INTERVALLES
UBRES
et jeux
< ou u ai
CD
l.erons 2i5 ininuUiS
Au jnrdin jô lui 11 nie s
l'clites pau'^i'> H5 iiiiiniles
Devoirs écrits faiU «euls 45 minutes
Réiiiiions en coiiiiiuiii (culte, etc.) 30 minutes
Aux ateliers 56 minutes
A la maison tk) minutes
Temps libre 180 minutes
Jeux el ;ryiiinasli(|iic eiî comniiiii 45 minutes
Uepus 90 minutes
(le la iiiiil 9 hciiros 30 minutes
5 heures
2 lieures 50 minutes
5 heures 10 minutes
l heure 30 minutes
U heures 30 minutes
En ce qui concerne les connaissances acquises, les résultats des Landerziehungsheime sont jusqu'ici excellents. Ce qu'on apprend avec joie et intérêt demeure bien mieux dans le cerveau que ce qu'on y empile avec ennui el dégoût, en luttant désespérément contre d'autres penséeset contre la distraction. La pression j)erpétuelle (pi'exerce la frayeur inspirée par nos méthodes pédantes, arides, exclusives cl antipsycholoy iques d eusciguement, avec leurs puuilious, leurs pensums, leu"'
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examens et leur entassement de formules dans la mémoire,
sans compréhension suffisante, paralyse la joie, Tattention
nainrello conconhve el par ronsrquoiit rinlén^l libre, qui sont les condil ions préalables crime inslruetion rationnelle.
Nous accordons que dans beaucoup d'écoles on a fait des progrés sérieux dans ce sens et que certains maîtres en particulier s'efforcent de les réaliser ; mais ces progrès sont encore extrêmement lents, insufGsants et partiels, en regard de l'inexorable routine officielle qui les paralyse partout. iMéme les maîli-es (jui voiidrait'iii réfoi nier leur (Mis(M<rnement en sont empèehés par les programmes raides el les diverses règles <les <'\amens, etc., auxquels ils ne peuvent rien changer. Alin qu'on ne puisse nous accuser d'exagération, nous accorderons aussi que dans les Landerzîehungsheime viennent parfois se faufiler quelques brebis galeuses, tant dans le corps enseignant que sur le nombre des élèves ; c'est inévitable. L'iin[)orlant est de travailh^' sans relAche à les empêcher de nuire et à les éliminer (|uand elle.s ne veulent décidément pas se tourner du bon côté. Le fait que toute boisson alcoolique quelconque, y compris le vin et la bière, est bannie des Landerzîehungsheime anglais, allemands et suisses, constitue certainement Fun des facteurs importants de leur succès. Les têtes sont toujours claires, les corps sobres, et l'énergie nerveuse et museulaire peut être exercée et utilisée sau.'> aucun déchet alcoolique (i).
Un Landerziehungsheim pour filles a été fondé par Mme de Petersenn au Stolpersee, près de Berlin, et s'y est aussi bieu développé que ceux des garçons. Mme de Petersenn a fondé dès lors une seconde école pour les filles plus grandes au châleau de (laicMdiofen. an bord du lac de Constance, sur le territoire (lu l; land-diK'hé de Hade, en lace de (llarisegg- au sud de Kadollzell. Les jeuues tilles oui aussi droit à une édu-
(1) Les programmes des Landcrzicliungi^heime allemands sont édités par l^erdinand Dûmmler, éditeur à Berlin.
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cation saine et nalurellc. Du reste ropinion que les deux sexes doiv(Mil (^Ire élevrs et instruits ensenildc Tail toujours plus de juogrt's (4 finira cortaiuenicût, comme la plus morale et la meilleure, par prendre le dessus. Avee le temps, il se fondera donc sans doute un Landcrziehungsheim basé sur le principe de la coéducation.
