‹ L'âme française et la guerreChapitre 38 sur 42 · UN TÉMOIN RACONTE LA VIE HÉROÏQUE DE PÉGUY · texte numérisé non relu

UN TÉMOIN RACONTE LA VIE HÉROÏQUE DE PÉGUY

2(j Décembre IQI^-

J'ai reçu une lettre datée du 12 décembre et qui m'a été écrite par un soldat du 2''j()'' régiment d'infanterie. Ce soldat sappelle Victor Boudon ; il a été blessé le 6 septembre, à la bataille de l'Ourcq : il est aujourd'hui soigné à l'hôpital n° 17, à Laval.

Ce brave me dit : « J'ai eu l'honneur de combattre aux côtés et sous les ordres de Charles Péguy, dont vous avez glorifié la belle mort au champ d'honneur. Il fut tué le 5 septembre à Villeroy, à côlé de moi, aloi's que nous marchions à ■ l'assaut des positions allemandes. )>

^ oilà qui est capital. \ oilà qui donne son

Li:S SAINTS Di: I.V FRANCE ,>9()

élan définitif à toute l'œuvre de ce noble esprit. Il a vécu, ou du moins il a voulu vivre en marchant ;i l'assaut des positions allemandes ; il distinguait, chaque jour mieux, f|ue le terrain français est encombré d'un germanisme inacceptable, stérile, menaçant. Ce que nous retenons de son œuvre littéraire dénonce, attaque et repousse l'invasion spirituelle de la (Jermanie dans noire Lniversité. Et il meurt, l'épéc à la main, à la tète des soldats de Délivrance, en iiiarcJiant à rassaiit des positions allemandes. Le poème est pai'fait.

Mon correspondant, depuis son hôpital, continue sa lettre en disant : « .lai fait de cette belle mort un petit récit, dépourvu de toute prétention littéraire. Si vous croyez devoir le publier, je serai heureux de rendre ainsi un dernier hommai^e à la mémoire de ce brave, qui pour nous était un vrai ami. » ' Certes, je publie ce document. Il ne pourra plus être détaché de l'œuvre que nous maintiendrons ; il en forme le complément et il l'illumine toute, \iclor Boudon ajoute : « Je vous laisse bien entendu le soin de le mettre au point, en le corrigeant. » Comment ! le corriger, mais il va faire loi, votre récit, mon cher Boudon. A ous êtes le témoin, et f|uel témoin! Péguy tombe auprès de vous.

33o LES SAINTS DE LA EHANCE

le 5. \ous continue/ et vous tombez le G. Et moi, j'interviendrais pour «mettre au point» les choses î .l'ai grande envie de faire le voyage de Laval pour vous aller dire à votre hôpital (|ue vous avez des modesties bien injurieuses. Mon clier soldat, mon cher blessé, je ne change pas une ligne de votre rapport glorieux. 11 appartient dorénavant à l'histoire littéraire. La censure, dont les délicatesses ne peuvent être pressenties ni de vous, ni de moi, verra si elle veut supprimer certaines précisions de lieux et d armées ; on tout cas, nous les lélablirions plus tard...

La 55*^ division de larinée de Paris, dont mon régiment, le 'J-jCf, faisait partie, se trouvait le 5 septembre au malin à la gauche de l'armée qui venait de recevoir cnlln l'ordre général d'offensive « se faire tuer sur place plutôt que l'cculer ! » En face de nous, sur les collines boisées qui s'étendent de Dammartin à Meaux, les « boches » de von Kluck qui nous suivaient pas à pas dans noire terrible retraite, depuis Roye, étaient à l'affût, invisibles, teri'és dans leurs tranchées comme des bêtes sournoises.

