‹ L'ame humaineChapitre 12 sur 203 · De rerum naturd, lib. III, v · texte numérisé non relu

De rerum naturd, lib. III, v

Or, la- nature de l’âme pensante, aussi bien que de Taine organique, est toute matérielle. La preuve, c’est que l’esprit (animus) meut l’âme (anima), et que l’âme meut le corps :

Quorum nil lieri sine tactu posse viderr.us

Nec taclum porro sine corpore : nonne fatendum est

Gorporeâ naturâ animuni coustare animamque x?

Il est vrai que les éléments qui constituent l’esprit sont tout ce qu’il peut y avoir de plus subtil. Il le faut bien, l’esprit est si prompt!

Nobilis egregie perquam constare necesse est Corporibus parvis el iœvibus, atque rotundis 1 2 3.

Ces éléments sont au nombre de quatre : le souftle (aura), l'air, la chaleur, et un quatrième dont la nature n’est guère moins inconnue à Lucrèce que le nom. et dont il se contente de nous dire :

ea est omnino nominis expers

Quâ neque niobihus quidquam, neque tenuius extat'b

Tout cela, au fond, n’est qu’une paraphrase de la conception psychologique Abdéritaine.

Démocrite disait : l’homme est un assemblage d’atomes lisses et ronds ; Anaximène : c’est un air léger; I léracli te : c’est une étincelle du feu divin. D’autres, comme Simmias, de Tlièbes, la

ville qu’Amphion bâtit avec la seule harmonie de sa lyre : l'àme est un concert, un accord : « Tu t’es sans doute aperçu, Socrate, que nous pensons que l’âme est quelque chose de semblable au corps; notre corps étant composé et tenu en équilibre, par le chaud, le froid, le sec et l’humide, notre âme n’est que l’harmonie qui résulte du juste mélange de ces qualités, quand elles sont bien combinées et bien d’accord *. »

Galien développait encore cette idée, au second siècle de notre ère. Je le mets au nombre des Matérialistes, parce que, bien qu’il n’enseignât point que l’âme est un corps, il en fait pourtant un mode , une dépendance du corps.

Ainsi faisaient les Stoïciens : « Dicunt, ut sois, S/oici nostri, duo esse in rerum naturâ, ex quitus omnia fiant : causam et materiam . Causa autem, idest ratio, materiam format-. En dépit de toutes leurs belles déclamations, les philosophes du Portique niaient, en réalité, la transcendance de l'àme sur le corps; et les premiers ils ont introduit cctle formule, aussi véritablement matérialiste en latin ou en grec il y a vingt siècles, qu’elle l’est aujourd’hui en allemand ou en français : « Neque matériel sine ullâ ri, neque vis sine ullcl mater ici 1 2 3. »

A la première apparition qu’il fail, le matéria-

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