talcoolisme et de toutes les intoxications narcotiques qui font dégénérer le cerveau et le système nerveux de rhunianilé. La question se résume en deux mots comme suit :
« Supprimez aujourd'hui d'un coup de baguette magique tous les alcooliques, morphinomanes et autres victimes de la narcose, au bout de quelques années ils seront remplacés par d*autres. En effet, leur nombre croît toujours, (juoiquedes milliers d'entre eux meurent journellement. rransform<'/ au contraire tous les buveurs modérés et tous ceux qui se nar- Gotisent modérément de quelque autre façon, en abstinents totaux à vie, il n'y aura bientôt plus d*alcooliques ni de narcotisés dans la société humaine. Chaque intoxiqué a commencé par l'usnire modéré do son narcoticjue ; tous donc se recrutent dans les rangs des modérés. »
Toutes les raisons qu'on avance pour défendre Tusage des
23^ GÉNÉHAUTÉS SUR L HYGIÈNE 1>U SYSTÈMH NEltVKUX
narc()li(|M('s, cl spt'cialenirnl «le 1 jilcool, ne sont nue des prétextes et uc repostMil qiif sur des sopliisiiies. (Jii'ou laisse courageusement les liqueurs, le vin et la bière de côté, et qu*on boive de Teau, du lail ou des sirops de fruits, môme un peu de thé ou de café si le sommeil n'en souflVe pas, et l'on pioU'gora sa jiersonnc. sa famille et ses tlescendants de 1 alcoolisnie cl des narcoses en général à tous les degrés, ainsi que de I ouïes leurs néfastes conséquences. Celte ordonnance médicale est d'une simplicité admirable, et elle réussit partout et toujours. Au Canada, en Norvège, en Nouvelle-Zélande, en Finlande, en Suède, aux Klals-Unis, en Angleterre, elc, des millions d'abslinenls totaux vivent heureux et se portent à merveille. En Allemagne et en Suisse, le mouvement se développe aussi, quoique lentement encore. Heureux sont les gens qui Tont compris et qui, toujours plus nombreux, se rattachent à lui: le plus tôt est le mieux ! L'attente lâche et veule ne fait que laisser le mal s*(mi\ minKM-, et <les milliers de familles se perdre, (^u'ou évite autant que possible, surtout dans tes maux nerveux fonctionnels^ tout remède narcotique, tel que Topium, la morphine, la cocaïne, le hachisch, le chloral, le trional, le sulfonal, le véronal, Falcool et tutti quanti. Nous mettons surtout en garde contre deux nouvelles modes modernes de dégénérescence : les l'umeries d'opium et l'aspiration de l'éther.
Ce n*est qu'avec la téte claire et exempte de narcose qu'une nouvelle génération deviendra capable de progresser malgré notre civilisation, ou mieux encore, grâce à elle, et surtout
de mettre en œuvre les autres mesures hygiéni(jues dont nous aurons encore à parler. \'oilà pourquoi nous pla(;ous le principe de rabstinence de tout poison employé comme moyen de jouissance en téte de ligne. Malheureusement, les habitudes de boisson sont encore si profondément enracinées che^ nos nattons européennes, et sont entretenues par des préjugés et des intérêts pécuniaires si puissants, que, seule, une lutte de
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