Sous une chaleur torride, le bataillon faisait une courte halte dans le coquet village de \antouillet. Assis sur une pierre, comme nous blanc île poussière, couvert de sueur, la barbe broussailleuse, les yeux pétillant derrière ses lorgnons, je vois encore notre cher lieutenant, le brave Charles Péguy, l'écrivain, le poète, le soldai, que tous nous aimions comme un ami, c|ui en Lorraine comme pendant la retraite, insensible à la fatigue, brave sous la mitraille, allait

«tle 1 un à l'autre, encniu'aueant [)ar la ])arolo «H l'action, courant de la lèle à la (jucue de notre compagnie (la i<)'), mangeant connue nous un jour svu' trois, sans une plainte, toujours jeune malgré son âge, •sacliant le parler qui convenait aux Parisiens que nous étions ])0ur la plupart, relevant d'un mot hret tantôt mordant tantôt ironique ou gouailleur les cnurages déraillants, toujours vaillant, prêchant 1 evenqjic : j(! revois encore notre clier lieutenant, nous disant à l'heure où heaucoup désespéraient sa conviction ahsohie de la victoire linaie, tout en relisant avidemment une lettre t'ies siens, tandis qu'une larme de plaisir mouillait ses yeux.

l ne heure après, comme sonnait midi, nous arrivions par un petit sentier horde d'arbustes, près de la ferme de la Trace, en face du petit village de \illeroy, où le bataillon devait cantonner. Une courte pause est. à peine sifllée que, In-usquement, autour de nous, viennent éclater des obus allemands qui jettent un certain désarroi dans les rangs. La surprise est grande, de cette canonnade terrible et inattendue qui lue et blesse quekjues honuiies et chevaux, mais bravement, sous les shrapnells et. les percutants, la liatleric de 73 qui nous précédait se mit en action, au pied du petit hameau de La Baste. ()uelque peu éprouvés au début, nos artilleurs, au bout de quatre heures d'un duel acharné, avaient imposé un silence complet aux batteries prussiennes, qui furent anéanties et dont nous retrouvâmes le lendemain, à l'entrée du village de Monthyon, en nous portant à la poursuite de l'ennemi en recul, les restes informes mêlés aux débris sanglants des artilleurs boches hachés et éventrés par nos obus.

!*endant que nos canons luttaient ainsi victorieusement, le bataillon prenait sa formation de combat el la compagnie se déployait en ligue de sections par quatre, la section Péguy tenant la droite. De temps

on tenip;,, un ordre bref: k Coucliez-vons ! En carapaco ! > c'est pour laisser jjasser nne volée d'obus, (pii éclatent autour do nous sans causer de dommages.

Abrités derrière un repli do terrain, nous attendions, sous les obus mal repérés de l'ennemi, le moment de partir à l'assaut de ses relranchemenls, assaut déjà tenté Aainement, à noire droite, par les labors marocains. L'ordre vint enfin et, joveux, nous partîmes en avant, déployés on tirailleurs, sous l'énergique direction du capitaine Guérin qui, à côté de i'éguy, se trouvait à la droite de notre ligne. Il était .) beures, l'artillerie allemande, foudroyée, s'était tue: mais, on arrivant sur la crèto, une terrible grêle de balles nous accueille ; nous bondissons dans les avoines couchées et emmêlées, où beaucoup tombent; la course est pénible. Un bond encore, et nous voilà abrités derrière le talus de la roule Iverny-Chauconin, haletants et soufflants. Los balles sifflent à ras de nostètos; nous tiraillons à 5oo métros sur les Allemands, bien retranchés derrière les arbres et arbustes, qui bordent le petit ruisseau de la Sorcière et presque invisibles dans leurs uniformes couleur terre. A travers une éclaircie d'arbres, on aperçoit par instants la course rapide de compagnies allemandes escaladant la côte, soutenues par le tir infernal de ceux qui sont devant nous. Elles se replient vers Monthvon et Cbauconin,

qu'elles incendient en partie par vengeance Ils

reculent 1... Ils reculent !... La voix jeime et claironnante du lieutenant Péguy commande le feu, indique les hausses et les points de mire, il est derrière nous, appuyé à un rouleau agricole abandonné sur la route, debout, brave, courageux sous l'averse de mitraille cpii siffle, cadencée par le tap-lap infernal des mitrailleuses prussiennes.