Jusqu'ici, les Landerziehungsheime sont des écoles privées. Le gouverncinoul canlonal lliur^ovien nionlre néanmoins déjà un g^rand intérêt et beaucoup de bienveillance pour Glarisegg. Lafa(:c)n de savoir jusqu'à quel point les écoles de l'État seront capables de s'adapter aux progrès réalisés par ces écoles modèles est une question qui n'est pas encore .éclaircie. Pour mon compte, j'ai la conyiclion intime qu'avec de la bonne volonté, on pourra réaliser dans les écoles de l'Ktat uiK^ ii^rande partie des prin(^ipes de récolc-étal. 11 faudrait sans doute pour cela que les écoles eussent un entourage immédiat plus campagnard. Il y aurait môme un avan* tage considérable à éviter l'internat complet. La coéducation en serait facilitée, et l'on pourrait ainsi relever le niveau de l'instruction des filles. On pourrait constituer une sorte de forme intermédiaire en ore^anisant la journée scolaire des é('oles publiques d une façon loulo sendjiable à celle de Haubinda et de Glarisegg, tout en laissant les élèves rentrer dans leurs familles pour le sommeil et pour les repas. Dans les écoles de village, la chose ne serait, à mon avis, pas si difficile à réaliser, si l'on donnait au maître un aide pour les travaux corporels, et si les quelques personnes instruites de la localité lui ai<lai(Mit de leur côté en donnant, selon 1(mu*s connaissances, certains cours libres, par exemple dans les domaines artistique, agricole, scientifique et professionnel.
Les Landerziehungsheime préparent ceux de leurs élèves qui le désirent à entrer plus tard dans les facultés techniques et universitaires. Ceci leur occasionne certaines difficultés, surtout au point <le vue des langues anciennes, des formes arides dont les programmes de nos baccalauréats sont
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encore surchargés, et (jui prennent le meilleur des forces
et du temps des élèves el dos professeurs des gymnases. Si soiilcnieiit Dii savait enseigner les lanirues mortes d'une fai^on plus vivante el moins assommante ! La <lifrK'ullé a sans doute été déjà victorieusement surmontée par le docteur Lielz dans sa troisième école du château de Bieberstein, que nous avons signalée, et Glarisegg suit la môme voie. Mais il ne faut pas se dissimuler (|ue la raideur et Tintransigeance des programmes (l«'s rxamens institués par THlal oliligenl les Landerziehungsheime à capiluler sur certains points, alin de ne pas faire subir de retard à la carrière de leurs élèves. 11 fau* droit d'autant plus que TÉtat ouvre lui-môme ses portes à la réforme.
Les résultats obtenus jusqu'ici justifient les plus hoUes espérances. Partout l'idée germe, el i on resseiil l'air viviliant el purifiant des Fjinderziehungsheime comme un vent do liberté destiné à affranchir la jeunesse future de la camisole de force psychique qui nous a tous tenus enchaînés dans notre enfance. Souhaitons à cette nouvelle semence une riche moisson, et avant tout un elTel décisif sur le choix c[ sur la formation des éducateurs futurs de la jeunesse. Kspétous qae les personnes préposées à l'instruction publique sauront se pénétrer de toutes ces vérités et agir en conséquence, afin de pousser à la réforme au lieu de l'entraver.
3. Hygièue nerveuse de la maison et de la famille. — Pour les raisons indiquées plus haut, c'est là un méchant chapitre, car les prédications ne servent de rien. Les mauvais parents demeureront toujours de mauvais éducateurs. On parle beaucoup de la beauté et de la bonté de la vie de famille. C*est là un idéal qu'on a bien devant les yeux, mais qui malheureusementne se réalise que l)ion inipai failemenl el «iiiére sonvciil domine il devrait élre. En réalité, peut-être dans le plus grand nombre des familles, on voit régner tantôt des disputes écœurantes entre les époux, le mensonge, la vanité, Tégoïsme
2yO HYGIÈNE M-HVEL'SE DE l'oNTOCÉME OU DE l'eNFANCE
eirhumetir irritable, tantôt T « amour de singe », le;; gâteries
