‹ L'âme française et la guerreChapitre 20 sur 42 · LA MGTOIRE DES RUSSES · texte numérisé non relu

LA MGTOIRE DES RUSSES

28 ,\o^eml)rc igii-

Les événements se déroulent, tels que la raison et l'espérance les prévoyaient.

Nous avons toujours parlé d'une certitude matliémali([ue du succès. Au prix d'immenses ellbrts, grâce au génie des clielset à 1 héroïsme des troupes, la France s est équilibrée contre une puissance militaire formidable et, peu à peu, a pris sur elle un indéniable ascendant.

Et maintenant, c'est la victoire russe. Les Allemands viennent de subir un désastre en Pologne. Leur armée d'invasion est rompue ; et ce qui en subsiste combat désespérément pour regagner le territoire allemand au milieu des Cosaques qui lenlourent et l'assaillent pareils à des loups.

(i) Cette idée a été acce|>tée. Elle est devenue la croix de guerre.

102 Li:S SAINTS DE LA 1 UANCi:

Chacun des Iclégrammcs qui nous arrivenl confirme la déclaralion (]o Joid kilchencr à la Chambre des lords : « Les perles des Allemands sont les plus énormes qui leur aicnl été inlligées depuis le début des hostilités ».

Quelle réponse à ces misérables bruits paniquards «juc des niais ou des criminels, et parfois haut placés, font courir, et qui. hier encore, annonçaient lentrée des Allemands à Meaux, ù Soissons, à Compiègne ! Balayons ces poltronnei'ies. et voyons en face la situation vraie.

Elle demande des elforls coûteux, mais elle est admirable. Nous navons jamais essayé et nous ne tenterons jamais de fausser, de colorer les faits de la L;uerre. Le a:énéralissimc Jolïre est un homme vrai. Il traite ses armées et la nation entière comme des collaborateurs capables de connaître, dans leur ensemble, les réalités de cette guerre nationale. Les communiqués de l'état-major ne contiennent rien cjue dexact. Ils k^nt ladmiration du monde diplomatique et, peu à peu. chez tous les neutres, on rend témoignage à leur sincérité. Nous prenons modèle sur Jolïre, et, tout en précisant nos certitudes de vaincre, nous n avons jamais dissimulé les difficultés delà lutte et la nécessité <le roidir toutes nos énergies.

Tel n est pas le syslcmc outie-lUiiii. Le (lOiiverncmeiil vient d interdire aux correspondaiils, qu il avait aduns à suivre 1 armée de Pologne, d'envoyer des eommunications à leurs journaux. C'est puéril. C'est un expédient (pu n a jiimais épargné aux autruches un seid coup de fusil.

Le jour que l on peut dès maintenant prévoir, sans en fixer la date, oi'i les Musses apparaîtront à lU'eslau, et seront une menace immédiate, les résultats ol)tenus ne devront pas se mesurer seulement du point de vue militaire, mais encore du point de vue moral et politique. Soudain l'Allemagne se transformera ; ses peuples divers se lom'ncront vers la Prusse, dont pour linstant ils ne mettent pas en doute a l'invincible supériorité », et, sous le choc d une elTroyable désillusion, vous verrez réapparaître les anciennes Allemagnes. .lai eu l'occasion de causer avec diverses personnes qui reviennent de P)er]in. Là-bas, à cette heure encore, nul n'est renseigné, nul ne met en doute lécrasement de ia France. Tant mieux. Quand les Allemands seront renseignés, ils se lourneront avec quel effroi, quelle colère, contre celui qui possédait leur confiance absolue et qui les a trompés !

A celte heure, il n'y a en Allemagne aucune

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trace de dislocation. Le loyalisme est ardent, complet. Mais en présence d'une révélation lerrible et inattendue, c'est une Allemagne nouvelle que verra l'empereur responsable. Un homme a une confiance absolue dans sa maîtresse ; il apprend qu'elle le trompe, quelle n est pas celle (|u"il croil : vous nereconnaissez plus cet liomme.

Au reste, nous ne faisons pas entrer dans nos calculs les déceptions morales de l'Allemagne. Je les prends et je les note, et puis je les écarte. Nous n'en avons pas besoin. Je ne table que sur les ressources des trois alliés.

Dès cette heure, l'armée allemande a perdu sa pointe et le meilleur de sa force brisante. Elle n'a plus ses premières puissances d'offensive. Elle est trop maltraitée par nous et par ses propres chefs.

Comme des rats empoisonnés, les Allemands veulent courir d'un front de bataille à lautre front, des Flandres en Pologne. Ils le peuvent, car leur organisation est admirable, mais c'est trop demander aux forces humaines, et de telles conceptions stratégiques méprisent par trop l'humanité du soldat. L'état-niajor allemand compte pour rien les individus. Ce n'est pas assez dire quil ne les ménage pas, il les prodigue. Cette méthode, efficace peut-être,

s'il s'agit clobtonir uo résultat rapide, va donner d'effroyables effets dans une guerre longue, dans une guerre d'usure.

Aujoui'd'hiii. si forte quelle demeure, l'armée allemande n'est plus celle qui se jetait sur nous au début du mois d'août. Ses remar- (juables sous-olTicicrs engraissent nos campagnes de France et s'épanouiront dans nos moissons futures confondus, liélas? avec les fils de notre race. Ceux-ci, nous les pleurons. Mais nous avions commencé la guerre avec des préparations insuffisantes, et dans les quatre mois qui viennent de s écouler, nous avons certainement augmenté notre matériel et amélioré notre tactique. Le temps qui effrite nos adversaires condoatpour nous. Les Ajiglais s'organisent, chaque jour. Ils maintiennent et renforcent leur contingent et préparcjit la plus puissante armée. Quant aux masses russes, lentes à mettre en marche et qui, dès le début, ont agi plus vite qu on ne devait l'espérer, elles n'ont pas encore donné leur plein, et vous voyez déjà leur supériorité.

Russes, Anglais, Français, nous serrons de concert l'étau où périra la puissance militaire de l'Allemagne. C'est de concert encore que nous devons mener à bonne fin la destruction politique de l'Empire, par des conditions

l5G LES SAINTS Dr LA 1 J{\NCE

de paix (jui libcrenl lEuiopc. DaiisJa lislc do nos victoires, auxquelles vieniieiU s'adjoindre les victoires de Pologne, n'oublions pas d inscrire le jour oii fut signé entre les trois alliés reni2;aGement formel et décisif de ne négocier avec l'Allemagne Aaincue que toutes ensemble et d'un parfait accord. C'est le moyen sur de faire produire son plein cfTet au sacrifice héroï(]uc consenti par nos soldats et par nos alliés et amis qui combattent avec nous pour la civilisation.

Yl

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