Cette terrible course dans les avoines nous a mis à bout de souffle, la sueur nous inonde et noire brave

lieutenant est logé à notre enseigne. Ln court instant de répit, puis sa voix, sur un signal du capitaine, nous claironne : « En avant ! »

Ah! cette fois, c'est fini de rire. Escaladant le talus el rasant le sol, trébuchant dans les betteraves et les mottes de terre, courbés en deux, pour olVrir moins de prise aux balles, nous courons ù l'assaut. La terrible moisson continue, effrayante ; la chanson de mort bourdonne autoin- de nous. ;>.oo mètres sont ainsi faits, mais aller plus loin pour l'instant, sans une ligne de soutien en arrière, et dans l'impossibilité d'être ravitaillés en cartouches, c'est une folie, un massacre général, nous n'arriverons pas dix ! Le capitaine (îuérin et l'antre lieutenant, M. de la Cornillère, sont tués raides. " r.ouchez-vous, hurle Péguy, et feu à volonté! » ; mais lui-même reste debout, la lorgnette à la nu\in, dirigeant notre tir, héroïque dans l'enfer.

Nous tirons comme des enragés, noirs de poudre, le fusil nous brûlant les doigts. A chacpie instant, cesoni des cris, des plaintes, des râles significatifs ; des amis chers sont tués à mes C(Mes. Combien sont morts ? iUessés ? On ne compte plus.

Péguy est toujours debout, malgré nos cris de : « Couchez-vous! )>, glorieux ibu dans sa bravoure. La plupart d'entre nous n'ont plus leur sac, perdu à Ravenel, au cours de la retraite, et le sac, à ce moment, est un précieux abri. Et la voix du lieutenant crie toujours: « Tirez! Tirez! ÎNom de Dieu! » D'aucuns se plaignent : « Nous n'avons pas de sac, mon lieutenant ; nous allons tous y passer! » « (la ne fait rien ! crie Péguy dans l'a tempête (jul siftle. Moi non plus je n'en ai pas, voyez, tirez toujours! » Et il se dresse comme un défi à la mitraille, semblant appeler cette mort qu'il glorifiait dans ses vers. Au même instant, une balle meurtrière fracasse la tète de ce héros, brise ce front généreux et noble. Il est tombé sur le côté,

loul raidc. sans un cri. avant eu. dans le rocn' clo barbares, l'nltime vision de la vicloire proche : cl quand, loo moires ])!us loin, je jette derrière moi un rapide coup d'œll alarmé, Ixmdissant connue un l'or cené, j'aperçois là-bas comme une lâche noire an milieu de tant d'autres, étendu sans vie, sur la terre chaude et poussiéreuse, à demi enseveli dans les larges i'euilles vertes des betleraves. le corps de ce brave, de notre cher lieulenanl.

Voilà le procès-verbal de la plus ])elle des morts. Il nous restera, après la guerre, le devoir d'inviter tous les Français à lire le poète mort pour nous et qui chantait :

Heureux ceuv qui sunt morts pour une juste guerre, Heureux les épis murs et les t)lés moissonnés.

Heureux ceux qui sont morts dans les grandes Liatailles, Gouctiés dessus le sol à la face de Dieu.

P. -S. — Le Menuet, fidèle trésorier de la Ligue des Patriotes, m'écrit qu'il ne serait pas raisonnable, cette année, de demander leur cotisation aux ligueurs. Ils se battent ou bien ont des fils qui se battent. Chacun verse sa quote-part à la France. Alors Le Menuel fait appel aux bonnes volontés.

La Ligue a peu de dépenses : elle rend des services, constitue un cadre, répand un esprit qu'il ne m'appartient pas de louer, mais que j'expose ici chaque jour. Ligueurs et non ligueurs, voyez ce que vous voulez faire :

M"*^ Jeanne Déroulède et moi, nous envoyons nos deux colisations fi Le Menuet, auxbureaux de la Ligue des Patriotes, •i,r\xo de \alois.Je me chargerai aussi de transmettre les souscriptions (ju'il plaira udes amis de m'adresser. A l'avance, merci !

