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S. Thomas, Commentaires sur l’âme, liv. I, 1er

LES PREUVES DU MATERIALISME

parle seul fait de l’ébranlement des atomes lisses et ronds l.

De forces, de qualités intrinsèques, d’états intérieurs, il n’en faut point parler pour les atomes. Les atomes n’agissent qu’en vertu de leur figure et de leur situation ; ils ne communiquent et ne subissent l’action que par le dehors, par impulsion et par choc. Un mécanisme universel cause toute chose.

Voilà un matérialisme hardi, sans doute, mais franc et sans mélange. Plus tard, Épicure, dans son jardin d’Athènes, plus tard encore Lucretius Carus, à Rome, en reproduiront les formules sans y rien changer d’essentiel.

Si l’on en croit le Poète philosophe, en effet, il existe dans l’homme deux âmes, ou, à tout le moins, une âme en deux parties :

Consilium quod nos animum, mentemqne vocamus Idque situm mediâ regione in corporis Ineret 2 3

Cœlera pars animæ per totumdissita corpus :i.

Ces deux principes sont intimement unis, au point de ne former qu'une seule nature :

Nunc animum atque animam dico conjuucta tencri Inter se, atque unam naturam conficere ex se 4.

1. Müllach, Fragmenta Philosoph. grœc. Democritus— Aristote, De l'âme, liv. I, chap. n.

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