‹ L'âme et le système nerveux, hygiène et pathologieChapitre 6 sur 77 · Domaine de la irolonté. — Dès que rirrîtalion du nez · texte numérisé non relu

Domaine de la irolonté. — Dès que rirrîtalion du nez

vous a causé un sentîmcnl de déplaisir et a appelé ainsi rimag^e de votre chambre à couclior et de voire mouchoir à l aide d'associations dans le temps et dans I cspace, il se produit en vous la représentation des mouvements associés correspondant à l'action libératrice du déplaisir et la résolution d*accomplir cette action. De pareilles résolutions sont ce qu'on appelle la volonté. Elles sont toujours associées à la représentation d'une aelion ftitnre. Leur acromplissemenl melnoLre corps en mouvement à l'aide des muscles.

Mais dès que votre corps est mis en. mouvement par les muscles, la situation de tous vos organes sensoriels, et par conséquent celle des irritations qui leur parviennent, se trouve changée. Vous vous êtes donc levé pour accomplir votre réso-

liilion. Loiseaii avait <léjà prérédeMiiiU'iit aliaiKlonné votre champ visuel. N ous tourn<'/. maintenant le dos nu ciel bleu, et pendant que vous allez à voire chambre, les images du gazon vert, des arbres, de la maison, de la porte, de Tescalier, etc., se succèdent. Vous entendez aboyer le chien, vous percevez le bruit de vos pas. Sous vos pieds vous sentez le gazon, le ji^ravier, les marches d*escàlier, tandis que Taîr apporte diverses odeurs à votre nez. Vous sentez vos mouvements, leur ra{)i(litc el leur direction, ainsi que tout chanf^ement dans Téquilibre de votre corps. Bref, le nombre de vos sensations successives, des images de Tespace qui se suivent, les divers rapports de qualité qui s*hnposent à votre percep tion sont centuplés par le fait de votre déplacement comparé au repos contemplatif (|ui l'a précédé.

Cette courte obsei vation vous montre dans quelle énorme proportion le mouvement de votre corps active et enrichit la vie de votre âme. Mais le contenu de votre conscience n'en est pas seulement augmenté. Le changement rapide des rapports dans les phénomènes de coexistence (espace) et de séquence (temps) permet à votre cerveau de faire une foule

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de comparaisons entre les résultats de vos différentes perceptions. Lorsque vous voyez quelque chose, vous pouvez étendre la main el vous assurer de la consistance de l'objet. Lorsque vous entendez un son, vous pouvez marcher dans sa direction et découvrir sa source, à l'aide de votre vue ou de votre toucher, etc.

Le mouvement vous permet donc de vérifier les données d'une qualité sensorielle & Taide des autres sens et de corriger ainsi vos erreurs. Si vous avez été, par exemple, halluciné d'un sens, ou tout au moins si vous avez insuffisamment perçu, vous pourrez corriger Terreur à Taide d*un autre sens.

En outre, les mouvements évoquent de nouvelles sensations, de nouveaux sentiments et de nouvelles résolutions ou voli^

lions. En examinant les choses de plus près, nous comprenons bientôt que môme sans déplacer notre corps en entier, nous provoquons presque toutes, sinon toutes nos sensations et une grande partie de notre activité mentale en mouvant certains membres. Ët lorsque nous ne bougeons pas, ce sont les mouvements des objets extérieurs (ainsi le vol de Foiseau dont nous parlions) qui déterminent les impressions de nos sens à l aide de leurs changements. Assis, nous mouvons nos yeux, nos paupières, notre langue, nos mains, etc. Une immobilité absolue de nôtres corps est à peine possible, et Ton sait que son repos relatif tend déjà à provo quer le sommeil. Mais plus I Toute sensation qui se continue un peu longtemps dans Timmobilité, sans que sa source change au moins d'intensité, cesse peu à peu entièrement par diminution progressive. C/est là une loi générale. Sans changement, pas de sensation.

Nous voyons donc d*un côté que nos résolutions, et, à leur aide, nos mouvements et nos actes, sont déterminés par des sensations, des représentations et des sentiments, mais de Tautre que nos représentations et nos sentiments sont si puissamment activés par les mouvements, que leur jeu semble

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