XXVlî

LA VIE NOPv^ULE ET LA GUERRE LENTE

28 DtTfjmbre 191 4.

Des bruits dolïensive générale courent dans le public. On semble attendre une bataille à la Napoléon. Dites bien autour de vous l'inanité de ce genre d'espoir. La gaerre d'aujourdliui ressemble à l'art napoléonien comme la Galerie des Machines à la Sainte-Chapelle. Ne comptez pas sur des Marengo et des Austerlitz. Comptez sm' d'utiles marches en avant, des « bonds )) qui nous assurent telle et telle position, perfectionnent nos lignes de défense ei rendent intenables les lignes ennemies, et puis comptez sur l'usure de l'Allemagne, sur l'usure de son matériel de guerre autant que de ses armées.

La plus utile vertu française, à cette heure.

330 LES .^AINTS DE LA ERAAC1-:

c'est la patience. Que nous sachions durer et nous maintenir, combattants et non combattants, nos chefs nous demandent cela avant tout.

Si je comprends bien nos dispositions moyennes, aux uns et aux autres, c'est plus que tout, de l'immobilité, oui, de celte période immobile que nous paraissons souffrir. Dironsnous que la France s'ennuie? Ce mot historique, né dans des circonstances qui semblent aujourd'hui bien peu intéressantes, il serait (juasi impie de l'appliquer aux épreuves si vraies, si graves de la patrie. Mais il y a quelque chose de cela. Nous-mêmes, non combattants, nous pourrions être atteints par cette atmosphère; aussi, quand elle s'aggrave de Uuis les désagréments et périls des tranchées, il est magnifique qu'elle ne détende pas les plus fiers ressorts.

« A cette situation immobile, disent quelques-uns, on ne voit pas d'autre remède que le temps et l'usure, puisqu'une vive avance nous remettrait en face des mêmes dilUcultés simplement déplacées. Et tout va durer longtemps, à moins d'événements imprévus. »

On a le droit de compter sur des événements imprévus. L'Allemagne sera toute transformée, le jour oij elle apprendra la vérité

que nous n'éprouvons aucune gêne à étaler et à discuter devant tous. Je ne crois pas à une guerre aussi traînante, aussi longue que (le froids raisonnements nous amèneraient à la prévoir.

Dès maintenant, les Austro-Allemands ne sont plus capables d'attaquer à la fois sur les deux fronts. 11 y faudrait trop d'hommes et de munitions. Ils se portent (comme ferait un dogue harcelé par deux solides porte-bâtons), ils se portent d'une extrémité de leur champ clos à l'autre. Avec une méthode magistrale, ils courent, sur leurs rails, de TOrient ù l'Occident et de l'Occident à l'Orient. A eulentils porter ou parer un coup en Pologne, ils se démunissent en France, et ince versa. Ils sont toujours capables de ramener en France {o\x d'ailleurs ils trouveraient à qui parler) leurs meilleures troupes de Pologne : mais s'ils se dégagent du côté des Russes, ceux-ci en profiteront pour se dilater. L'Allemagne donne un coup de croc à gauche, en découvrant son flanc droit : un coup de croc \\ droite, en livrant son liane gauche ; et dans ce va et Aient, si merveilleusement réglé et exécuté qu'on veuille le supposer, toute armée, fût-elle colossale et, de plus, en acier, s'use nécessairement.

338 LES SAINTS DK LA I UANCE

Il n'y a pas lieu de prévoir une grande ])ataille dramaliquc d'oii Jempereur allemand fuirait au grand galop de son cheval de guerre, mais ]] est certain que ces mouvements ruineux, d'une frontière h l'autre, auxquels recourt le grand état-major allemand deviendront plus obligatoires, plus précipités et plus difficiles, à mesure que durera la guerre. L'aigle allemand se déplumerait par ses propres agitations dans sa cage, quand môme il aurait celle supériorité du bec et des serres qui évidemment lui échappe.