absurdes <\r< rlicrs jn'lils. le iDaïKjiic <lc jiiGfonionl rl la suporstiliou. ou encoiv la coiiilniiai-on dos deux < Ijosos. <|iii roncoiuvnl à l'envi pour ciunner aux cnlanls, dès leur plus tendre jeunesse, les pires exemples el les plus mauvaises habitudes. Il n'est même pas rare de rencontrer chez les parents un c^goïsme barbare et criminel qui exploite les enfants d'une façon scandalrns(\on N'sincilanl sysli^maliquomenl à la iiuMidicilé. au \(d,au nionsonijro <d riirmc à la lilutiou. On voil dans (M'ilains <',as d'inlViiucb parerds. anxquels un enfant (souvenl illégitime ou d'un premier lit) osl devenu incommode, s appliquer à s'en défaire par de^ manvais traitements systématiques, en entretenant ou même en lui inoculant des maladies, ou en le martyrisant jusqu*^ In mort, par la faim el le IVoid (""osl surtout le r-a-^ des enfanls illéiritimes, Ini'Siju'a jn'ès un eerlain séjoui- dan-- des orplwdinal > on autres insUluls analnirues, on les rend à des parents qui ne les ont pas connu» dans leur première enfance, et qui les.- considèrent comme des trouble-fête fort mal venus. Ce sont là des abus qui résultent de la puissance beaucoup trop illimitée que nos lois accordent aux parents sur leurs enfants. Ceux-ci leur seul livrés sans dél"ens(\ pieds (d jioini;s liés. L<'s tuiilifs de pareils abus ne son! j>as seulenienl le désii- de se déltnrrasser de la peine el des frais que causent le soin, ralimenlation et rhabillement des enfants. De basses et stupidcs passions, comme la jalousie et la honte, cette dernière appliquée au mauvais endroit, viennent encore s'y ajouter Les enfanls illéjfilimes et les enfants d'un j>remif*r mariage ont surtout à en soulîrir. Nous ap|>uyous doue de joules uos l'oices rappel de -Mlle I.ydia \oi\ \\ olfring, la louilalriee de la Socii'dé de protection et de délivrance de l'enfance à \ ienne fAnîiielie) et de la fédération de Pestalozzi pour toute rAutririie, lorsqu elle demande une limitation beaucoup plus considérnhlc que jusqu'ici de la puissance des parents et la proclamation d'une déchéance complète de la puissance palernelle el mater-
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nelle dans les cas avérés que nous venons de signaler (i). Les classes aisées el l>i(*n élovc^es de la société no connaissenl pas c<'l éiioiil fie jM'i\ <Msi(m iiioiale, cl passcnl indilVrrt'iiles î\ i'ùlv sni.s le voir. Je conseille à tous (mmix aux(|uels la « saintcU'». de la famille » lient à ecriir, d'éludier à fond la quesUon, et en particulier la vie de famille du prolétariat, surtout du prolétariat du crime. Dans les écrits de Mlle de Wolfring que nous venons de citer, et dans bien d*autres descriptions mo<lernes de In vie prolélarieiiiie, ils Iroin <M'ont des desci'iplioiis nullenieni exagérées el forl rétdlt^s de fail< i^iioide^; <pn exigent impérieusement une ad ion soeiale énergique. La puissance des parents sur les enfants est beaucoup trop peu contrôlée. C'est comme celle des autocraties pures ; la béte féroce humaine se réveille avec son humeur capricieuse, cruelle et intéressée, <[ui fîiil taire les l)ons sentiments, l'amour el la raison. Sans aucun diiulc. r('cn](' puMi(jiie. Iran^foruice d'a()rès les principes des Landcrzieliungbheinïe, pourrait constituer un excellent contre-poids et nn admirable complément à la mauvaise éducation des familles.
Que devraient faire au moins les parents ?
En premier lieu, observer et aimer leurs enfants et les élever dans le hiil de leur condiliou t'uluj'e. KorscpTon dt'cou^ re de lionnes disposil i(uis, il l'aul les dcv<dop|ici' el coinliallrc par contre les mauvaises. Mais on n'y réussit jamais par les gronderies, par les châtiments répétés et<léraisonnables, par les plaintes et les reproches usuels chez la plupart des parents. . Les reproches faits toujours sur le même ton irrité ré.sonnent sans elTot sur le cerveau de l'enfant comme contre un mnr, on provo<piet)l loul au pltis la coidradirlion el l'iiuilalion. (Test ainsi tpie certaim s phrases, de même que les réponses faites sur le même ton fâché, en arrivent peu h peu à
(il Dit' Aheihcnniiiif/ dcr riilrrlirhm (iciinll. W ioii. :»i<)>. iMiis la iiiôiiK' : nesr/iriirtlmni/ dcr /.irilrfrhlf hei f icirohiiheilslriril.rrn. W u-ikt ( ifi iclils/eittjnt,'. Hj<)3 ; Landn ir!s< hujllich giwerbliche Kinderliulonierif Huroau du Prslolo/.zivercin, \"ionno. :9o'|.