Les forces austro-allemandes, encore que nous ayons entendu les calculs que l'on faisait ces jours derniers, ne peuvent plus être augmentées dans la mesure où celles des alliés vont croître. La mobilisation des Russes continue et continuera quasi à l'infini. Leur pays est un réservoir inépuisable d'hommes. L'armée anglaise qui va entrer eu ligne est hautement appréciée des connaisseurs par la richesse de son matériel et par la solidité des recrues. Au point de vue moral, notez qu'ils se sont engagés pour une guerre nationale. Au point de A^ue physique, ces hommes que l'on entraîne depuis quatre mois sont les produits d'une sélection. Fait d'une grande importance. En Angleterre et dans les colonies

LKS SAINTS DE I. \ FRANCE OOÇ)

anglaises, on peut encore choisir, li'ier les hommes, et l'on \a nous envoyer la fleur de hi race, tandis que l'Allemagne en arrive à lever ce qu'elle avait d'abord nn's au rebut. Toutes les forces de la raison nous donnent à penser que le rebut d'une conscription soutiendra dilTicilement les durs exercices de va et vient, de Fe-^t à l'ouest, et le choc d'une masse préparée et choi'-ie. Enfui, il y a la France qui, matériellement, est en meilleur point, chaque jour.

Ceux qui lisent avec soin les « communiqués » ne peuvent manquer d avoir pris, ces temps-ci, une singulière coniiance dans la solidité de notre artillerie lourde, car ils savent que, dans les dernières semaines, elle vient d'affirmer sa supériorité autour de Reims et devant Soissons. Par là, sans que personne me demande de préciser davantage, notre situation est meilleure qu'au début de la guerre.

Répétons, une fois de plus, la déclaration que le parti socialiste insère dans son beau manifeste, la formule nationale de cette guerre, le serment oi^i nos voix unanimement se confondent : ce La lutte est pénible. Elle peut être longue. C'est la guerre d'usure la plus terrible. Elle ne nous lassera pas. » Quelque imprévu, j'en ai la conviction, viendra l'abréger; mais

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le pouvoir civil ne devrait-il pas agir comme s il admettait des hostilités iudéruiiirieiit prolongées ?

Ne faudrait-il pas en venir à une organisation toute neuve de la France mobilisée, une organisation exceptionnelle et appropriée, pour faire durer à la fois Toffensive lente du front et les services indispensables de l'intérieur ?

L'Empire romain, tierrière ses caslella, maintenait ses frontières, et se trouvait dans l'état de guerre lente qui deviendra, peut-être, le nôtre pour de longs mois. Nos politiques ont à examiner si, dans certaines conditions, qui seraient à établir, l'état de guerre ne peut pas devenir aussi normal que l'état de paix. 11 eût mieux valu y réfléchir à lavance. Mais sur tous les points nous nous en sommes remis à l'improvisation ; nous nous sommes fiés à notre souplesse et à notre entregent pour adapter la nation en armes aux conditions modernes de la guerre.

P. -S. — Jai reçu d'une personne extrêmement généreuse, qui désire garder l'anonymat, une somme de quinze mille francs pour être entièrement employée par tEc/io au profit des régiments d'infanterie du 20" corps d'armée.

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Il m'a été parliculièreiiient agréable de pouvoir servir d'intermédiaire entre cette personne patriote et ces belles troupes de l'Est, qui se sont si magnifiquement battues depuis le début de la campagne. (O censure qui iirempèclie de dijnner la suite de leurs services et leur itinéraire dans ces cpiatre derniers mois!) Ces soldats, jadis, étaient en grande majorité des Lorrains. Ils ont chèrement payé leur tri'out à la défense de Nancy et la rançon de la victoire future. Mais tâchons pour le moment de ne pas jeter un regard sur le champ de bataille et de ne voir que le but à atteindre.

J'ai eu l'honneur d'écrire à l'état-major du 20' corps d'armée, qui vient de m'indiquer le meilleur moyen d'utiliser cet argent d'une manière utile pour nos braves soldats.

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