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deYenir chroniques et automatiques, de sorte que pareils dialogues stéréotypés de la mauvaise humeur finissent par se
roproduire pour ainsi dire mécaniquement sur le même ton cl à toute occasion cntiv parents, frères et sœurs. Les liabiludes ainsi auloinalisccs <le dispute cnlre parents cL enfants altèrent profondément la vie du sentiment, de sorte qu*en fin de compte le résultat se trouve être précisément le contraire de celui que les parents désiraient. Ces derniers devraient donc s*observer dès Tabord, ne jamais menacer sans être à nu^iue de réaliser innuédialenienl leur menace el sans que jamais celle réalisation soit nui>ilile ; no jamais punir ni gronder sans que I cfl'el de la puoiliou ou de la remontrance soit bon et palpable. 11 vaut bien mieux que Tenfant soit corrigé par les conséquences pénibles de la faute qu'il a commise et qui en découlent d'ellesmêmes, ou bien il faut prendre des mesures préventives qui empêchent le retour de l'acte fautif. Le secret ou mot d'onire de lÏMlucation doit donc être : « Sois doux et affectueux en paroles, modéré, mais fort et allant jusqu'au t>out dansTaction, et surtout donne partout et toujours le bon exemple. » Le mensonge doit être soigneusement combattu ; de même la brutalité des sentiments et TégoTsme. 11 faut agir bien plus en évoquant les bons sentiments, tels que la pilié, le d('\ ouement, le désintéressement et la noblesse, qu'en blâmant les mauvais. Le véritable amour ne flagorne pas et n'excite pas la vanité des enfants. L'enfant doit être exercé au travail, mais dans son propre intérêt, et non dans le but de l'exploiter, comme cela se fait si souvent. La superstition, le mysticisme, les contes eflTrayants, les histoires de brigands, doivent être soigneusement évités. Il ne faut pas mainlciiir l'enfant dans une angoisse perpétuelle et se servir de sa terreur pour l'obliger à obéir; il ne faut pas le tromper, et il doit pouvoir compter avec certitude sur la véracité de ses parents. D'autre part, il ne faut pas le laisser dans Tignorance des dangers et des infamies du monde, mais lui apprendre à
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les délestor el à s indiij^ner quand il en cnleiid parler. D un côté, on évitera toutes les plaies du sentiment causée;; par la frayeur, la méchanceté, les attentats sexuels, etc. (voir chapitre VIII), et qui peuvent avoir de mauvaises suites ; mais de Tautre on endurcira systématiquement les sentimenis de renfani- en ronlraîiiaiil avec câline pour le préserver des frayeurs sans raison et de toute sensiblerie e\ag"érée. On rend un service déplorable aux enfants en les laissant devenir douillets au « physique » et trop sensibles au « moral ». La contamination psychique et les mauvaises suggestions (voir chapitre VIII) constituent aussi un danger tout spécial. Il est donc nécessaire de surveiller autant <iue possible les liaisons dos entants, et surtout relies des entants sutra'estihles, afin qu'ils ne tombent pas sous de mauvaises inlluences, sans toutefois les soustraire au combat de la vie et des idées, auquel il est nécessaire de les endurcir. Pour les mêmes raisons, il faut les instruire à temps et d'une façon, raisonnable et calme sur les rapports sexuels, car la peur et la honte combinées au sentiment erotique et à une curiosité malsaine ont une action délétère sur les sentiments de l'enfant. Si la mère n'instruit pas à temps ses filles, et le père ses fils, ils s'instruiront ailleurs, d*une façon néfaste, et ce fait seul les éloignera de leurs parents au moment où ils devraient se rapprocher d'eux. Il faut en outre porter son attention sur les anomalies sexuelles, avant tout sur les habitudes de masturbation, si souvent dues au mauvais exemple et à la séduction par d'autres enfants, surtout par de petits homosexuels qui sont dans les écoles comme des loups dans la bergerie et deviennent de véritables foyers d'infection. La phimose (étroitesse pathologique du prépuce) des garçons et de très petits vers (oxyures) chez les filles poussent à la masturbalion, et Ton doit s'en débarrasser (de la phimose par une opération facile .Toutes les excitations maladives du systèmenerveux, surtout celles du sentiment, doivent être évitées; le système des Landerziehungsheime est excellent à cet égard aussi.